František Drtikol (1883-1961)- « Cut out » ou les petits papiers découpés

« Dans mon travail, je m’appuie sur l’affirmation du Livre de la Genèse que Dieu a créé l’homme à son image. Il est clair qu’il n’a pas créé l’habillement pour l’homme, il est né nu. C’est pourquoi je regarde la nudité comme l’œuvre de Dieu, en sa beauté comme la chose la plus évidente et morale. Je soutiens que l’humanité serait plus naturelle, sincère et belle si elle avait prêté attention au nu plus souvent. Avec la nudité, les distinctions sociales disparaissent et la beauté de l’homme demeure. Dans mon travail, je suis inspiré par trois choses: le mouvement , l’immobilité et l’expression des lignes individuelles . J’utilise ensuite le fond et les accessoires – des objets simples comme des cercles, des lignes ondulées et des colonnes .
Je laisse la beauté de la ligne elle-même avoir un impact, sans fioriture, en supprimant tout ce qui est secondaire. Ou j’illustre une notion et l’intensifie avec la lumière et parfois par suggestion par le biais un simple trait ondulé, cercle, à la surface ou juste avec une ombre portée sur une toile de fond. Ou bien j’utilise le corps comme un objet de décoration, en le positionnant dans divers milieux et sources de lumières. C’est ainsi que je crée toutes mes photos « .František Drtikol

František Drtikol (1883-1961) est, avec  Jaromír Funke ( cf article) et Jaroslav Rössler ,au premier rang de l’avant -garde artistique et photographique du début du 20e Siècle en République Tchèque.
Il commence sa  formation de photographe dans le studio d’Antonin Matta à Munich,  Après son apprentissage, il ouvre son propre studio, Pribram et plus tard à Prague (1907-1935).
Ses premières photographies  alternent entre la représentation de la nymphe ( pure) ou de la femme fatale, toujours mises en scène, et fortement influencées par le Symbolisme et  l’Art Nouveau.
Après  la Seconde Guerre mondiale, il a développé son propre style photographique, caractérisé par des éléments géométriques, expressifs et dynamiques ainsi que des poses du modèle bien précises  et le plus souvent penchant vers un côté dramatique.
Bien avant la seconde guerre mondiale Drtikol peignait déjà aussi et se mit à faire des découpages (d’abord à partir de des propres dessins et peintures) ,  qu’il mit en scène , une fois encore de façon très organisées; géométries, successions, mais aussi figure de la nymphe idyllique à nouveau présente. c’est ce que j’ai choisi aujourd’hui de vous présenter.

František Drtikol (1883-1961)

František Drtikol n’était pas seulement un brillant photographe, dont les travaux ont influencé toute une génération, mais en même temps un personnage très controversé, dans lequel se mélangeait des contradictions difficiles à comprendre. Drtikol possède plusieurs visages. Il y a František Drtikol l’artisan dans son atelier de photographie dans lequel défilaient les personnages illustres de l’époque, comme les deux présidents Tomáš Garrigue Masaryk et Edvard Beneš. Ensuite, il y a Drtikol l’artiste, dont la facette la plus connue est celle du photographe de nus féminins. C’est d’ailleurs grâce à cette production qu’il a acquis une renommée internationale et qu’il a été récompensé à Paris. (Aux côtés d’autres artistes tchèques, Drtikol a participé à l’exposition Art Déco à Paris en 1925, où il a reçu le Grand Prix. Suite à ce succès, en 1929, on lui a publié un grand portfolio de nus dans une édition de collecteurs. Dans les années 1930, il a acquis une bonne réputation aux Etats-Unis, où il a eu plusieurs expositions indépendantes, une expérience tout à fait inédite pour un artiste tchèque) . La diversité de ses approches artistiques est impressionnante , une période Art nouveau avec des portraits, des nus féminins et des paysages, des cut-up, de la peinture, puis un style influencé par l’Avant-garde, le constructivisme( influencé par Jaroslav Rössler qui était employé dans son atelier). Par exemple, pour l’anecdote et illustré le personnage complexe qu’il était, bien qu’il fût issu d’une famille catholique, il a cherché un nouveau chemin spirituel et il devient un pionnier du bouddhisme et du yoga en République Tchèque.

Il débute assez jeune par un apprentissage chez un photographe et peu après commence à se concentrer sur son propre travail photographique. Il approfondit ensuite ses compétences et son talent au cours de l’ecole de la photographie à Munich. Après des études à Munich et le service militaire, Drtikol a ouvert son premier studio de photographie à Prague, l’établissant comme l’un des studios les plus prospères en Europe pendant les années vingt.

La carrière de Frantiskek Drtikol dans la photographie a grandi pendant les années du Prague Symboliste et les deux mouvements qui influencent profondément ses premières photographies de nus en leur donnant une qualité picturale ‘Art Nouveau’. Toutefois, pendant les années 1920 et 1930, ses influences décalées et il a commencé à créer un nouveau genre de photographie de nu avec une approche avant-gardiste. Souvent il intégrer la danse expressive et style Art déco dans ses photographies de nus. Après son Prix à Paris son Studio est devenu incontournable et , un certain nombre d’artistes talentueux, comme Jan Zrzavý, Vlasta Burian, Josef Čapek ou Alfons Mucha son passé sous son objectif. On peut donc en conclure que, déjà dans les années 1930, Drtikol avait une renommée internationale. Il se consacrait aux nus et portraits principalement à cette époque, mais parallèlement à tout cela il continuait sa quête spirituelle et pratiquait intensivement le bouhdisme. Il traduit des livres, donne des conférences et forme même un groupe d’adeptes. En 1929, il aurait atteint le Nirvana. Dans une de ses lettres, a écrit à ce sujet: « et j’ai été tout et le tout,et en cela je n’étais que rien absolu. ». Cela prenait beaucoup de place dans sa vie, quant bien même il continuait à photographier et peindre. C’est sous l’influence de son développement spirituel que se transforme sa production artistique. En 1923, son style change. Ses photographies contiennent trois éléments – le corps nu de la femme, des formes géométriques simples, le plus souvent une ligne onduleuse, et la lumière. Ce style originel a par la suite évolué vers encore plus de simplicité. Mais dans le milieu des années 1930 Drtikol abandonne complètement la photographie. Il vend son studio, ses plaques de verre, négatifs, et la caméra pour se consacrer à la peinture.

Le paradoxe et les multiples facettes de Drtikol se dévoile aussi dans le fait qu’il fût plus tard un membre actif du Parti communiste , il l’était dès 1945 et ce jusqu’à sa mort en 1961, et même un camarade actif également en 1948, il aurait été témoin au processus dans les années 1950, et en 1968 niant la révolution….

