Cartes Postales Surréalistes

 

 

Cartes Postales Surréalistes – Série complète des 21 cartes postales de Paul Eluard, Dora Maar, Joan Miró, Salvador Dali, Hans Bellmer, Georges Hugnet, Meret Oppenheim, René Magritte, Jacqueline Breton, Pablo Picasso, Man Ray, Roland Penrose, Yves Tanguy, Marcel Duchamp, Arp, Marcel Jean, Wolgang Paalen, André Breton, Nusch Eluard, Oscar Dominguez, Max Ernst, publiées par Geoges Hugnet en 1937 avec au verso porte l’inscription « La carte postale surréaliste garantie

Oscar Dominguez Ouverture

Wolfgang Paalen A l’échelle du désir

Man Ray : Ce qui nous manque à tous

Salvatore Dali La mélancolie gâteuse des chiens comme une vertigineuse descente en ski

Roland Penrose La Terre en bouteille

René Magritte La solution du rébus

Paul Eluard On tue comme on respire

Pablo Picasso Poisson d’Avril

Meret Oppenheim Ma Gouvernante

Max Ernst Le triomphe de l’Amour

Marcel Duchamp Ampoule contenant 50 cc d’air de Paris

Joan Miro Horaire

Jacqueline Breton Pont du demi-sommeil

Nusch Eluard Bois des Iles

Hans Bellmer Deux demi-soeurs

Hans Arp Côté à ouvrir

Georges Hugnet Au pied de la lettre

Dora Maar : 29, rue d'Astorg

Dora Maar : 29, rue d’Astorg

Marcel Jean Paris à vol d’oiseau

André Breton Poème-objet

 

LA CARTE SURREALISTE, 1937 Série complète de 21 cartes postales éditée

par

Georges Hugnet, imprimée sur fond blanc,
double légende en français et en anglais

Marcel Duchamp : Ampoule contenant 50 cc
d’air de Paris

André Breton : Poème-objet

Max Ernst : Le triomphe de l’Amour

Paul Eluard : On tue comme on respire

Dora Maar : 29, rue d’Astorg

Joan Miro : Horaire

Salvatore Dali : La mélancolie gâteuse des
chiens comme une vertigineuse descente en
ski

Man Ray : Ce qui nous manque à tous

Hans Bellmer : Deux demi-soeurs

Oscar Dominguez : Ouverture

Yves Tanguy : Le marchand de sable

Georges Hugnet : Au pied de la lettre

Hans Arp : Côté à ouvrir

Meret Oppenheim : Ma Gouvernante

René Magritte : La solution du rébus

Jacqueline Breton : Pont du demi-sommeil

Roland Penrose : La Terre en bouteille

Marcel Jean : Paris à vol d’oiseau

Wolfgang Paalen : A l’échelle du désir

Nusch Eluard : Bois des Iles

Pablo Picasso : Poisson d’Avril

 

Jindřich Štyrský- Emilie Comes to Me in a Dream

Publié à l’origine en 1933, seulement environ 20 exemplaires connus restent d' »Emilie přichází ke MNE ve snu ».

Štyrský était un peintre, poète, photographe, artiste du collage et éditeur. Un membre fondateur du groupe surréaliste de Chechoslovakia, il a édité pour la Erotika Revue qui inclus illustrations réalisées par des artistes tchèques célèbres et avait une maison d’édition appelée Edice 69 (édition 69)Emilie přichází ke MNE ve snu  ( parue dans  le volume 6.)

Štyrský  était fasciné par les rêves et enregistrait ses propres rêves  aux travers de l’écriture, et plus tard, des dessins. Pour lui, l’état de rêve était un « entrepôt de motifs » qu’il réunissait dans le collage et la peinture jusqu’à sa mort en 1942.

L’imagerie de Štyrský est un « flou » entre l’érotique et le morbide. Il Utilisait des cartes postales « porno hardcore » allemandes et anglaises et des livres également . Štyrský dissocie clairement le sexe de la procréation et la conçoit à partir d’un point de vue purement de plaisir à (se) donner.

Des éléments incongrus , comme des détails végétals, un parachute et un ciel étoilé soulignent l’orgasmique tandis les squelettes, les hommes aux  masques à gaz, les cercueils et des yeux désincarnés tirent vers une tonalité plus sinistre. Štyrský peut paraitre choquant aux yeux des puritains et qui l’ont étés d’ailleurs.

Comme l’a écrit Bohuslav Brouk dans sa postface pour Emilie;

« Les personnes qui cachent leur sexualité méprisent leurs capacités innées sans pouvoir s’élever au-dessus. Ils nient leur mortalité … Toute illusion à leur animalité, non seulement dans la vie, mais aussi dans les sciences, la littérature et l’art, les blesse parce qu’il perturbe leur rêverie. « 

L’édition originale comprenait seulement 10 photomontages, l’histoire de Štyrský et la postface Brouk. (Deux plaques de la série n’ ont pas été éditées sur l’original en raison de pornographie infantile. Ces deux ont été incluses ici.)

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský (B) _e_e

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Georges Hugnet souvenirs du BAR LE CATALAN

Georges Hugnet CARTON D'INVITATION pour L'OUVERTURE DU BAR LE CATALAN, 16 rue des Grands Augustins le 9 avril 1948.

Georges Hugnet CARTON D’INVITATION pour L’OUVERTURE DU BAR LE CATALAN, 16 rue des Grands Augustins le 9 avril 1948.

 » Vers la fin de 1941,Picasso et moi nous déjeunions ou nous dînions ensemble plusieurs fois par semaine,souvent en compagnie de Pierre Reverdy. Nous allions généralement chez Gafner où l’on avait des égards pour nous.Un jour que Picasso que j’étais aller chercher à son atelier de la rue des Grands-Augustins,me dit qu’il allait m’emmener dans un bistrot qu’il venait de découvrir à deux pas de chez lui,sur le même trottoir,en me faisant promettre de n’en parler à personne.Picasso se plaît souvent à jouer les mystérieux.La semaine suivante, les tables étaient toutes occupées par des amis.Je n’avais rien dit mais Picasso avait parlé.
Aussitôt j’y installais mes vendredis flottants qui,à partir de ce jour,devinrent fixes. Bientôt les premiers clients,des employés de la préfecture,cédèrent la place aux
nouveaux. Le patron,petit homme à lunettes dont Picasso fit un portrait classique à l’encre aussitôt accroché au mur,était un catalan nommé Arnau. La chère était bonne chez lui et il ne montrait aucune exigence en ce qui concerne les tickets de rationnement.Picasso se débrouillait je ne sais trop comment . Quant à moi,j’avais fait un cadeau de ma carte d’alimentation à Germaine qui me l’avait échangée contre sa carte de tabac.Très bientôt nous ne désignâmes plus entre nous ce restaurant que sous le nom du Catalan,nom qui lui reste bien qu’aucune enseigne ne l’indiquât. Ébloui par le succès, Arnau ne tarda pas à vendre son établissement pour en acheter un autre à Bougival, dont les jardins donnaient directement sur la Seine.
Le nouveau propriétaire qui se nommait Maurice Desailly et ressemblait à François 1er, était un mandataire aux Halles,un B.O.F véritable,et Picasso eut l’occasion de faire un nouveau portrait classique qui remplaça aussitôt au mur celui du catalan Arnau. Le nom du restaurant demeura et son succès alla croissant. Picasso continua à y venir, soit pour déjeuner, soit pour dîner presque quotidiennement et le plus souvent en ma compagnie.Nos convives variaient.Un jour,c’était Pierre Reverdy,de passage à Paris,un autre jour, Paul Valéry descendu à pied de l’avenue Victor Hugo,un autre jour encore,Henry de Montherlant,venu demander à Picasso des eaux-fortes pour illustrer l’édition de luxe d’un de ses ouvrages, eaux-fortes que Picasso lui refusa catégoriquement. Tous les soirs, Desnos venait chercher un paquet de nourriture pour ses chats. C’est là que Léon-Paul Fargue eut sa première attaque cérébrale. C’est là encore que Gertrude Stein, furieuse, fit une entrée remarquée avec son chien pour venir insulter Picasso à notre table, lui reprochant vivement d’avoir écrit « Le désir attrapé par la queue » qu’elle considérait comme indigne de lui.

C’est là enfin que je redéjeunais avec Cocteau pour la première fois après dix-sept ans de brouille, Picasso nous ayant réconciliés. 