František Drtikol , dessinateur, peintre mais surtout célèbre photographe de format international.fût beaucoup plus apprécié à l’étranger que chez lui., tout comme cela s’applique à d’autres classiques de la photographie tchèque, Jaromír Funke et Josef Sudek pour ne citer qu’eux…

František Drtikol- Matka Země (varianta), Voyage Země (Variante) avec cut up, 1931

František Drtikol- Matka Země (varianta), Voyage Země (Variante) avec cut up, 1931

 František Drtikol - Mère terre ? 1931.

František Drtikol – Mère terre , 1931

František Drtikol -Femme a la Figurine, 1930

František Drtikol -Femme a la Figurine, 1930

Frantisek Drtikol- Composition avec figurine , 1930-1935

Frantisek Drtikol- Composition avec figurine , 1930-1935

František Drtikol -Doll on a half circle abstract, 1930

František Drtikol -Composition with doll in the foliage 1930

František Drtikol -Five Times, Five Sizes (Cut out)], ,1930

František Drtikol -Five Times, Five Sizes (Cut out)], ,1930

František Drtikol -Revue Girls. 1930 ( cut out [Michael Köhler -Gisela Barche (eds.) Das Aktfoto - Ästhetik, Geschichte, Ideologie. Munich 1985]

František Drtikol -Revue Girls. 1930 ( cut out [Michael Köhler -Gisela Barche (eds.) Das Aktfoto – Ästhetik, Geschichte, Ideologie. Munich 1985]

František Drtikol - Girls , Paper cut-out, 1932

František Drtikol – Girls , Paper cut-out, 1932

František Drtikol - Girls , Paper cut-out, 1932

František Drtikol – Girls , Paper cut-out, 1932

František Drtikol- Bez názvu, ( untitled) , 1930 -35

František Drtikol- Bez názvu, ( untitled) , 1930 -35

František Drtikol- Bez názvu, ( untitled) cut-Out, 1930-35

František Drtikol- Bez názvu, ( untitled) cut-Out, 1930-35

František Drtikol- Bez názvu, ( untitled) cut-uut, 1930-35

František Drtikol- Bez názvu, ( untitled) cut-uut, 1930-35

frantisek-drtikol-doll-on-a-half-circle-abstract-1930

František Drtikol -Doll on a half circle abstract, 1930

František Drtikol- Bez názvu, ( untitled) cut-uut, 1930

František Drtikol- Revue Girls,  cut-out, 1930

František Drtikol Untitled (cut-out nude with wave) c.1930-1935

František Drtikol -Untitled (cut-out nude with wave) c.1930-1935

František Drtikol- Untitled (cut-out nude with tree) c.1930-1935 ( photomontage)

František Drtikol- Untitled (cut-out nude with tree) c.1930-1935 ( photomontage)

František Drtikol Untitled (cut-out nude with grass) c.1930-1935

František Drtikol Untitled (cut-out nude with grass) c.1930-1935

František Drtikol Untitled (cut-out nude with leaves) ,1930-1935

František Drtikol Untitled (cut-out nude with leaves) ,1930-1935

František Drtikol- Cut-out nudes with grass, flowers, trees, and leaves,1930-1935

František Drtikol- Cut-out nudes with grass, flowers, trees, and leaves,1930-1935

František Drtikol- Cut-out nudes with grass, flowers, trees, and leaves,1930-1935

František Drtikol- Cut-out nudes with grass, flowers, trees, and leaves,1930-1935

František Drtikol -Untitled (Kneeling Nude) , nd

František Drtikol -Untitled (Kneeling Nude) , nd

František Drtikol -(Nude with Arms Raised) ,Nd

František Drtikol -(Nude with Arms Raised) ,Nd

František Drtikol -Untitled (Dancing Nude) , nd

František Drtikol -Untitled (Dancing Nude) , nd

František Drtikol – Composition , 1930

František Drtikol – Composition , 1930

František Drtikol - Composition avec figurine ( paper cut out) 1931.

František Drtikol – Composition avec figurine ( paper cut out) 1931.

František Drtikol - compostion (Paper cut-out). 1932

František Drtikol – compostion (Paper cut-out). 1932

František Drtikol- Bez názvu, ( untitled) cut-uut, 1932

František Drtikol- Bez názvu, ( untitled) cut-uut, 1932

František Drtikol- Bez názvu, 1930-35

František Drtikol- Bez názvu, 1930-35

František Drtikol - compostion (Paper cut-out). 1932

František Drtikol – compostion (Paper cut-out). 1932

František Drtikol- Bez názvu, ( untitled) , 1930

František Drtikol- Bez názvu, ( untitled) , 1930

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Sources Arnet, Rmn, Liveactionneers, christies, bohams, artefacts, Musée Cz, Journaux Cz,

Hannah Höch

The photomontage Hannah Höch

Tous les articles sur Hannah Höch ICI

 

Peintre, photographe et collagiste allemande née en 1889 à Gotha et décédée en 1978 à Berlin. L’artiste Hannah Höch a commencé en 1912 par étudier à l’école d’art à Berlin.

En 1915 au cours de la Première Guerre mondiale, elle rencontre Raoul Hausmann, avec qui elle se lie d’amitié puis d’amour (partenariat artistique et amoureux qui durera jusqu’en 1922). Elle soutiendra à cette époque et plus tard aussi le droit des femmes à l’avortement et elle en fera deux au cours de sa relation avec Hausmann, dont elle subissait la violence. ( on a beau être un Dadaïste, on en est pas moins humain et faible pour autant !!!!!!!)

Elle travaillera dans le domaine de l’artisanat pour Ullstein Verlag [Le Ullstein Press], afin de concevoir les patrons de vêtements et de broderie pour Die Dame [The Lady] et Die Praktische Berlinerin [The Practical Berlin Femme] en tant que modeliste de 1916 à 1926.L’influence de ce travail et de la formation précoce peut être vu dans ses œuvres ultérieures impliquant des références aux patrons de vêtements et de textiles. Parallèlement à cela, elle poursuit ses recherches auprès Emil Orlik et traite abondamment de la question du collage.

Quand Hausmann annonce le début du mouvement Dada en 1917, Höch était la seule femme parmi les dadaïstes à Berlin, auprès de ses collègues Baader, Huelsenbeck, Grosz et Heartfield. Elle a été l’une des précurseurs dans la critique des questions contemporaines sous la forme de photomontages, une technique qu’elle a développé en 1919. Elle contribue à de nombreuses manifestations Dada à Berlin en 1918.Elle réalise des poupées dadaïstes et plusieurs photomontages en collaboration avec Hausmann.