Maurice Desailly songea bientôt à agrandir son établissement. Il acheta sur le trottoir d’en face une crêmerie, boutique avec premier étage. Les travaux commencèrent. Je fus chargé de la décoration du bar et de la façade extérieure où pour la première fois apparut le nom du Catalan,le premier étage étant consacré aux cuisines et au restaurant.Le vernissage fut des plus brillant, le Tout-Paris y vint. J’y organisai des fêtes avec orchestre – Jacques Dieval, Hubert Rostaing,Boris Vian- dont l’une en honneur de Lise Deharme. Le Catalan devint un endroit très à la mode.
C’est au catalan que débuta ma collection de nappes de restaurant et c’est encore au Catalan,qu’au cours d’une cinquantaine de déjeuners, Jean Cocteau et moi écrivîmes ce qui fut publié ultérieurement sous le titre de -La Nappe du Catalan-.«  Texte extrait de « Pleins et Déliés, témoignages et souvenirs 1926-1972 » de Georges Hugnet. Editions Guy Authier,1972

Violette Nozière

« Violette rêvait de bains de lait

De belles robes de pain frais

De belles robes de sang pur

Un jour il n’y aura plus de pères

Dans les jardins de la jeunesse

Il y aura des inconnus

Tous les inconnus

Les hommes pour lesquels on est toujours neuve

Et la première

Les hommes pour lesquels on échappe à soi-même

Les hommes pour lesquels on n’est la fille de personne

Violette a rêvé de défaire

A défait L’affreux nœud de serpents des liens du sang »

Paul Eluard

[D’autres extraits de poèmes d’autres auteurs , au sujet de Violette ICI ]

Violette Nozière,1932,(Violette posait régulièrement nuepour des photographes ou pour des soirées intimes.) Archives Gérard Oriol

Gérard Oriol -Violette Nozière,1932,(Violette posait régulièrement nue pour des photographes ou pour des soirées intimes.) Archives Gérard Oriol

«Elle naît le 11 janvier 1915 à Neuvy Sur Loire. Son père, Jean-Baptiste Nozière est mécanicien au P .L.M. (Chemins de fer Paris-Lyon-Méditérranée). Enfance heureuse et sans histoire pour Violette. Jean-Baptiste et Germaine (sa mère) sont des ouvriers aisés, qui, au dire des proches entourent leur fille d’affection. A la fin de la guerre, ils s’installent à Paris, au 9 rue de Madagascar dans le 12ème arrondissement. « Ils donnaient l’apparence d’une famille unie et heureuse » dit le concierge de l’immeuble ; Violette grandit dans un petit deux pièces cuisine. Bonne élève à l’école primaire, elle passe brillamment le certificat d’études. Les parents sont fiers et disposés à la pousser vers des études supérieures.

Mais, à 13 ans, elle est déjà femme et paraît plus que son âge. Les garçons tournent autour d’elle, elle aime ça et, si les résultats scolaires sont bons au début de l’année, les choses vont se détériorer. Violette cache ses absences à ses parents, qui les apprennent par le lycée. On évoque sa mauvaise conduite. Elle a des aventures sans lendemain, tant et si bien que ses parents vont accéder à sa demande de changer d’établissement. Nouvelle adresse : le lycée Fénelon, au quartier latin, là où elle fait connaissance avec une vie qui la change de l’appartement et de la médiocrité de la rue de Madagascar.

Elle rencontre des étudiants, des photographes pour revues pornographiques…. Elle pose nue. Elle passe son temps dans les cafés du quartier latin : Palais du café, les quat’z Arts … Se sentant mal à l’aise dans son milieu familial, elle s’invente une vie bourgeoise où le père est ingénieur et où la mère travaille chez le célèbre couturier Paquin. La double vie s’installe.

Anonyme -Violette Nozière lors d'une soirée intime pour la fête de Noël , collection Romi.

Anonyme -Violette Nozière lors d’une soirée intime pour la fête de Noël , collection Romi.

Son amie intime avec laquelle elle fait la « fête » s’appelle : Madeleine Debize  (Maddy). Elle est la fille de voisins de quartier. Celle-ci l’entraîne et l’accompagne dans sa recherche du plaisir. Elle sont complices dans leurs amours, mais aussi dans les vols (boutiques, librairies, qui font rêver Violette…) (Cette Madeleine Debize  qui dira lors de son procès que Violette était au bal avec elle le soir du crime.) Il faut de l’argent pour « paraître » et pour entretenir les copains, et surtout : Jean Dabin l’amant de cœur. L’argent, elle le prend, soit dans le porte-monnaie de ses parents, soit elle le reçoit des hommes qu’elle rencontre sur la rive droite.

Ses parents ouvrent des lettres, s’étonnent des tenues élégantes qu’elle porte, mais ne veulent pas ou ne voient pas la vérité. Au fond, ils l’admirent. Il y a trop de différence entre leur vie et la sienne.

Deux éléments doivent être pris en compte dans la vie de Violette Nozière : Le premier : sa santé. Elle a toujours été fragile. De plus après un examen à l’hôpital Bichat, le docteur Dérion parle d’une « maladie spécifique » (la syphilis) dont elle serait atteinte (IN magazine « Drames, sept.1933 : La vérité sur le crime de Violette Nozière). Le médecin en parle à sa famille. Elle est soignée par lui, ce qui explique pourquoi ses parents ne se sont pas méfiés quand elle leur a fait avaler le « Soménal », prescrit soi-disant par le docteur Dérion. Le second élément qui ne sera jamais élucidé : l’inceste.

Violette a dit souvent à ses amis que son père la violait depuis l’âge de 12 ans. Elle parlera au procès de sa première tentative de suicide : « Ce jour-là, j’éprouvais un dégoût insurmontable de l’inconduite de mon père à mon égard ». Elle laisse une lettre à ses parents affolés qui la recherchent et la retrouvent le long des quais à 22h. (« La France » 15sept.1933). Elle parlera aussi à un ancien amant : Pierre Camus : « Tu sais, il oublie parfois que je suis sa fille. »

Le 21 août 1933, elle fait avaler à ses parents une potion recommandée par le docteur Dérion. Violette s’en va après avoir vérifié qu’ils ne bougeaient plus. « A une heure du matin, Violette rentre du bal. Elle frappe à la porte du voisin de palier : « Venez vite, ça sent le gaz, j’ai peur. Il a dû arriver quelque chose à mes parents ». Le voisin, M. Mayeul, ferme les robinets de gaz, il entre dans la chambre : « Mme Nozière git sur le lit ensanglanté. Sur le lit de Violette, git son père inanimé » (Police magazine 3 sept.1933 « empoisonneuse »). La police arrive. Mme Nozière respire encore, son mari est mort. Au début, les policiers pensent à un suicide. Mais devant l’absence d’émotion de Violette, ils restent dubitatifs.

Le lendemain, à l’hôpital, Mme Nozière dit au commissaire Gueudet  qu’elle ne se souvient de rien, sinon d’avoir avalé des sachets de poudre blanche donnés par le médecin qui soignait leur fille (« celui de Violette était marqué d’une croix au crayon » dit-elle). Le commissaire convoque Violette pour le lendemain cinq heures. Elle ne vient pas. Un mandat d’arrêt est délivré par le parquet de la Seine. Le brigadier, Gripois enquête auprès de ses amis du quartier latin. Elle leur a paru normale, même gaie. On l’a vue chez un coiffeur, une manucure…elle « drague » un jeune homme : André de Pinguet à qui elle donne un nom d’emprunt, mais, il la reconnaît : « Vous ressemblez étonnamment à cette criminelle qu’on recherche » Elle lui parle d’un héritage qu’elle doit faire (165.000 francs à sa majorité). « Çà sera la bonne vie » lui dit-elle. Doutant de plus en plus, Pinguet la dénonce. Au prochain rendez-vous, près de la Tour Eiffel, la police est là. Elle a 18 ans.

le 11 octobre 1934, s’ouvre son procès ,  devant les assises de la Seine. Violette est condamnée à la peine de mort. Les femmes n’étant plus guillotinées, la peine sera commuée en 20 ans de travaux forcés.

Le 6 août 1942, le maréchal Pétain accorde une remise de peine à Violette, celle-ci est ramenée à 12 ans de réclusion. Au mois de décembre 1945, elle épouse Pierre Garnier à Neuvy sur Loire en présence de sa mère. Entre temps, le Général de Gaulle avait annulé la peine de vingt ans d’interdiction de séjour. Germaine Nozière vit avec eux. Ils ont cinq enfants ; le bonheur est enfin au rendez-vous pour Violette ; Il sera de courte durée : Pierre meurt en 1960.

Le 18 mars 1963,  la cour de Rouen prononce sa réhabilitation. C’est une mesure exceptionnelle sur le plan judiciaire. Violette meurt en 1966. Elle a 51 ans

Le « mythe » Violette Nozière

Anonyme. Violette Nozière, Noël, 1932 ( vente Drouot )

Anonyme. Violette Nozière, Noël, 1932 ( vente Drouot )

Il est né avant la condamnation. Dès le crime connu, la presse s’est emparée de l’affaire, au point de faire passer en second plan une situation nationale et internationale plutôt violente : La montée progressive du nazisme, les morts de Paul Doumer, d’Alexandre de Yougoslavie, de L. Barthou. La situation politique intérieure avec l’affrontement entre l’extrême droite et les « anarchistes », les problèmes économiques et sociaux. L’instruction du procès de Violette Nozière fait toujours la « une ». Les « surréalistes » trouvent dans ce crime l’occasion de fustiger cette société bourgeoise qui vit dans le conformisme et l’étroitesse d’esprit. Violette incarne cette révolte, pour eux, elle est une victime.

En octobre 1933 : Dans « la « revue anarchiste » sous le nom de Bardamu , Louis-Ferdinand Céline écrit : « Au demeurant, de quoi se plaint-on ?…Nozière est sous terre et Violette est en taule…Deux victimes du milieu social, et l’on danse autour : « la danse macabre. ».  Céline dira aussi que l’exiguïté des logements citadins favorise la fornication et l’inceste. En novembre 1933, la même revue écrit : « L’inceste est un mot dont on s’effraie, c’est une pratique courante, j’admire les cheminots qui ne croient pas Nozière capable d’avoir troussé sa fille parce qu’il était un bon mécanicien. »

Anonyme -Violette Nozière lors d'une soirée intime pour la fête de Noël, collection Romi

Anonyme -Violette Nozière lors d’une soirée intime pour la fête de Noël, collection Romi

Le 1er décembre 1933, les surréalistes montent au créneau.