En 1919, elle est l’une des conceptrices du photomontage temps critique. Elle devient juste avant 1920 amie Hans Arp et Kurt Schwitters Van Doesburg et Moholy-Nagy. Elle exposera en 1920, comme la seule femme à la « First International Dada. Messe » dans le salon d’art du Dr. Otto Burchard à Berlin. Exposition avec Raoul Hausmann, John Heartfield, George Grosz, Richard Huelsenbeck, Wieland, John Baader, Max Ernst en autre , considérée comme la plus grande action publique du mouvement Dada allemand.

Entre 1921-22, elle participe aux Manifestations Dada avec Schwitters à Prague et collabore au Merzbau. en 1924’, elle voyage à Paris où elle rencontre Tristan Tzara, Theo van Doesburg et Piet Mondrian . Elle part ensuite trois années en Hollande en 1924 où elle rencontrera la poète néerlandais Til Brugman. avec qui elle vivra quelques années une relation amoureuse.

C’est à partir de ce moment là qu’elle débute réellement les assemblages d’objets trouvés qu’elle crée en collaboration avec avec ses amis Schwitters et Arp. En 1929 Première exposition solo à la galerie avant-gardiste « De Bron » à La Haye. Elle rentre en Allemagne cette année là , et est choqué par l’influence croissante du mouvement nazi et décide de produire des œuvres plus engagées, et c’est alors que les nazis lui interdisent d’exposer.Entre 1933 et 45.

A cette époque de la Seconde Guerre mondiale Hannah Höch se retire donc dans petite maison à Berlin-Heiligensee tentant de passer les années de la Troisième Reich en Allemagne, en restant calme et discrète.

Elle cache son art et ses amis dans la maison et va même jusqu’à elle enterrer par crainte des troupes russes certains de ses travaux pour un court laps de temps dans le jardin. Elle a épouse le très jeune homme d’affaires et pianiste Kurt Matthies en 1938, dont elle divorce en 1944.

Elle produira durant ses années des peintures. En 1945, après la fin de la guerre, elle est l’une des premières à façonner activement la vie artistique à Berlin et à aider à relancer activement la vie artistique à Berlin. Elle a donc grandement contribuer à la reprise progressive de l’art allemand après la guerre. Dans les années cinquante et soixante, elle crée des peintures abstraites ainsi qu’un grand nombre de collages de couleur vives où la réalité semble ironique et fantastique.

Voir aussi wilkipedia et femme peintre

Hannah Höch-Poem, 1922, collage

Hannah Höch -Glued drawing11, 1955 photomontage

Hannah Höch- The lace star, 1924

Hannah Höch – In the wilderness. 1927-29

Hannah Höch – what kind of threes are these, 1930

Hannah Höch – Good people of the moutains, 1940

Hannah Hoch – Dream night, 1943-46

Hannah Höch -Silk tail,1948 photomontage

Hannah Höch -Opposing forms, 1952 photomontage

Hannah Höch -Moon fish, 1956 photomontage

Hannah Höch -Evil of the force, 1955 photomontage

Hannah Höch -Burst Unity, 1955 photomontage

Hannah Höch- The Victor 1927

Hannah Höch -Angel of peace, 1958 photomontage

Hannah Höch -The beautiful , 1959 photomontage

Pierre Molinier (1900-1976)

Né en 1900, Pierre Molinier est connu pour ses photographies, ses photomontages et pour ses peintures érotiques qui interrogent l’identité sexuelle de tout à chacun, imposant  l’androgynie,  le fétichisme et les pratiques sexuelles de toutes sortes qui ne peuvent nullement laisser indifférent par ce qui se donne à voir au travers son oeuvre et de sa quête purement personnelle, ceux qui la regarde, l’approche de près ou de loin.

Il a fait de son corps et sa psyché un terrain d’expérimentation et de création sans limites et cela lui a en tous les cas permis de vivre jusqu’à ce qu’il se suicide en se masturbant, et en  se tirant une balle dans la tête dans son appartement à Bordeaux en 1976.

Il étudie dans une institution religieuse  Chrétienne  et c’est tout jeune qu’il commence à peindre, dessiner et faire des photographies de lui-même et de sa famille. Il dit avoir eu une vie sexuelle très précoce et l’on peut sans nul doute souligner que sa pratique fût dès l’origine  déviante et pathologique (la nécrophagie ou inceste par exemple),  intéressé par les jambes des femmes dès ses 3 ans, caressant celles de sa sœur à 10 ans, faisant l’amour pour la première fois vers 13 ans avec une prostituée qui le gardera longtemps comme amant et avec laquelle il aurait eu une fille.  En 1918, depuis longtemps amoureux de sa soeur cadette, il raconte qu’il aurait caressé les jambes  du cadavre de  cette dernière, alors qu’il était agé de 15 ans , après l’avoir photographié sur son lit de mort et dira de cet acte : « Même morte,  elle était très belle ! Je lui ai éjaculé sur le ventre et les jambes, dans sa robe de communiante : elle est partie avec le meilleur de moi-même ! « . Que dire, que penser d’un tel discours ci ce n’est qu’il n’est peut-être que Fantasme, invention ,  et que s’il s’avère être de l’ordre de la réalité, il signe là, un discours pervers (c’est à dire dénué de toute culpabilité, mais bien au contraitre qui semble le rendre tout puissant )  , début de mythomanie et de se créer une autre histoire une nouvelle identité, mais déjà le processus est en route et n’ira que croissant. Il raconte avoir commencé à se travestir vers 18 ans et à sortir dans les bals avec des amis… et avoir eu à 20 ans, une fille, Monique, qu’il retrouvera plus tard, à Bordeaux, prostituée de son état et qui serait devenue sa maîtresse… encore une fois, Et ajoutons que quelques années après le suicide de son père, il le fera exhumer et gardera ses ossements dans un petit cercueil rue des Faussets ( appartement dans lequel il vivra 45 années).  Le cadre est à présent posé, ce retour sur de tels faits marquants s’imposait selon moi, afin d’aborder avec un peu plus d’outils, l’oeuvre de cet Homme qui proclamait « Notre mission sur la Terre est de transformer le monde en immense bordel »

© Pierre Molinier (1900-1976) -Untitled- nd

Au début des années 1920, il suit des cours de dessin à Agen et étudie les oeuvres des maîtres anciens. Après son service militaire vers 22 ans,  après un détour par Paris, Pierre  retourne à Bordeaux, où il s’était installé en 1919 et avait crée une entreprise de peinture en bâtiment, et maintien une vie conventionnelle en apparence, il se marie, a deux enfants : Françoise et Jacques. Mais ses fantasmes sont plus forts que tout, il a de très nombreuses maîtresses qu’il ramène chez lui. Molinier dira même avoir été amoureux de sa fille Françoise, ce dont sa femme s’était rendue compte. 1940 Il est mobilisé comme infirmier, fait prisonnier, à sa libération, il s’installe avec sa famille dans la campagne bordelaise. Son  » Couple ‘ survivra jusqu’en 1949 date où sa femme quitte le domicile. Un an après son départ Pierre érige sa « Tombe prématurée » surmontée d’une croix noire portant comme inscription: « Ci-gît/Pierre MOLINIER/né le 13 avril 1900 mort vers 1950/ce fut un homme sans moralité/il s’en fit gloire et honneur/Inutile/de/P.P.L. » Il se photographie dans son atelier, les bras en croix, en suicidé, puis, dans son appartement, sur son lit de mort.Cette rupture fût probablement un choc pour lui.

De 1946 jusqu’en 1951, c’est une période de rupture avec la vie conventionnelle et l’affirmation de sa liberté par la radicalisation de son comportement , ce qu’on retrouve inévitablement dans son œuvre , par exemple  » Les Orphéons Magiques  » ( poèmes reconnus par Breton comme surréalistes ), sa peinture aussi

De 1951 à 1966, il fait ses autoportraits photographiques, travesti, exprimant son fétichisme des jambes  , tout seul dans son atelier, photos qu’il ne montre qu’aux très rares personnes venant le voir. De ces photos, il fait des découpages pour obtenir  » ses inventions érotiques  » c’est à dire ses photomontages.

En 1955 Il écrit à André Breton et lui envoie un port-folio de photographies de ses oeuvres. André Breton se prend de passion pour ces « oeuvres magiques » et manifeste son enthousiasme pkus partuclièrement face à deux tableaux érotiques que lui adresse Molinier, Les Dames voilées et LaComtesse Midralgar.et lui adresse une série de lettres enthousiastes dans lesquelles il lui écrira notamment « Vous êtes aujourd’hui le maître du vertige, d’un de ces vertiges que Rimbaud s’était donné à tâche de fixer, et peut-être du pire.».

Il lui propose d’exposer plusieurs oeuvres (dix-huit peintures au total dont « Comtesse Midralgar » la voir sur le site Ici)  début 1956 à Paris à la galerie de  » l’Étoile Scellée « .Le jour du vernissage, sont diffusées dans la pièce les chansons d’un inconnu, Léo Ferré.Il en reste un petit catalogue.Préfacé par Breton.

Il fait la connaissance d’ Hans Bellmer, Man Ray Max Ernst etc…. Mais c’est lui qui présente Joyce Mansour à Breton. Elle est une superbe égyptienne très riche et surtout très talentueuse, très grande poétesse érotique. Elle a d’ailleurs écrit Sens interdits , évocateur poème pour son ami….

« Sur le fil sans fin
De sa toile-écran
Funambule du burin
Faux cils excès de joie bas résille
Cris rauques sous le vernis
Sperme amidon fécule et albumine
Des femmes fleurs s’ouvrent dans l’œil du
printemps
Ocelles de plumes sur un pan de mur évanoui
Leur pubis un volcan
Brûlant et stérile
Leur plaie un lac pierre de lune
Un masque une chimère
Couvre leur visage de nuit
La peinture sèche
Un nœud d’angoisse durcit
Un drap défait bande en spirales
Le délire de Pierre Molinier
Vit. »

Joyce Mansour, « Sens interdits » ,1979

Par la suite, Molinier Réalisera le portrait de son amie Joycee pour  le N° 1  de la revue Le Surréalisme même Et fera la couverture du n°2

Pierre Molinier- Portrait de Joyce Monsour illustration pour Le Surréalisme, MEME n°1, superviseur andré Breton 1957, Paris, Jean-Jacques Pauvert ed

Pierre Molinier- Portrait de Joyce Monsour illustration pour Le Surréalisme, Même n°1, superviseur andré Breton 1957, Paris, Jean-Jacques Pauvert ed

 

Pierre Molinier- le surréalisme, même 2, printemps 1957. Cover by Pierre Molinier.

Cover by Pierre Molinier- Le Surréalisme Même N°2, printemps 1957. Superviseur André Breton , Paris, Jean-Jacques Pauvert ed°

Convié par Breton, il exposera une toile à la 8e Exposition internationale du Surréalisme dédiée à Eros, en 1969.

 

À partir des années 1960, c’est Le grand tournant, il se consacre  totalement à son œuvre photographique et picturale, abandonnant son métier de peintre en bâtiment. Molinier se met en scène en se travestissant ou en faisant poser ses amis. Il fait ses premiers essais photographiques de photomontages dans lesquels il réunit, à partir de photographies d’éléments travestis et découpés de son propre corps, les genres masculin et féminin. Montages qu’il re photographie pour parvenir à des tirages les plus propres possibles. Il participe aux manifestations du groupe surréaliste, participe au journal.  Dès lors, l’important, sera  sa collaboration aux publications surréalistes avec ses photomontages qui le font connaître dans le monde entier, mais il continue bien sur à peindre et ses tableaux deviennent fortement érotiques : pour ses glacis, symboliquement, il mélange même son propre sperme aux pigments de couleur.

Mais les 10 années d’amitié avec André Breton qui décrit sa peinture comme  » magique  »  achoppent sur le titre d’un tableau blasphématoire : « Oh !…Marie, Mère de Dieu », réalisé en 1965 (où deux femmes pratiquent une fellation et une sodomie sur un Christ crucifié). En effet ce tableau  parvient même à dissuader André Breton de l’intégrer à l’Exposition Internationale du Surréalisme.