André Breton, René Char, Paul Eluard, Maurice Henry, Salvador Dali, Max Ernst, Magritte….poètes et peintres mélangés éditent une plaquette en faveur de Violette, intitulée « Violette Nozière ».  Ce recueil est édité en Belgique pour éviter les poursuites. On retrouve la même sympathie pour Violette que celle qu’ils avaient éprouvée pour les sœurs « Papin » (qui avaient un peu avant, massacré leur patronne.).

[ Vous pouvez trouvez un   Article très intéressant  sur André Breton et le grand fait divers, ICI, sur le site melusine- surrealisme.fr, écrit par Henri Béhar.].

Ils n’oublient pas que le jury est composé d’hommes et que le sujet de l’inceste est un sujet tabou dans cette société où le « mâle » est roi. L’accusation d’inceste envers son père. « Elle a touché là à un problème crucial » (Préface de José Pierre – 11 sept 1991, lors de la re-édition de la plaquette).»  Texte de  Simone Zoummeroff

« Cette affaire judiciaire restée fameuse affiche d’emblée le visage de l’intemporel et du mythe. Que ce soit sous la plume de Guy Rosey, évoquant « le bras d’Œdipe toujours vert le long des siècles », d’André Breton, disant de Violette Nozière qu’elle est « mythologique jusqu’au bout des ongles », ou de Paul Eluard, dans le fameux décasyllabe qui clôt son poème sur « l’affreux nœud de serpent des liens du sang », en référence aux Choéphores d’Eschyle, le recueil que les surréalistes ont consacré à Violette Nozière souligne la densité symbolique de l’affaire

À cet égard, la parole des artistes rejoint le discours des journalistes qui ont déroulé, d’article en article, les actes d’une tragédie familiale placée sous les auspices d’Eschyle et de Sophocle. C’est que dans cette affaire judiciaire se trouvent noués le parricide et l’inceste, soit la transgression de deux tabous fondamentaux, étroitement liés l’un à l’autre, qui fondent la filiation et le lien social, conformément aux analyses célèbres de Freud. »  by Anne-Emmanuelle Demartini Revue d’histoire moderne et contemporaine 2009/4 (n° 56-4) Éditeur Belin

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Le 19 JUILLET 2015 AJOUT à l’attention de DANTEBEA

ET UNE FOIS DE PLUS! LA VISITE DE LA BLOGUEUSE QUI ENNUIE BON NOMBRE DE PERSONNES ICI Sur Tumblr Sur Facebook ET QUI CLIQUE SUR MES HYPERS LIENS ET QUI PENSE QUE JE NE SAIS PAS D’OÙ ELLE SE CONNECTE  ( si je sais , la planisphère , en bas me sert à cela) ET QUI PILLE TOUT  ET JE RETROUVE MES ARTICLES SUR SES BLOGS, AVEC DE SURCROÎT DES INFORMATIONS ERRONÉES COMME À SON HABITUDE. je cite  »  Violette Nozières [sic]. Bruxelles, Éditions Nicolas Flamel, [1933] », même pas foutu de lire le texte en dessous qui précise  Tampon Archive Oriol ( pour TA gouverne, c’est un photographe!!!!)   Un livre publié en 1933 ne signifie pas qu’une photographie a été prise en 1933, surtout quand les articles de presses postés ici, où les photos vendues chez drouot sont authentifiées en 1932, et que de surcroit, son procès commence mi 1933 !!!! 

Je collerais son hyper lien qu’elle m’a piqué ( pour une fois qu’elle en met un! Mettons un cierge!)/ enfin c’est moi qui le lui ai fourni, mais çà elle s’en contre fout. C’est absolument pathétique.

Arrête de m’emmerder vraiment la béatrice sortie de Danté et qui se prend pour l’héroïne du livre, (c’est Digne d’une étude de cas de Freud!).

Je te réserve un article: Avec toutes les âneries que tu écris et tous les blogs que tu voles,  pilles. Tu vois Tu me suis à la trace. Je vais te démontrer que tu es bien loin derrière moi, et que ta culture est nulle.( je viens dejà de le faire rien qu’avec cela).  je montrerai  tes excuses bidons sur les blogs que tu voles. Revisites bien tes articles,  car tu as volé des blogs ( KIKI, Rodin, Lee Miller) revisites tes archives OUI !!!! et je vais le démontrer. Je vais poster comment tu m’insultais sur une page publique et comment tu vas pleurer chez des blogs que je préviens que tu pilles en disant que c’est moi qui t’insulte ( moi je ne fais que me défendre face à une malade). Je vais te faire lire les mails de personnes qui m’écrivent et que tu persécutes,  des mails provenant de personnes sur fb et tumblr, où je ne vais même plus car je ne peux pas bouger le petit doigt sans que tu copies lamentablement. Tu cesseras de nous emmerder et crois moi cela va arriver plus vite que tu ne crois, nous seront enfin débarrassé de toi.

http://www.bibliorare.com/products/noziere-violette-nozieres-sic-bruxelles-editions-nicolas-flamel

Marcel G. Lefrancq (1916-1974)

Marcel G. Lefrancq est un nom peu connu du surréalisme Belge et pourtant, il compte a son actif bon nombre de collages et de photographies ainsi que quelques objets témoins de ce mouvement en Belgique.

En 1939, il compta parmi les membres fondateurs du Groupe surréaliste en Hainaut. La même année, il est engagé comme photographe par l’IRPA, pour procéder à l’inventaire des oeuvres d’art risquant d’être détruites par la guerre qui s’annonce. En 1940, il publie à deux reprises des clichés dans L’invention collective, la revue belge dirigée par René Magritte ( voir les autres articles sur lui Ici) et Raoul Ubac ( voir les autres articles sur lui Ici), avec qui il est ami, puis il entre dans la résistance.

Après la dissolution du Groupe surréaliste en Hainaut, il participe à la création du groupe Haute Nuit, en 1947. Deux ans plus tard, Dotremont lui écrit pour proposer un rapprochement entre Haute Nuit et Cobra. C’est dans cet esprit que Lefrancq collabore aux numéros 2 et 6 de la celèbre revue  Cobra.

La majeure partie de son oeuvre photographique est moins surréalistes ( les thématiques font plus penser à Brassaï, par exemple)  mais ses collages ou objets, le restent. je vous propose quelques collages et photographies vous pouvez les retrouver sur le site que son fils à créer Ici (en petits formats).

Les photographies

à retrouvez pour celles datant d’aavant ou de 1948, dans le livre  « Aux Mains de La Lumière, Images et Poèmes. Introduction by Armand Simon. Mons, France,  Editions de Haute Nuit, 1948

Marcel G. Lefrancq - Heide, 1942

Marcel G. Lefrancq – Heide, 1942

Marcel G. Lefrancq -Sculpture, 1948

Marcel G. Lefrancq -Sculpture, 1948

Marcel G. Lefrancq - Eglogue emblématique, 1967

Marcel G. Lefrancq – Eglogue emblématique, 1967

Marcel G. Lefrancq -Etude de forme 1, 1939

Marcel G. Lefrancq -Etude de forme 1, 1939

Marcel G. Lefrancq – Nu à la dentelle, 1955

Marcel G. Lefrancq – Nu à la dentelle, 1955

Marcel G. Lefrancq -L'actuelle, 1947

Marcel G. Lefrancq -L’actuelle, 1947

Marcel G. Lefrancq -sans titre (avant 1945)

Marcel G. Lefrancq -sans titre (avant 1945)

Marcel G. Lefrancq -sans titre, Nd

Marcel G. Lefrancq -sans titre, Nd

Marcel G. Lefrancq -La sieste, 1942

Marcel G. Lefrancq -La sieste, 1942

Marcel G. Lefrancq - Sans Titre, 1972

Marcel G. Lefrancq – Sans Titre, 1972

Marcel G. Lefrancq - Portrait d’Akarova, 1938 Photomontage Akarova et le masque du diable dans l’histoire du soldat (Stravinsky) 1935

Marcel G. Lefrancq – Portrait d’Akarova, 1938 Photomontage Akarova et le masque du diable dans l’histoire du soldat (Stravinsky) 1935

Marcel G. Lefrancq - La Venus des Ténèbres, 1949

Marcel G. Lefrancq – La Venus des Ténèbres, 1949

Marcel G. Lefrancq - Haunted eyes, 1947

Marcel G. Lefrancq – Haunted eyes, 1947

Marcel G. Lefrancq -le regne vegetal 1938

Marcel G. Lefrancq -le regne vegetal 1938

Marcel G. Lefrancq -Endless Repetition, 1948

Marcel G. Lefrancq -Endless Repetition, 1948

Marcel-G. Lefrancq -Étude de forme V, 1948(AUX MAINS DE LA LUMIÈRE. IMAGES ET POÈMES présentés par Armand SIMON. Mons (Belgique), Éditions de Haute nuit, 1948)

Marcel-G. Lefrancq -Étude de forme V, 1948(AUX MAINS DE LA LUMIÈRE. IMAGES ET POÈMES présentés par Armand SIMON. Mons (Belgique), Éditions de Haute nuit, 1948)

Marcel G. Lefrancq - l'ennemi, 1948

Marcel G. Lefrancq – l’ennemi, 1948

Marcel G. Lefrancq - Eloge du carnage, 1948

Marcel G. Lefrancq – Eloge du carnage, 1948

Marcel G. Lefrancq - Elue, 1945 (2)

Marcel G. Lefrancq – Elue, 1945

Marcel G. Lefrancq - La Loi de la Coincidences , 1948 from AUX MAINS DE LA LUMIÈRE. IMAGES ET POÈMES présentés par Armand SIMON. Mons (Belgique), Éditions de Haute nuit, 1948 (2)