Puisque vous pouvez retrouver la Peinture sur le site je vous propose plutôt deux auto-portraits l’un durant la réalisation de la toile et l’autre une fois achevée. Toujours avec une mise en scène bien léchée…

Pierre Molinier- Molinier autoportrait devant sa toile en cours « Oh !...Marie, Mère de Dieu », 1965, tirage argentique

Pierre Molinier- Molinier autoportrait devant sa toile en cours « Oh !…Marie, Mère de Dieu », 1965, tirage argentique

Pierre Molinier- Molinier autoportrait devant sa toile « Oh !...Marie, Mère de Dieu »finie, 1965, tirage argentique

Pierre Molinier- Molinier autoportrait devant sa toile « Oh !…Marie, Mère de Dieu »finie, 1965, tirage argentique

De cette époque là date aussi sa  » carte de visite  » le représentant en auto-fellation dont il dira qu’il a mis deux ans à y arriver grâce à un joug en fer, pour faire comme les yogis, et qu’il est resté « 18 jours sans rien bouffer d’autre que son sperme ».

Pierre Molinier-Autofellation, ca. 1955-1960

Pierre Molinier-Autofellation, ca. 1955-1960

 

 

En 1962 Raymond Borde lui consacre un film, projeté à Bordeaux en privé en 1964 et projection publique de la version censurée en 1966.  Borde publiera « Pierre Molinier », Un film de Raymond Borde. Texte et commentaire d’ André Breton [reprend l’essentiel de la préface rédigée pour l’exposition à L’Étoile scellée] ,Paris,  Le Terrain Vague ,1964, où les images du film sont reproduites et accompagnées des mots de Breton.  Molinier lui-même tournera en 1965 une sorte d’auto-portrait de 10 minutes sur ses  » Jambes  »

 

Pierre Molinier. Un film de Raymond Borde. Texte de André Breton. (Paris), Le Terrain Vague (1964).

Pierre Molinier. Un film de Raymond Borde. Texte de André Breton. ,Paris, Le Terrain Vague 1964.

 

Pierre Molinier. Un film de Raymond Borde. Texte de André Breton. (Paris), Le Terrain Vague (1964).

Pierre Molinier. Un film de Raymond Borde. Texte de André Breton. Paris, Le Terrain Vague ,1964.

Pierre Molinier. Un film de Raymond Borde. Texte de André Breton. (Paris), Le Terrain Vague (1964).

Pierre Molinier. Un film de Raymond Borde. Texte de André Breton. Paris, Le Terrain Vague, 1964.

 Le Temps de la mort est peint la même année qu’a lieu le tournage du film de Raymond Borde consacré à l’œuvre de Pierre Molinier (le premier d’une importante filmographie). Les papiers réunis par Jean-Luc Mercié permettent de suivre la genèse du documentaire (21 min.) et de constater l’incidence des prises de vue sur l’évolution des peintures. D’abord écarté, Le Temps de la mort est finalement intégré au film dans des plans additionnels par rapport au script original. Molinier insiste sur l’importance du travail de Raymond Borde et reconnaît sa dette envers le film qui l’a incité à retravailler certains tableaux.  À propos du tableau Le Temps de la mort, Molinier déclare : « Pour moi ce tableau est un acte de foi […], puisque la gastronomie et autre buvaillerie sont célébrées, pourquoi pas un culte de la volupté. La volupté qui se rapproche si bien de la béatitude de la mort. » Il est reproduit pour la première fois  en mars 1963 dans le quatrième numéro de la revue La Brèche.( voir le site Melusine surréalisme qui a mis en ligne ces précieux documents et qui nous le font partager. Merci à Eux. ( vous n’y verrez que les texte, mais néanmois il est bien notifié dans le N°4 que Molinier est un des illustrateur.

Pierre Molinier-Le Temps de la mort n° 1, 1962 Huile sur isorel in Pierre Molinier, Paris, Les Presses du réel Kamel Mennour, 2010

Pierre Molinier-Le Temps de la mort n° 1, 1962 Huile sur isorel in Pierre Molinier, Paris, Les Presses du réel Kamel Mennour, 2010

Dans les années 1966-1967, Molinier prépare un ouvrage sur ses peintures (publié chez Pauvert en 1969)  et il  va multiplier les rencontres avec des peintres surréalistes et commence à réunir ses photomontages dans la perspective d’en éditer un  recueil  VOIR ICI  http://www.geocities.jp/belial1313xx/m_selfportrait.html « Le Chaman et ses Créatures » dans lequel apparaissent les visages de deux de ses inspiratrices Emmanuelle Arsan ( avec qui il a pris contact et avec laquelle ils ont entretenu une forte relation epistolaire. et Hanel Koeck,  , «Déesse de l’érotisme» .

Le « Chaman et ses Créatures »est une  réalisation qui lui prendra pas moins de 5 années et bien que le projet  prenne forme,  de nombreux éditeurs renonceront à publier l’album. En effet, ses photographies illustrent ses préférences sexuelles et certaines tendances  (masturbation, éjaculation précoce, sodomie avec godemichés, auto-fellation, masochisme, transvestisme et fétichisme), ce qui n’est pas du goût de tout le monde, Mais Il cessera jamais de modifier la maquette du recueil qui ne sera finalement pas publié de son vivant. Il  sera finalement édité en 1995,  par William Blake & Co.Edit.

Le Chaman et ses créatures est articulé autour de deux figures tutélaires, Emmanuelle et Hanel Koeck, dont l’évolution des relations sentimentales influe sur la distribution des images, leur rythme et leur ordre. Il se documente et exploite abondamment le livre de Mircea Eliade sur le chamanisme : « Le chamanisme est une des techniques archaïques de l’extase, à la fois mystique, magie et “religion” dans le sens large du terme » (préface, Payot, 1950). Les répétitions de bras et de jambes ainsi que la symétrie qui caractérisent les photomontages trouvent leur source autant dans les représentations de Shiva ou dans le tantrisme1 que dans une publicité de machine à laver découpée et conservée par Molinier. Sur le pavois, la planche 26 du Chaman, est citée par l’écrivaine, journaliste et éditrice féministe Xavière Gaut hier dans son étude Surréalisme et sexualité (Gallimard, 1971) qui dresse un bilan sévère du rapport des surréalistes au corps et à l’amour.