Marcel G. Lefrancq – La Loi de la Coincidences , 1948 from AUX MAINS DE LA LUMIÈRE. IMAGES ET POÈMES présentés par Armand SIMON. Mons (Belgique), Éditions de Haute nuit, 1948

Marcel G. Lefrancq - Méréorite ,1940

Marcel G. Lefrancq – Méréorite ,1940

Marcel G. Lefrancq -L'objectivité scientifique , 1948

Marcel G. Lefrancq -L’objectivité scientifique , 1948

Marcel-G. Lefrancq -Parc de Mons la nuit, 1938

Marcel-G. Lefrancq -Parc de Mons la nuit, 1938

Les Collages

Marcel G. Lefrancq - Les onze mois de la bonne année 1939 - 1945 1 (2)

Marcel G. Lefrancq – Les onze mois de la bonne année 1939 – 1945

Marcel G. Lefrancq - Les onze mois de la bonne année 1939 - 1945 1 (2)

Marcel G. Lefrancq – Les onze mois de la bonne année 1939 – 1945

Marcel G. Lefrancq - Les onze mois de la bonne année 1939 - 1945 (2)

Marcel G. Lefrancq – Les onze mois de la bonne année 1939 – 1945

Marcel G. Lefrancq - Visage from Les onze mois de la bonne année 1939 - 1945 1

Marcel G. Lefrancq – Visage from Les onze mois de la bonne année 1939 – 1945

Marcel G. Lefrancq - Collage,from Les onze mois de la bonne année 1939 - 1945

Marcel G. Lefrancq – Collage,from Les onze mois de la bonne année 1939 – 1945

Marcel G. Lefrancq - Collage, from Les onze mois de la bonne année 1939 - 1945

Marcel G. Lefrancq – Collage, from Les onze mois de la bonne année 1939 – 1945

Marcel G. Lefrancq - Qui dort dîne, 1938

Marcel G. Lefrancq – Qui dort dîne, 1938

Marcel G. Lefrancq -Le Saint Esprit, 05.05.1938

Marcel G. Lefrancq -Le Saint Esprit, 05.05.1938

Marcel G. Lefrancq-Les secours de la religion, 06.05.1938

Marcel G. Lefrancq-Les secours de la religion, 06.05.1938

Marcel G. Lefrancq - Nécessité du retour à la terre ,1938

Marcel G. Lefrancq – Nécessité du retour à la terre ,1938

Marcel G. Lefrancq - L’oeuf de l’aigle, 1938

Marcel G. Lefrancq – L’oeuf de l’aigle, 1938

Marcel G. Lefrancq - circeo,1939

Marcel G. Lefrancq – circeo,1939

Marcel G. Lefrancq - sans titre, 05.06.1939

Marcel G. Lefrancq – sans titre, 05.06.1939

Marcel G Lefrancq -Initiation ou lettre ouverte à Monseigneur, 1939

Marcel G Lefrancq -Initiation ou lettre ouverte à Monseigneur, 1939

Marcel G. Lefrancq - La dialectique 1945

Marcel G. Lefrancq – La dialectique 1945

Marcel G. Lefrancq - La Chute de l’Empire d’Orient, 1947

Marcel G. Lefrancq – La Chute de l’Empire d’Orient, 1947

Karel Teige

Né à Prague en décembre 1900, Karel Teige était un éditeur et graphiste ainsi que la figure majeure du mouvement d’avant-garde tchèque « Devětsil », mouvement qui utilisait de nouvelles formes telles que le « poème pictural ». La vision de Teige, que l’art doit devenir la vie et l’art doit être fait par tout le monde, est encapsulé dans son travail de collagiste. Pourtant à son époque  il était reconnu pour son identité en tant que théoricien, éditeur et typographe, et non comme un créatif.

Dans les années 20 Teige   a voyagé  dans de nombreux pays en Europe et s’est rapproché des surréalistes et des avants- gardistes en toutes formes de l’époque  ( voir cet article) . Les influences d’artistes comme René Magritte, Max Ernst et Man Ray (et les surréalistes internationaux) sont très présentes dans ces collages personnels, qu’il débutera dans la fin des années 30, une fois évincé de la vie artistique et théoricienne Russe. Ayant « absorbé » les stratégies du mouvement moderne au cours de ses voyages puis en les ayant diffusés via ReD et son travail d’éditeur, il va les mettre en application dans sa propre œuvre. Ce n’est qu’après  le procès de Moscou (de Staline) en 1936, au cours duquel de nombreux  de ses amis furent expulsés du Parti communiste ( lui par contre n’y a jamais adhéré) , qu’il se tournera vers le collage. 

Ils  sont à la fois une expression  lyrique de sa propre subjectivité et également une interprétation visuelle de son idéologie. Teige a produit plus de 300 de ces collages entre les années 1935 et 1951 . L’élément érotique, la nudité la femme , la nature  y  ont une place très  importante. Mais c’est aussi une métaphore visuelle qu’il nous offre là.

Avec des ciseaux et de la colle, il construit une réalité poétique.  Les découpages  photographiques du monde réel sont extraits de leur contexte d’origine et reconstruit dans un paysage de rêve de juxtapositions absurdes.  Il fusionne poétiquement le paysage et la forme féminine dans une image de la fertilité utopique, ( symbole métaphorique de  la nouvelle société dont il a toujours rêvé pour son pays). 

Vojtěch Lahoda a écrit  dans un essai en 1999 que dans  le travail de Teige  : « La nature devient le théâtre d’un paysage composé érotique ,  une sorte de terre mère «  .

Teige développe cette conception du paysage « femme » idéale. 

Le  corps de la femme est démonté et ressuscité sous une forme distillée afin de présenter la quintessence de l’érotisme féminin. Les bras et les seins jaillissent de la terre, des machines, elle fait partie intégrante de l’architecture, s’y intrique. Même si les femmes, ou des morceaux de femmes, constituent la base de toutes ces compositions, la matière du corps féminin n’est pas  le thème réel de son travail, mais plutôt de la matière première, et la grammaire dont Teige fait l’usage afin de partager  ses états  émotionnels ou sa pensée politique et ses désillusions.

Article très complet en Anglais sur Karel Teige  Ici  ( lien en traduction française, c’est approximatif mais on le comprend très bien. Vous pouvez le désactiver si vous le souhaitez)

Source this book Scan de  Karel Teige  Ed° Torst National Museum of Literature, 2001 Pague, 

sur ce blog  :: Plus de Karel Teige

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Karel Teige -Collage# 01, 1935 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige -Collage# 01, 1935 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage# 05 1935

Karel Teige Collage# 05 1935 c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage# 06, 1936 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige – Collage# 06, 1936 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage# 23, 1936 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige – Collage# 23, 1936 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #25, 1936

Karel Teige- Collage #25, 1936 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige, Collage #26, 1936 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige, Collage #26, 1936 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #27, 1936

Karel Teige – Collage #27, 1936 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige, Collage #28, 1938

Karel Teige, Collage #28, 1938(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #31,1937 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #31,1937 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage# 34, 1937 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage# 34, 1937 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage# 36 1937 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage# 36 1937 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 40, 1937

Karel Teige- Collage# 40, 1937

Karel Teige- Collage# 40, 1937 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 40, 1937 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage#45, 1938

Karel Teige-Collage#45, 1938 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige -Collage #46 , 1938

Karel Teige -Collage #46 , 1938 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 47,1938 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 47,1938 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 48 , 1938

Karel Teige-Collage# 48 , 1938 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage# 50, 1937 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage# 50, 1937 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #55, 1938 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige – Collage #55, 1938 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 57 ,1938 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 57 ,1938 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage#63 , 1938 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage#63 , 1938 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige, Collage #68, 1939

Karel Teige, Collage #68, 1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #70,1939

Karel Teige – Collage #70 ,1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage # 70a , Melancholia, 1939. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige – Collage # 70a , Melancholia, 1939. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 73,1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 73,1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage #88, 1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage #88, 1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 94 , 1939

Karel Teige-Collage# 94 , 1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 99, 1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 99, 1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 109 , 1939

Karel Teige-Collage# 109 , 1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 115,1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 115,1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige,- Collage #129, 1940. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige,- Collage #129, 1940. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #138 , 1940

Karel Teige – Collage #138 , 1940 (c) Nachlass Karel Teige (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage#141, 1940.

Karel Teige- Collage#141, 1940. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige, collage 143, 1940. Source: Karel Teige.

Karel Teige, collage 143, 1940. Source: Karel Teige. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage# 145 , 1940 à partir d'une photo de george platt lynes (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage# 145 , 1940 à partir d’une photo de george platt lynes (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage 163, 1940.

Karel Teige- Collage #163, 1940. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage, # 184a ,1939

Karel Teige- Collage, # 184a ,1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #188, 1941(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #188, 1941(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage#189, 1941.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage#189, 1941.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #190, 1941.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #190, 1941.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage untitled, 1941

Karel Teige – Collage untitled, 1941 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 191, 1941

Karel Teige- Collage# 191, 1941 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage # 196, 1941

Karel Teige – Collage # 196, 1941 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage# 198 ,1941 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige – Collage# 198 ,1941 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 205 , 1941

Karel Teige- Collage# 205 , 1941 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 208 , 1941

Karel Teige- Collage# 208 , 1941 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage# 225 ,1942(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige – Collage# 225 ,1942(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage # 226, 1942 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage # 226, 1942 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 228 , 1942

Karel Teige- Collage# 228 , 1942 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage #233, 1942

Karel Teige-Collage #233, 1942 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage #239, 1942

Karel Teige- Collage #239, 1942 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage # 243, 1942

Karel Teige – Collage # 243, 1942 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage #247, 1942 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage #247, 1942 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige -Collage #248,1942 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige -Collage #248,1942 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 249 , 19342

Karel Teige- Collage# 249 , 19342 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #262, 1942.

Karel Teige- Collage #262, 1942. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #286, 1943

Karel Teige – Collage #286, 1943 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage #247, 1942 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage #247, 1942 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage # 271, 1943 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage # 271, 1943 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 288, 1943. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 288, 1943. (c) Nachlass Karel Teige

Karel-Teige-Collage-# 288, 1943.© Museum of Czech Literature c) Nachlass Karel TeigePrague

Karel-Teige-Collage-# 288, 1943.© Museum of Czech Literature c) Nachlass Karel TeigePrague

Karel Teige - Collage #290, 1943 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige – Collage #290, 1943 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #293, 1944 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige – Collage #293, 1944 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige,- Collage# 299, 1944. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige,- Collage# 299, 1944. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 303 , 1945 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 303 , 1945 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 306, 1945. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 306, 1945. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 311,1945(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 311,1945(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 314, 1945. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 314, 1945. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #315, 1946

Karel Teige- Collage #315, 1946 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 317 , 1947 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 317 , 1947 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage # 318, 1946. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage # 318, 1946. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage # 323, 1946(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage # 323, 1946(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #325 , 1947

Karel Teige – Collage #325 , 1947 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige -Collage # 326, 1947 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige -Collage # 326, 1947 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #327, 1947

Karel Teige- Collage #327, 1947 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #336, 1947

Karel Teige – Collage #336, 1947 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 338, 1947.

Karel Teige- Collage# 338, 1947. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- collage # 344, 1948

Karel Teige- Collage # 344, 1948 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #346, 1948. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #346, 1948. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #347, 1948. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #347, 1948.
(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #350, 1948

Karel Teige – Collage #350, 1948 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige, collage 353, 1948.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige, collage 353, 1948.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #355, 1948

Karel Teige – Collage #355, 1948 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage #357, 1948(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage #357, 1948(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 358, 1948. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 358, 1948. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige, collage 361, 1948. Source: Karel Teige.

Karel Teige- Collage# 361, 1948. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #365, 1949.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #365, 1949.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #366, 1949

Karel Teige- Collage #366, 1949 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 371, 1951.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 371, 1951.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 373, 1951.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 373, 1951.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 374, 1951(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 374, 1951(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #374, 1951 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige – Collage #374, 1951 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-SCAN

Karel Teige-SCAN Karel Teige  Ed° Torst National Museum of Literature, 2001 Pague,

Karel Teige-SCAN

Karel Teige-SCAN Karel Teige  Ed° Torst National Museum of Literature, 2001 Pague,

Karel Teige-SCAN

Karel Teige-SCAN Karel Teige  Ed° Torst National Museum of Literature, 2001 Pague,

Karel Teige-SCAN

Karel Teige-SCAN  Karel Teige  Ed° Torst National Museum of Literature, 2001 Pague,

Karel Teige-SCAN

Karel Teige-SCAN Karel Teige  Ed° Torst National Museum of Literature, 2001 Pague,

Karel Teige-SCAN

Karel Teige-SCAN Karel Teige  Ed° Torst National Museum of Literature, 2001 Pague,

Sur ce Blog D’autres Collages complétant ces derniers Ici 

Et aussi Tous les articles sur Karel teige et notament  Karel Teige et son Magazine ReD ( 1927-31)

 sur le net Plus Ici

Claude CAHUN & Marcel MOORE Aveux non avenus. (Unavowed confessions). Paris, Editions du Carrefour, 1930

Je reposte les articles que l’adagp a fait supprimer sur dénonciation . Mais heureusement une SAUVEGARDE par archiche.org  fût realisée  ICI : Publié par Kate03/10/2012

 

Je remercie vivement  Andrea Oberhuber qui cite mon article et prend la peine d’ajouter l’hyperlien qui renvoyait à l’article à l’époque, page 5 dans sa recherche « Projets photolittéraires et modes de lecture de l’objet livre dans les années trente » , [format pdf ]

 

Les Aveux non avenus est un livre magistral et méconnu, un vaste poème en prose dans lequel il faut se perdre, comme on peut se perdre dans Une saison en enfer de Rimbaud. Élaboré en une dizaine d’années,(entre 1919 et 1929), « Aveux non avenus » est le livre majeur de Claude Cahun, poète, photographe et plasticienne surréaliste. Il s’agit de sa grande entreprise autobiographique qui met en jeu l’aventure inquiétante de vivre et la quête d’images diffractées de l’insaisissable identité. Organisé en courtes séquences cinématographiques, photographiques, le texte est un savant enregistrement et montage de fragments de moments vécus, de récits de rêves, de lettres, de fragments de journal intime, de morceaux de prose polémique, de considérations introspectives, spéculatives, de contes et de poèmes. Souvent réalisés à partir de ses autoportraits, les photomontages sont des constructions oniriques à la très grande force plastique. Ici, un œil, des mains ; là, une effusion de visages, des jeux de miroirs, des labyrinthes visuels infinis.

Cahun est l’artiste fascinante qui explora toutes les limites des genres – sexuel, grammatical, littéraire, idéologique – avec une audace exemplaire et largement anticipatrice. Elle est l’alter ego féminin de Duchamp. Rappelons que Claude Cahun est l’auteur d’une œuvre photographique extrêmement novatrice dans laquelle, dès les années 1930, elle explore la question du miroir et du double, la mise en scène de soi, le travestissement, la mas­carade dans une quête narcissique revendiquée et l’affirmation d’une liberté (notamment sexuelle) sans limite, annonçant l’œuvre de Pierre Molinier, mais aussi celles d’Urs Lüthi ou de Cindy Sherman, pour ne citer qu’eux.

Publié en 1930 aux Éditions du Carrefour, avec une préface de Pierre Mac Orlan, Aveux non avenus est un livre-objet. La maquette et les illustrations – dix magnifiques héliogravures, qui sont des chefs-d’œuvre du photomontage surréaliste – ont été réalisées par Claude Cahun en collaboration avec sa compagne, Suzanne Malherbe.

Claude Cahun and Marcel Moore, Photomontage for frontispiece for Aveux non avenus (unavowed confessions), 1919-1929

 

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche II, 1919-1929

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche II, 1919-1929

 

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche III, 1919-1929

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche III, photomontage , 1919-1929

« Tu t’es ému de quelques-unes de mes folies ( parfois des plus futiles), et cela au hasard, sans grand discernement.
Tu m’as reproché de m’être levée au milieu de la nuit pour regarder passer un train ( oui, comme les vaches!) probablement quelconque mais que je chargeais d’une présence chère… Tu as incriminé des regards (que toi seul as su voir), je ne sais quels contacts, et mon idolâtrie (ça, c’est la vengeance divine), et mon exagération verbale (honteuse, littéraire). Je la reconnais d’ailleurs, je te donne raison; mais j’ai l’ambition de vivre soumise à d’autres vérités que la vérité littérale. Simple accumulateur qui prend l’électricité nécessaire n’importe où il y a du courant -voilà ce que je suis. Voilà ce qu’il faut être. Mes passions me sont merveilleusement indifférentes (interchangeables selon la meilleure occasion, pour ainsi dire à volonté). Leur résultat prodigieux sur mon âme m’intéresse par-delà tout scrupule. »

Claude Cahun, Aveux non avenus

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche IV , 1919-1929

 

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche IV , 1919-1929

 

« Dans la nuit noire. En attendant de voir clair, je veux me traquer, me débattre […]. Je ne voudrais coudre, piquer, tuer qu’avec l’extrême pointe. Le reste du corps, la suite, quelle perte de temps ! Ne voyager qu’à la proue de moi-même. »

Claude Cahun, Aveux non avenus

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche V , 1919-1929

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche VI, 1919-1929

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche VI,1919-1929

« Je sens comme si je les voyais, mes cuisses maigrir d’une sueur de fièvre, douche parfois brulante, parfois glacée, toujours inattendue. Mes genoux vidés, les os dissous, vêtu d’un parchemin lucide, se gonflent, flottante vessies de porc. Mon cœur alenti sonne un glas funèbre, puis bat bruyamment comme un tocsin. Il devient mobile, se promène dans mon ventre, y éclate en coliques profondes. À chaque secousse, une conscience tombe, pulvérisée. Peu à peu, je m’allège. Bref répit ! Mon cœur se gonfle outrageusement et s’emplit d’hydrogène. Gros ballon rouge et bleu, il monte au bout d’un fil.
À l’autre bout, c’est une guêpe enfermée, qui frappe à coups venimeux aux parois de ma poitrine. Si je l’aidais à sortir ? Et mes ongles sans hésiter pratiqueraient un jour qui guide l’échappée de ce cœur s’il ne faisait dehors désespérément noir.
Ô nocturne sans issue qui se joue dans les cercles de la nuit musicale, infernal serpent qui s’est décapité en avalant sa queue, bracelet aux sept chaînes hermétiques…
Le ballon rouge et bleu est très fort : il me soulève de mon lit, fasciné. Je sens la fatigue d’une lévitation dont je serais le médium, et les affres d’un spectateur qui croirait au danger. Une sorte de jouissance vague me balance ; et – me rappelant l’abîme du sommeil, vertige souterrain qu’interrompt la secousse périodique, rude comme une chute – je répète obscurément :
J’aime encore mieux monter que descendre. Ca ira bien – jusqu’au plafond. »

 

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche VII, 1919-1929

« Une feuille de verre. Où mettrai-je le tain ? En deça, au delà ; devant ou derrière la vitre ?