Pierre Molinier-  Le chaman et ses créatures , William Blake & Co.Edit. 1995

Pierre Molinier, Chaman I, 1968

Pierre Molinier, Chaman I, 1968

Pierre Molinier Le Chaman, à Toute Marge, planche 1 " Chaman et ses créatures”, 1965

Pierre Molinier Le Chaman, à Toute Marge, planche 1  » Chaman et ses créatures”, 1965

Pierre Molinier- Le Chaman, variante de la planche qui ouvre Chaman et ses créatures.1965-1968

Pierre Molinier- Le Chaman, variante de la planche qui ouvre Chaman et ses créatures.1965-1968

© Pierre Molinier- Introit-Collage préparatoire inédit (n°1) pour le photomontage Introït, planche 2 de l'album Le Chaman et ses créatures

© Pierre Molinier- Introit-Collage préparatoire inédit (n°1) pour le photomontage Introït, planche 2 de l’album Le Chaman et ses créatures

Pierre Molinier - Collage préparatoire inédit (n°2) pour Introït, planche 2 du Chaman et ses créatures, 1965-1968

Pierre Molinier – Collage préparatoire inédit (n°2) pour Introït, planche 2 du Chaman et ses créatures, 1965-1968

Pierre Molinier- Collage préparatoire inédit (n°3), avant dernier état pour Introït, planche 2 du Chaman et ses créatures, 1965-1968

Pierre Molinier- Collage préparatoire inédit (n°3), avant dernier état pour Introït, planche 2 du Chaman et ses créatures, 1965-1968

Pierre Molinier- Introit planche 02 du "Chaman et ses créatures”, 1966

Pierre Molinier- Introit planche 02 du « Chaman et ses créatures”, 1966

Pierre Molinier-Effigie, planche 03, 1961 pour le chaman et ses créatures

Pierre Molinier-Effigie, planche 03, 1961 pour le chaman et ses créatures

Pierre Molinier- Rêve, ou Les pieds amoureux, photomontage, planche 7 du Chaman et ses créatures, 1968

Pierre Molinier- Rêve, ou Les pieds amoureux, photomontage, planche 7 du Chaman et ses créatures, 1968

Pierre Molinier- Les bottes , planche 13, pour le chaman et ses créatures 1966-68

Pierre Molinier- Les bottes , planche 13, pour le chaman et ses créatures 1966-68

Pierre Molinier- Collage inédit (réutilisant deux images du Stylite), planche 14 du Chaman et ses créatures, 1965-1968

Pierre Molinier- Collage inédit (réutilisant deux images du Stylite), planche 14 du Chaman et ses créatures, 1965-1968

Pierre Molinier, L’éperon d’amour, Planche 15,du Chaman et ses créatures, 1966-68

Pierre Molinier, L’éperon d’amour, Planche 15,du Chaman et ses créatures, 1966-68

Pierre Molinier- Pantomine céleste ,Collage, planche 19 , Chaman et ses créatures, 1965-1968

Pierre Molinier- Pantomine céleste ,Collage, planche 19 , Chaman et ses créatures, 1965-1968

Pierre Molinier- La rose noire , planche 23, 1965 pour le chaman et ses créatures (2)

Pierre Molinier- La rose noire , planche 23, 1965 pour le chaman et ses créatures (2)

Pierre Molinier-La Victoire , planche 24 Photomontage pour le chaman et ses créatures 1966-68

Pierre Molinier-La Victoire , planche 24 Photomontage pour le chaman et ses créatures 1966-68

Pierre Molinier -Photomontage Portrait d'Hanel planche 30 du Chaman et ses créatures, 1965-1968

Pierre Molinier -Photomontage Portrait d’Hanel planche 30 du Chaman et ses créatures, 1965-1968

Pierre Molinier- Féminin pluriel est triste, planche 32, 1967, Le Chaman et ses créatures, 1965-1968

Pierre Molinier- Féminin pluriel est triste, planche 32, 1967, Le Chaman et ses créatures, 1965-1968

Pierre Molinier- Ossipago-Collage planche 35 du Chaman et ses créatures , 1967

Pierre Molinier- Ossipago-Collage planche 35 du Chaman et ses créatures , 1967

Pierre Molinier -Le Podex d’amour, planche 39 pour le chaman et ses créatures 1966-68

Pierre Molinier -Le Podex d’amour, planche 39 pour le chaman et ses créatures 1966-68

Pierre Molinier- Le triomphe des tribades ou Sur le pavois, 1967 pour le chaman et ses créatures

Pierre Molinier- Le triomphe des tribades ou Sur le pavois, 1967 pour le chaman et ses créatures

pierre molinier -Collage Festin de Manès, planche 40 du Chaman et ses créatures, 1965-1968

pierre molinier -Collage Festin de Manès, planche 40 du Chaman et ses créatures, 1965-1968

Pierre Molinier- Collage L'étoile de six, planche 43 Le Chaman et ses créatures 1965-1968

Pierre Molinier- Collage L’étoile de six, planche 43 Le Chaman et ses créatures 1965-1968

Pierre Molinier- collage d'Emmanuelle, planche 49 du Chaman et ses créatures, 1965-1968

Pierre Molinier- collage d’Emmanuelle, planche 49 du Chaman et ses créatures, 1965-1968

 

Pierre Molinier- Hanel 1, Cliché 51, pour le chaman et ses créatures 1965

Pierre Molinier- Hanel 1, Cliché 51, pour le chaman et ses créatures 1965

Pierre Molinier- Collage Cravache, planche 53 du Chaman et ses créatures, 1965-1968

Pierre Molinier- Collage Cravache, planche 53 du Chaman et ses créatures, 1965-1968

Parallèlement à cela il travaille à la série « L’œuvre, le peintre et son fétiche » et vers 1968, il créé « La grande mêlée », apothéose de ses photomontages destinés au « Chaman et ses Créatures »

Pierre Molinier La grande mélée, 1969

Pierre Molinier La grande mélée, 1969

D’autre part il sera recherché tous les documents possibles sur les contacts avec les cinéastes Simsolo et Berlanga, sachant que la relation avec Luciano Castelli a fait l’objet d’un dossier complet par les bons soins de la Maison Européenne de la Photographie. Cette exposition fait suite à un ensemble de manifestations autour de Pierre Molinier, organisées par l’Enseigne des Oudin, à l’occasion de la publication d’un dossier par l’éditeur bordelais Jour de Lettre et d’un recueil de souvenirs, de poésies et de photos de Pierre Molinier et de Pierre Bourgeade en co-édition par Voix-Richard Meier et L’Enseigne des Oudin en 1996 et 97, dans lequel  Bourgeade écrira  « La liberté vécue entre ces quatre murs, le problème de l’humanité (qu’est-ce qu’être homme, et comment l’être ?) sans cesse posé dans sa tête, on comprend que Molinier n’ait cessé d’hésiter au bord de ce gouffre : être homme – et pourquoi n’être pas femme ? Le mot homme a deux sens et, comme dans ces illusions d’optique où sitôt que la conscience saisit un dessin c’est un autre dessin qui veut apparaître, en même temps qu’il était le plus homme de tous, Molinier, par la force des choses, l’était le moins. »recueil de souvenirs, de poésies et de photos de Pierre Molinier et de Pierre Bourgeade en co-édition par Voix-Richard Meier et L’Enseigne des Oudin en 1996 et 97. 