Devant je m’emprisonne. Je m’aveugle. Que m’importe, passant, de te tendre un miroir où tu te reconnaisses, fût-ce un miroir déformant et signé de ma main ? […]

Derrière. Je m’enferme également. Je ne saurai rien du dehors.

Laisser la vitre claire, et selon les hasards et les heures voir confusément, partiellement, tantôt les fugitifs et tantôt mon regard. Réciprocité parfaite. »

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche VIII, 1919-1929

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche VIII, 1919-1929

« Je suis dans le poing et dans la plaie ; je me reconnais ici, là et partout. »

« Un nouveau verbe, un nouvel objet – et le même sujet. Toujours le même enchaînement de plaintes »

« Signalement :
Front moyen
Yeux moyens
Intelligence moyenne
Sensibilité peu marquée
Oreilles grandes
Lèvres mobiles, langue souple
Mains prestes, mains de jongleur — pour l’Olympia ou le vol à la tire

Signe particulier : une ligne de vie faisant le tour du pouce. »

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche IX , 1919-1929

« Distribuer le gâteau en retranchant ma part. Si un cube n’entre pas dans ma construction, je le supprime. Un à un je les retire tous […].

Je me fais raser les cheveux, arracher les dents, les seins – tout ce qui gêne ou impatiente mon regard – l’estomac, les ovaires, le cerveau conscient et enkysté. Quand je n’aurai plus qu’une carte en main, qu’un battement de cœur à noter, mais à la perfection, bien sûr je gagnerai la partie. » Aveux non avenus

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche X , 1919-1929

« Tu t’es ému de quelques-unes de mes folies ( parfois des plus futiles), et cela au hasard, sans grand discernement.
Tu m’as reproché de m’être levée au milieu de la nuit pour regarder passer un train ( oui, comme les vaches!) probablement quelconque mais que je chargeais d’une présence chère… Tu as incriminé des regards (que toi seul as su voir), je ne sais quels contacts, et mon idolâtrie (ça, c’est la vengeance divine), et mon exagération verbale (honteuse, littéraire). Je la reconnais d’ailleurs, je te donne raison; mais j’ai l’ambition de vivre soumise à d’autres vérités que la vérité littérale. Simple accumulateur qui prend l’électricité nécessaire n’importe où il y a du courant -voilà ce que je suis. Voilà ce qu’il faut être. Mes passions me sont merveilleusement indifférentes (interchangeables selon la meilleure occasion, pour ainsi dire à volonté).

 

Claude Cahun et Marcel Moore, Aveux non avenus. (Unavowed confessions), Paris, Editions du Carrefour, 1929-1930. with text and 10 photogravures.( preface Pierre Mac Orlan) // scanned Book.

Écrivain, photographe et militante associée surréalistes de gauche en France dans les années 1930, Claude Cahun est le pseudonyme de Lucy Schwob. En collaboration avec sa compagne  Suzanne Malherbe, qui adopta le nom de Marcel Moore, Cahun réalise des œuvres écrites, sculptures et collages qui explorent souvent l’identité de genre.

L’Essai autobiographique de Cahun, Aveux non avenus [inavouées confessions], a été publié à Paris en 1930, est le travail d’art original fait par Cahun et Moore  qui a duré de 1919à 1929 .

Cahun apparaît sous les formes énigmatiques, en jouant des personnages différents à l’aide de masques et miroirs et mettant en vedette androgyne rasée ou cheveux coupé, comme peut être vu dans les vues multiples d’elle sur le côté inférieur gauche de ce collage. L’image comprend également des symboles constitués par les femmes de se représenter eux-mêmes — le œil pour Moore, l’artiste et la bouche pour Cahun, l’écrivain et acteur. Considérant que la majorité des surréalistes était des hommes, dont les images femmes apparaissent comme des objets érotiques, autoportraits androgynes de Cahun explorent identité féminine, telle que construite, aux multiples facettes et en fin de compte comme ayant une absence nihiliste au cœur. Cahun écrit: « sous ce masque, un autre masque. Je ne serai jamais fini de soulever tous ces visages. »

 

 

André Breton & Pierre Molinier – Catalogue de l’exposition à L’Etoile Scellée, Paris, du 27 janvier au 17 février 1956.

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André Breton ( texte) , Pierre Molinier (images), catalogue de l’exposition à L’Etoile Scellée, Paris, du 27 janvier au 17 février 1956.

Lee Cluderay (1900-1937)

Lee Cluderay une collagiste  photographe et cinéaste surréaliste peu connue, amie de Breton ( avec qui elle a d’ailleurs eu une liaison). Elle participera à Exposition internationale du surréalisme de 1936 à Londres . Elle reste peu connue du fait de son décès précoce , tuée dans un incendie criminelle déclenché par  sa  » rivale » Tiva Miller ( Lee était la maitresse de son mari) . Ce drame,  non comptant d’ emporter la vie de Lee,  a également emporté la plus grande totalité de son travail collages, photos et films…

Lee Cluderay- A Scottish Memory, collage,  1929

Lee Cluderay- A Scottish Memory, collage, 1929

Lee Cluderay-This may not be for you, 1929,

Lee Cluderay-This may not be for you, 1929

Lee Cluderay- untiltled, 1930

Lee Cluderay- untiltled, 1930

Lee Cluderay- untiltled, 1931

Lee Cluderay- untiltled, 1931

Lee-Cluderay-Alternatives, nd, 1930s

Lee-Cluderay-Alternatives, nd, 1930s

Lee-CluderayThat-Afternoon-1931-collage

Lee-CluderayThat-Afternoon-1931-collage

Source ICI

Marcel Mariën – Poèmes et lettres à Jacqueline Nonkels from De Marcel à Jacqueline

Jacqueline Nonkels rencontre Marcel Mariën chez Georgette et René Magritte avec qui elle sera amie tout au long de sa vie. Mariën quant à lui sera tout autant proche de Magrite, et ce n’est que tout logiquement ils font connaissance grâce au couple.La séduction exercée par la jeune fille sur le Benjamin du groupe surréaliste (il a 17 ans et elle en a 4 de plus), se traduisit aussitôt par une intense correspondance, où la délicatesse du soupirant le dispute à sa ferveur. Si la passion n’est pas réciproque, elle est féconde. Entre décembre 1937 et août 1938, le jeune prétendant adressa à la jeune femme trente-cinq lettres et cartes postales accompagnées de collages et poèmes. Ils comptent parmi les premiers d’une longue production d’oeuvres érotiques, pimentées d’humour, dont cet amour de jeunesse constitue en quelque sorte le creuset. La destinataire en était consciente, c’est pourquoi elle souhaita voir ces lettres publiées après sa mort, comme un hommage posthume à celui dont elle avait été la première muse (Marc Quaghebeur, Véronique Jago-Antoine, Les lettres du désir, AML, 2012.)

Certaine de ces planches sont conservée au Musée du parimoine Belge et elle son publiée dans  Jacqueline Nonkels « Magritte, Mariën, mes complicités » ed° La Fondation Roi Baudouin ,2008. Le souhait ultime de Jacqueline était « l’édition d’un recueil publiant la correspondance et les collages de Marcel Mariën ». Ces 35 lettres, collages et cartes postales lui ont été adressées par Marcel Mariën entre décembre 1937 et août 1938. Ils forment un témoignage inattendu et révélateur des débuts de l’un des artistes qui aura marqué le Surréalisme Belge.

Autre article sur Marcel Mariën Ici

René Magritte, Marcel Mariën, Jacqueline Nonkels , 1937-39

René et Georgette Magritte, Marcel Mariën, Jacqueline Nonkels , 1937-39 collection Jacqueline Nonkels Musée du parimoine Belge

Dans le repos fascinateur qui s’instaure dans le cercle grave des
vagues démises, dépliées, reléguées aux vieux et théâtraux accessoires de
bruiteurs, les bouches closes se rencontrent aux embouchures du sourire.
Mille lèvres folles, mille lèvres éprises, mille lèvres voilées, sur l’étagère
des baisers, font l’offrande de leur chair pure et polie, dans une prairie
pas toujours verte si l’on ferme les yeux, dans une nuit pas toujours sans
étoiles, si l’on en distille les fissures. L’alphabet de l’Amour, enseigné avec
les larmes, celles-ci vite effacées, vite taries dans le creux d’un cœur déteint,
puis les murmures d’orgueil sillonnent le désert des corps obscurs, où les
plis font volte-face à toute lumière, où les chevelures chaudes aplanissent
les remous, puis les mains à
à Jacqueline avec toutes mes pensées, les désirs de tendresse
M.
Marcel Mariën- Les touches du silence, poème sans paroles, 1937, collage, ( pour Jacqueline Nonkels his lover)Épilogue inachevable .
Trop de grappes rieuses pendent encore à la treille des visages,
trop de cieux, écarlates sans raison ; mais avant que s’illuminent de
paupières éteintes les torches du silence, avant que des lagunes d’air jouent
parmi les tulles et les soies, avant que les miracles encore à accomplir se
réalisent, les dernière épaves d’yeux enflammeront de toutes parts les
ténèbres, fenêtres mobiles d’un désert sans désirs, satellites inhabités de
leurs compagnes jumelles, les lèvres, qui à tout passant

Marcel Marien - Le parallelogrammes des forces, Décembre 1937A
P
R
L
Le Parallélogramme des Forces.
:- :- :- :- :- :- :- :- :- :- :- :- :- :- :
Quittant leur port d’attache P (Poésie) les droites A et L (Amour-
Liberté) divergent dans des directions inconnues d’elles-mêmes. C’est
leur pré-destin. Mais par la providence de l’unité, il les mène à épouser
leur ombre jumelle. Implicitement, la menace d’un coin n’obtempère
pas avec une telle désinvolture à la submersion des déserts. Il serait
cependant erroné de supposer un quelconque espace entre ces quatre
lignes murales- de pure et froide apparence – où nous avons incarcéré
l’infini. L’espace illimité est en dehors, maîtrisant sans efforts pénibles les
horizons déplaçables. C’est donc dans le centre mitoyen R, dans le Rêve ,
que s’installera la solution de l’impossible. Le parallélogramme des forces
devient de ce fait le parallélogramme des vies, le parallélogramme de la vie,
NOTRE VIE.
Marcel Mariën.
4 décembre 1937

Sans titre3

Ma chère Jacqueline,
Je m’en voudrais de voler ton cœur par effraction. Dans l’espace
passager qui nous désunit, il y a le relief de nos lèvres nues qui cherchent
leur emprise, cette éternité ; il y a les anfractuosités de ciel qui regrettent à
plein poumons la démence des miroirs profonds. Il y a également ce trépied
de feu où l’orage pose ses doigts séniles pour fourvoyer ses partenaires
absents. Ton œil adorable sous l’âme de laquelle j’évolue en losange, dirige
la feuille moite qui se déploie entre tes mains, dans le sens de l’horizon.
Ton œil n’échappe pas à l’infinité martyre et même pour escorter un rêve
ne la perd pas d’une semelle. La nuit traîne son remords de Barbarie sous
les toits du désert. Un œil par doigt et c’est à présent toute une perspective
de sourires aux becs de nuit explorant la voix des déroutes, leur domaine.
Vu de mes propres lèvres, ce qu’on appelle voir ; dans la rue, soudain prise
par les glaces de la peur. Je cherche une sérénité assez durable et forte pour
effacer le sommeil. L’encre ne coule plus à flots, des larmes sympathiques ;
il y a le dégel des plumes qui remue terre et ciel pour retrouver l’artère du
pavé. La larme, au bord du précipice du mouchoir, seule, à l’abandon,
rougit de se trouver nue sous le soleil braqué. Il reste encore de la place
pour toi et moi dans le compartiment des caresses aux portières de légèreté.
Le courroux s’appesantit vite dans les mares de relais. Ma mémoire, d’un
côté, transpercée de part en part de souvenirs cherche en tout endroit,
l’oubli salutaire du mensonge, le fertile diadème des rapprochements, toi,
de l’autre, dans le mystère qui te pare des rayons de la naufrageuse, tu
sers de pâture à l’épidémie d’aurores. Et la pluie de limbes qui perd ses
abris, découvre la foudre indispensable pour la récolte des rossignols et
l’interminable baiser qui attend au port le signal du définitif départ. Les
chercheurs de cœurs emportent dans leur voyage téméraire des sacs de
préoccupations et des provisions de déboires. Peu réussiront . En serai-je ?
Marcel Mariën
21 décembre 1937

Sans titre 1

1937
Chère Jacqueline,
Le monde s’amenuise à mesure qu’on en prend connaissance. La réalité est
tantôt noire tantôt blanche, tantôt les deux ensemble. Certains se complaisent dans des
domaines arides, où la privation tient lieu de bien-être. D’autres préfèrent – comme a dit
Nietzsche – « souffrir et mourir de soif dans le désert plutôt que de boire à la citerne en
compagnie des chameliers malpropres ». La morale – la seule – est conditionnée par une
désobéissance totale à toute loi établie. Mais cette désobéissance ne peut qu’aller de pair
avec une assez grande misère matérielle,une persécution interminable. La foi dans un
ordre nouveau corrobore cependant toute infériorité. J’espère avoir à l’avenir l’opportunité
de pénétrer à même vos pensées pour en épanouir les graines encore latentes. Je ne
sais de vos occupations, de vos préoccupations surtout, que peu de choses. Mais, peut-être
ne doit-il pas être si insurmontable, l’obstacle qui sépare deux êtres, à la recherche
d’une même lumière. Je n’ai vécu, jusqu’à ce jour et d’autres jours, que sous le faix d’une
constante oppression. Vous-même qui n’êtes sans doute pas à l’abri de toute restriction
de liberté, n’attendez qu’un signal, qu’un écho voisins ,mais assez clair pour reconnaître
dans cet écho, ce signal la précursion d’un bonheur accessible. Plus vous lirez, plus vous
vous frayerez un passage à travers un monde inconnu évoluant autour de l’esprit, plus
vous souffrirez de toute parcelle ravie à votre liberté, mais d’autant plus tenaces seront
vos désirs d’évasion, d’autant plus merveilleux le bris de la dernière entrave. Il ne m’est
pas permis, sans me précipiter dans des situations pires, d’agir selon mes voeux. Nos
efforts conjugués doivent réussir. J’ai tant de choses à vous dire, qu’un long silence n’a pu
être qu’un long aveu. Vous m’apparaissez de jour en jour sous la forme d’une nécessité
ineffaçable qui dans mes pas de ténèbres ne peut être que.la flamme du plus pur espoir.
J’ai besoin de souvent vous voir, mais comme hélas cela ne me sera matériellement très
malaisé, je vous demande de bien vouloir accepter par écrit ce contact. Trop rare.
Marcel Marïen
P.S. Pour dimanche prochain je viendrai à Bruxelles et espère vous trouver
au même endroit que précédemment vers 3 h.- 3 h.15. Si cela contrariait vos projets, en
vous servant de la carte-postale ci-incluse, vous serez assez gentille pour m’avertir de vos
dispositions.
Vous pouvez m’atteindre à la Poste Restante également, d’Anvers en spécifiant :
Place Verte.
Mes très sincères affections, en souhaitant la joie de vous rencontrer le plus
souvent possible.
M. M.

Sans titre 4

Chère Jacqueline,

Je ne sais comment m’adresser de la manière la plus
proportionnée à votre grâce évidente. Mon bonheur serait d’être très près
de vous en ce moment, de rendre nos pas inséparables, de conjuguer
nos mains. Qui que vous soyez vous êtes sur la terre, vous ne pouvez
donc totalement différer d’une certaine orientation vers le mystère, d’une
certaine recherche vers le sublime. Vos fréquentations surréalistes si elles
vous ont en partie conduit vers un point de vue d’où la liberté semble
vouloir apparaître, laissez moi tout de même vous aider à percevoir tout le
gigantesque panorama. A ce propos, pour autant que dans un avenir où
j’aurais la joie de plus fructueusement vous rencontrer, où je m’immiscerai
mieux dans le cercle de votre « moi », je tiens ici à mettre en avant quelques
points de repères modestes où abreuver votre pensée.
Le surréalisme – comme vous le savez – n’est pas comparable
à une activité littéraire, artistique quelconque. La volonté initiale, de
« transformer le monde » (Marx) de « changer la vie » (Rimbaud) qui
est la raison d’être prépondérante du surréalisme, a pour canalisation
d’autres voies qu’un jeu domestiqué, qu’un engouement passager ; il se
doit qu’en découle de fortes bases morales, à l’origine même du conflit
qui sépare le monde intérieur individuel (du moi) et le monde extérieur
collectif (du soi), qui oppose la vie et la mort, la veille et le rêve, l’action
et la passivité, la sensation et le sentiment. C’est par le retournement du
concept philosophique idéaliste par lequel la pensée conditionnait l’être ou
la matière, que l’on obtient dans le matérialisme moderne dialectique, la
matière, l’être social et ses dérivés économiques qui déterminent la pensée
et toutes ses formes de représentations, l’art, la philosophie, l’histoire, la
littérature, la poésie.
Le surréalisme qui cherche le mur mitoyen, la conciliation entre les
antagonismes précités,prend note de cette valeur nouvelle aux incalculables
conséquences, qu’instaure le matérialisme marxiste sous l’égide de Karl
Marx et son camarade Frédéric Engels, édifiant leur doctrine d’après les
méthodes préexistantes de Ludwig Feuerbach et avec plus de modifications,
celles de Hegel, tous philosophes allemands du XIXème siècle. L’étude de
Marx et Engels sur l’interprétation du monde se rapporte principalement
à l’évolution de celui-ci selon des lois économiques liées aux conditions
d’existence de l’homme, à ses besoins affectifs ( plus tard au XXème
siècle développés et considérés comme capitaux par Freud, créateur de
la psychanalyse), à la situation géographique de l’homme et aux moyens
auxquels il a recours pour vivre, pour produire ce qu’il nécessite; ainsi se