 

 

 

Pierre Molinier – Le Modele, 1970

 

 

 

Anton Stankowski (1906 -1998)

« Stankowski was born on 18 June 1906 in Gelsenkirchen, Germany. His most important teacher was Max Burchartz at the Folkwangschule in Essen, where — after completing an apprenticeship and his journeyman years as a decorative painter — he studied for three semesters, starting in 1926. After a short stint free-lancing for the Canis Advertising Agency in Bochum, the 23-year-old Stankowski was invited toward the end of 1929 to work at Max Dalang’s famous advertising studio in Zurich. This marked the beginning of an important time: Stankowski’s photographic and typographical work developed into a prototype for a contemporary advertising style, later called “constructive graphics.” Stankowski quickly made friends with people who later became known as the “Zuricher Konkreten,” Richard P. Lohse, Verena Loewensberg, Max Bill, and others. In 1934 Stankowski lost his work permit and he moved to Lörrach, Switzerland, before finally returning to Germany in 1938. In 1939 Stankowski founded his Grafische Atelier in Stuttgart. Shortly thereafter, he was drafted into the army and had to go to war. After the war, he connected with leading characters of the visual movement, such as Baumeister, Hugo Häring, Kurt Leonhard, Mia Seeger, Egon Eiermann, Max Bense, and Walter Cantz. Thanks in part to Stankowski’s work, Stuttgart became a Mecca for graphic design in the 1950s.
In 1972 Karl Duschek became a partner at in the Grafische Atelier, and important designs were developed for companies such as the Deutsche Bank and the Münchner Rück insurance company, for example. Increasingly, Stankowski concentrated upon painting, devoting himself to it completely until his death in 1998. During his lifetime, Stankowski received many honors, such as an honorary professorship from the State of Baden-Württemberg, the art prize from the City of Stuttgart, and, in the year of his death, the Ehrenpreis des Deutschen Künstlerbundes — the Harry Graf Kessler Prize — for his life’s work » Musée Stankowski0

Anton Stankowski – Reisebilder, 1949

Anton Stankowski – Reisebilder, 1949 arnet

Anton Stankowski- Foto-Auge, I 1927

Anton Stankowski- Foto-Auge, I 1927

Anton Stankowski- Foto-Auge, II 1927

Anton Stankowski- Foto-Auge, II 1927 arnet

Anton Stankowski- Foto-Auge, 1927

Anton Stankowski- Foto-Auge, 1927

Anton Stankowski - Tunuri, 1927

Anton Stankowski – Tunuri, 1927

Anton Stankowski, Eisblumen, 1930

Anton Stankowski, Eisblumen, 1930

Anton Stankowski -fleur de glace, 1938

Anton Stankowski -fleur de glace, 1938

Anton Stankowski, Das Lächeln, 1938

Anton Stankowski, Das Lächeln, 1938

Anton Stankowski- Man and woman, 1930

Anton Stankowski- Man and woman, 1930

Anton Stankowsk die imaginären Porträt Augen, 1927 from Fotografien Photos 1927-1962 by Stankowski, Anton Tashen edition

Anton Stankowsk die imaginären Porträt Augen, 1927 from Fotografien Photos 1927-1962 by Stankowski, Anton Tashen edition

Anton Stankowski -Simultanvergrösserung (Simultaneous Enlargement) 1937

Anton Stankowski -Simultanvergrösserung (Simultaneous Enlargement) 1937

Anton-Stankowski-self-portrait, 1930s

Anton-Stankowski-self-portrait, 1930s

Anton Stankowski. Mecky Messer, 1928

Anton Stankowski. Mecky Messer, 1928

Anton Stankowski- Portraits and still lifes. 1932-1958

Anton Stankowski- Portraits and still lifes. 1932-1958

Anton-Stankowski-A carnival in Stuttgart 1939

Anton-Stankowski-A carnival in Stuttgart 1939

Anton Stankowski Notre Dame Paris 1930

Anton Stankowski Notre Dame Paris 1930

Anton Stankowski “Begrüßung Rüdenplatz” (Greeting at Rüdenplatz), 1932

Anton Stankowski “Begrüßung Rüdenplatz” (Greeting at Rüdenplatz), 1932

Anton Stankowski - Zeitprotokoll im Auto, Zürich, 1929

Anton Stankowski – Zeitprotokoll im Auto, Zürich, 1929

Anton Stankowski- Antitechnik, 1931

Anton Stankowski- Antitechnik, 1931

Anton Stankowski, Mirror bulb, 1930

Anton Stankowski, Mirror bulb, 1930

Anton Stankowski-Book jacket designed by Anton Stankowski, photograph by Dr. Fink 1963

Anton Stankowski-Book jacket designed by Anton Stankowski, photograph by Dr. Fink 1963

Anton Stankowski-self-portrait, Zürich, 1930

Anton Stankowski-self-portrait, Zürich, 1930

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Jindřich Štyrský- Emilie Comes to Me in a Dream

Publié à l’origine en 1933, seulement environ 20 exemplaires connus restent d' »Emilie přichází ke MNE ve snu ».

Štyrský était un peintre, poète, photographe, artiste du collage et éditeur. Un membre fondateur du groupe surréaliste de Chechoslovakia, il a édité pour la Erotika Revue qui inclus illustrations réalisées par des artistes tchèques célèbres et avait une maison d’édition appelée Edice 69 (édition 69)Emilie přichází ke MNE ve snu  ( parue dans  le volume 6.)

Štyrský  était fasciné par les rêves et enregistrait ses propres rêves  aux travers de l’écriture, et plus tard, des dessins. Pour lui, l’état de rêve était un « entrepôt de motifs » qu’il réunissait dans le collage et la peinture jusqu’à sa mort en 1942.

L’imagerie de Štyrský est un « flou » entre l’érotique et le morbide. Il Utilisait des cartes postales « porno hardcore » allemandes et anglaises et des livres également . Štyrský dissocie clairement le sexe de la procréation et la conçoit à partir d’un point de vue purement de plaisir à (se) donner.

Des éléments incongrus , comme des détails végétals, un parachute et un ciel étoilé soulignent l’orgasmique tandis les squelettes, les hommes aux  masques à gaz, les cercueils et des yeux désincarnés tirent vers une tonalité plus sinistre. Štyrský peut paraitre choquant aux yeux des puritains et qui l’ont étés d’ailleurs.

Comme l’a écrit Bohuslav Brouk dans sa postface pour Emilie;

« Les personnes qui cachent leur sexualité méprisent leurs capacités innées sans pouvoir s’élever au-dessus. Ils nient leur mortalité … Toute illusion à leur animalité, non seulement dans la vie, mais aussi dans les sciences, la littérature et l’art, les blesse parce qu’il perturbe leur rêverie. « 

L’édition originale comprenait seulement 10 photomontages, l’histoire de Štyrský et la postface Brouk. (Deux plaques de la série n’ ont pas été éditées sur l’original en raison de pornographie infantile. Ces deux ont été incluses ici.)

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský (B) _e_e

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Georges Hugnet souvenirs du BAR LE CATALAN

Georges Hugnet CARTON D'INVITATION pour L'OUVERTURE DU BAR LE CATALAN, 16 rue des Grands Augustins le 9 avril 1948.

Georges Hugnet CARTON D’INVITATION pour L’OUVERTURE DU BAR LE CATALAN, 16 rue des Grands Augustins le 9 avril 1948.

 » Vers la fin de 1941,Picasso et moi nous déjeunions ou nous dînions ensemble plusieurs fois par semaine,souvent en compagnie de Pierre Reverdy. Nous allions généralement chez Gafner où l’on avait des égards pour nous.Un jour que Picasso que j’étais aller chercher à son atelier de la rue des Grands-Augustins,me dit qu’il allait m’emmener dans un bistrot qu’il venait de découvrir à deux pas de chez lui,sur le même trottoir,en me faisant promettre de n’en parler à personne.Picasso se plaît souvent à jouer les mystérieux.La semaine suivante, les tables étaient toutes occupées par des amis.Je n’avais rien dit mais Picasso avait parlé.
Aussitôt j’y installais mes vendredis flottants qui,à partir de ce jour,devinrent fixes. Bientôt les premiers clients,des employés de la préfecture,cédèrent la place aux
nouveaux. Le patron,petit homme à lunettes dont Picasso fit un portrait classique à l’encre aussitôt accroché au mur,était un catalan nommé Arnau. La chère était bonne chez lui et il ne montrait aucune exigence en ce qui concerne les tickets de rationnement.Picasso se débrouillait je ne sais trop comment . Quant à moi,j’avais fait un cadeau de ma carte d’alimentation à Germaine qui me l’avait échangée contre sa carte de tabac.Très bientôt nous ne désignâmes plus entre nous ce restaurant que sous le nom du Catalan,nom qui lui reste bien qu’aucune enseigne ne l’indiquât. Ébloui par le succès, Arnau ne tarda pas à vendre son établissement pour en acheter un autre à Bougival, dont les jardins donnaient directement sur la Seine.
Le nouveau propriétaire qui se nommait Maurice Desailly et ressemblait à François 1er, était un mandataire aux Halles,un B.O.F véritable,et Picasso eut l’occasion de faire un nouveau portrait classique qui remplaça aussitôt au mur celui du catalan Arnau. Le nom du restaurant demeura et son succès alla croissant. Picasso continua à y venir, soit pour déjeuner, soit pour dîner presque quotidiennement et le plus souvent en ma compagnie.Nos convives variaient.Un jour,c’était Pierre Reverdy,de passage à Paris,un autre jour, Paul Valéry descendu à pied de l’avenue Victor Hugo,un autre jour encore,Henry de Montherlant,venu demander à Picasso des eaux-fortes pour illustrer l’édition de luxe d’un de ses ouvrages, eaux-fortes que Picasso lui refusa catégoriquement. Tous les soirs, Desnos venait chercher un paquet de nourriture pour ses chats. C’est là que Léon-Paul Fargue eut sa première attaque cérébrale. C’est là encore que Gertrude Stein, furieuse, fit une entrée remarquée avec son chien pour venir insulter Picasso à notre table, lui reprochant vivement d’avoir écrit « Le désir attrapé par la queue » qu’elle considérait comme indigne de lui.

C’est là enfin que je redéjeunais avec Cocteau pour la première fois après dix-sept ans de brouille, Picasso nous ayant réconciliés. 

Maurice Desailly songea bientôt à agrandir son établissement. Il acheta sur le trottoir d’en face une crêmerie, boutique avec premier étage. Les travaux commencèrent. Je fus chargé de la décoration du bar et de la façade extérieure où pour la première fois apparut le nom du Catalan,le premier étage étant consacré aux cuisines et au restaurant.Le vernissage fut des plus brillant, le Tout-Paris y vint. J’y organisai des fêtes avec orchestre – Jacques Dieval, Hubert Rostaing,Boris Vian- dont l’une en honneur de Lise Deharme. Le Catalan devint un endroit très à la mode.
C’est au catalan que débuta ma collection de nappes de restaurant et c’est encore au Catalan,qu’au cours d’une cinquantaine de déjeuners, Jean Cocteau et moi écrivîmes ce qui fut publié ultérieurement sous le titre de -La Nappe du Catalan-.«  Texte extrait de « Pleins et Déliés, témoignages et souvenirs 1926-1972 » de Georges Hugnet. Editions Guy Authier,1972

Crafty Dogma 

Adriana Muller (Crafty Dogma) Drowning   ,2012

Adriana Muller (Crafty Dogma) Drowning ,2012


Adriana Muller (Crafty Dogma) Induced    ,2011

Adriana Muller (Crafty Dogma) Induced ,2011


Adriana Muller (Crafty Dogma)  hidden, 2012

Adriana Muller (Crafty Dogma) hidden, 2012

 

Adriana Muller (Crafty Dogma) untitled2,2012

Adriana Muller (Crafty Dogma) untitled2,2012


Adriana Muller (Crafty Dogma) untitled3, 2012

Adriana Muller (Crafty Dogma) untitled3, 2012


Adriana Muller (Crafty Dogma)  The Conjurer Cut and paste collage made using fire., 2013

Adriana Muller (Crafty Dogma) The Conjurer Cut and paste collage made using fire., 2013


Adriana Muller (Crafty Dogma) caught, 2013

Adriana Muller (Crafty Dogma) caught, 2013


Adriana Muller (Crafty Dogma) Welcome to my nightmare ,2012

Adriana Muller (Crafty Dogma) Welcome to my nightmare ,2012


Adriana Muller (Crafty Dogma) Psychedelia  ,2012

Adriana Muller (Crafty Dogma) Psychedelia ,2012


Adriana Muller (Crafty Dogma) The man who is above , 2014

Adriana Muller (Crafty Dogma) The man who is above , 2014

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