précise au cours des siècles, par le principe du mouvement, une série de
faits successifs, reliés entre eux sous le nom d’histoire et qui englobe toute
culture, toute civilisation, toute vie sociale, rigoureusement et a priori
déterminées. C’est également un principe certifié que toute rénovation
sociale ou culturelle apporte avec elle, en plus des progrès qu’elle
introduit, des chaînes qui deviendront de plus en plus lourdes, de plus
en plus intolérables et qui se briseront lorsque la révolution nouvelle sera
mûrie dans l’oppression antérieure elle-même. Il s’en suit une constante
fluctuation des lois qui régissent la collectivité; philosophiquement
aussi les idées du bien et du mal sont impérissables tant que le bien
ne sera pas admis comme synonyme de vrai. Le surréalisme, aidé de la
conception matérialiste du monde et situé au confluent du conscient et
de l’inconscient, continue dans l’empire de l’esprit ce que le marxisme a
édifié dans le monde historique et social, mais sans, loin de là, abandonner
l’idée de la transformation extérieure du monde. Or, c’est parce que cette
transformation ne peut s’effectuer sans un bouleversement primordial de
l’individu, c’est parce que les chaînes des classes sociales ne peuvent être
définitivement écartées sans que le soient d’abord les chaînes du monde
mental, discipliné par la raison, par la censure, mise en lumière par la
doctrine psychanalytique, sur laquelle suit ce exposé, que le surréalisme se
situent électivement à l’intersection de Marx et de Freud.
Il est un ensemble d’événements de notre vie qui peuvent
être vérifiés par la mémoire, nous pouvons plus ou moins aisément en
découvrir les causes, en supporter les suites, cette partie de notre activité,
nous l’appellerons, le monde conscient. Par contre un singulier nombre
de faits, échappe à notre raison directe, nous n’en découvrons point de
causalité logique, comment expliquer même que Baudelaire avant de
mourir disait « ouvrir » pour « entrer » et vice-versa, ou certains oublis,
toutes ces choses qu’on les appelle : erreurs, folies, manies, maladies, tics,
appartiennent à un monde encore à peine exploré, le monde inconscient.
Le lien intermédiaire entre ces deux oppositions, le passage de l’un à
l’autre, est généralement appelé : subconscient . La psychanalyse, en
temps que science n’est rien d’autre qu’un moyen, qu’une méthode, qu’un
système pour interpréter l’inconscient, l’analyser, le mettre à la lueur du
conscient. En temps que manifestation humaine, c’est évidemment passer
de l’inconscient au conscient qui en forme le principal mobile. L’inconscient
a pour principe fondamental que tout y est rigoureusement déterminé.
Toute vie est ainsi soumise à une succession de forces sur lesquelles elle
croit agir par ce qu’elle nomme sa volonté, mais qui n’est au fond qu’une
réalisation d’autres volontés indépendantes, liées à la matière et à ses
désirs. Or, il est des lois majeures, des principes indéniables qui font

agir cet inconscient d’une façon toujours assez répétée, identique. Par ex.
l’instinct de nutrition, apparenté à l’instinct sexuel. La nécessité naturelle
qui pousse l’homme à se nourrir pour apaiser sa faim, trouve une impulsion
analogue dans l’univers sexuel où faute de terme existant, la faim, le désir
sexuel a été appelé « libido ». Mais là où la faim de nutrition est impérieuse
et n’admets qu’un faible délai, aux dépens de la complexion physique
de l’homme, la libido, elle, au cours de la succession formidable des
siècles, par l’inassouvissement graduel de l’appétit sexuel, la continence,
l’ascétisme, a été peu a peu refoulée dans le monde inconscient, au point
qu’au lieu d’être directement satisfaits, nos désirs sont refoulés aux dépens,
non cette fois-ci de notre constitution (encore que toutes maladies relèvent
en grande partie de l’inconscient) mais de notre vie psychique, en un
seul mot de notre bonheur, ou avec moins d’optimisme, de nos chances
de bonheur. La psychanalyse s’ingénie donc à découvrir les traces de
désirs refoulés, à les dévoiler, les analyser, à guérir par leur mise à jour,
nombre de maladies de toutes espèces, mais trop confinée dans la science
particularisée, elle a négligé jusqu’à présent, l’ensemble social, concret de
l’humanité et l’incontestable valeur poétique et libératrice du rêve. C’est là,
qu’interviennent les surréalistes en préconisant, dans toutes leurs formes
bouleversantes de nudité, le déchaînement illimité des désirs, auquel ils
s’appliquent dans toues les branches de l’effort de connaissance humaine
à donner une réalité. La surréalité, c’est-à-dire la nouvelle réalité comprise
entre la réalité pure et le rêve, est donc le passage, non seulement, du rêve,
de l’inconscient à leur épanouissement réel, conscient, mais aussi celui
des choses réelles dans leur état irréel, surréel, auquel aident l’humour,
le hasard, la vie amoureuse, l’inspiration automatique, etc…Mais tout cela
s’enchevêtrent et se démêlent avec tant de consistance que j’ai grand peur
d’avoir omis tant de points capitaux. Il faut m’en excuser, j’espère d’ailleurs,
si cela vous convient, vous écrire d’autres précisions prochainement. Ne
veuillez pas, je vous prie, juger de ceci comme une ambition de professeur,
mais comme une légère lettre d’ami, qui veut vous permettre, dans la
mesure de ses moyens, de voir clair en vous-même et libérer votre vie, par
les voies les moins confuses et les plus aisées possibles.
Je m’arrête ici, et voue, – à celle dont j’ai déjà eu par une fois,
mais dans des circonstances assez floues, l’inexprimable joie que me valut
le contact de ses lèvres -, un baiser passionné et regrettablement distant,
d’une admiration trop pure pour l’effaroucher en quoi que ce soit.
Votre ami affectueux
Marcel Mariën
8-9/1/388

Sans titre 5Sans titre 6

Il y avait, celée dans les engrenages secrets d’une nuit régente
une forêt toute de paix et de silence, qui servait de refuge à des écureuils
d’eau claire, qu’une connaissance égarée des abîmes, jointe à l’incessante
sollicitude des orgueils manutentionnaires broutant l’herbe tendre du vent,
avait conduit à l’instauration de leur sobre plénitude dans cette forêt dont
je parle et dont je n’achèverai pas de si tôt le dénombrement de ses arbres
rompus par le vagabondage des confidences, si j’en augure à l’horloge des
heures torrentielles, où l’on ne peut – sans percevoir étouffé mais distinct, le
passé qui se ravise dans le gîte de l’âme – entendre gémir la minuit, parmi
le clapotis des larmes.
Cette résidence de désirs confus, cette forêt de forêts n’était ni
vaste ni petite, ni large ni exiguë, ni même moyenne quoique l’on puisse
dire. Elle détruisait ses proportions à mesure qu’on les établissait. Or, rien
n’est plus irréel qu’une forêt n’aurait-elle même pour toute enceinte que
les cloisons de cette feuille, alliée bien entendu aux champs fraîchement
labourés de mon cerveau, tout effort déduit. C’est la suprême excuse à
l’infraction des lois, que de considérer les lisières de la forêt, par excellence
celle qui nous préoccupe, forêt interdite entre toutes par raison qualitative,
où se constate l’indiscipline souterraine des racines du bois. De même il
n’est pas tellement abusif de prétendre que cette feuille, modestement
plantée en terre ferme, soit incapable de germer. On a bien vu des oiseaux
s’emparer grain après grain du ciel pour le déménager on ne sait où, sans
aviser quiconque de cette performance à imiter.
Pour la forêt cependant – il est difficile même en prenant la voie
des cieux, de se débarrasser aussi aisément d’une forêt – je sais encore
que tôt dans l’espace sans temps ; ce dernier avait depuis peu prononcé
formellement son abdication ; je sais encore, dis-je, qu’à travers les taches
de firmament qui maculaient la sérénité uniforme et noire comme le plus
pur charbon, de la voûte soutenue par l’amabilité des arbres, des étoiles
rôdaient, clignant parfois de l’œil ou sinon projetant des mots vifs de
leurs lèvres simiesques, qui tombaient alors sur la mousse épilée, qui les
renvoyait comme balle. Chose vraiment curieuse, au lieu de diminuer leur
force d’élasticité en répétant leurs bonds, ces mots, ces balles restaient se
mouvoir ainsi à une respectueuse distance de deux ou trois mètres entre
leur point de redescente et le sol. Depuis l’incommensurable héritage des
années, il va de soi que ces paroles croissantes en quantité, aux prises
avec l’exacte compréhension des phénomènes, ( le parler des étoiles étant
toutefois inné aux poètes) ne laissaient d’autres traces que la confusion
totale de milliers de bruits, faisant régner sur le silence des débuts, une
tutelle lourde et incurvée, le cœur restant de toute cette nuée de murmures,
le seul écouteur intelligent, la seule oreille précise, l’oreille même qui dirige

la caravane du sang.
L’œilse perdra dans les taillis ; les branches qui ne s’écarteront
pas assez vite le déchireront en lambeaux, en éclaboussant un peu partout
des parcelles du regard.
Les lèvres, à elles-deux s’accoupleront pour enfanter un baiser qui
sera mis au monde avec un tel soin de mystère que nul hasard ne le fera
découvrir.
Les seins perdront la tête comme toujours lorsque des mains s’en
approchent à courte distance. Elles garderont leurs, l’oppression délicieuse
de mes caresses. Il y a des outrages qu’il faut accomplir dans une impasse ;
là seul le manque bouleversant d’apprêts décidera de l’orientation
nécessaire que surveillera l’amour aux bracelets de titan.
Aussi, je puis déjà te dire, que tu seras aimée, tel sera le paysage
indicible de la surréalité que tu conquéras pour y mener boire l’arène de
tes joues et de tes jours, tel sera de tout ton corps en feu inconsummable,
l’inexprimable joie, l’inexprimable tiédeur de ta joie, l’Amour.
Marcel Mariën
30 janvier 1938

Sans titre 7

Sans titre8

Sans titre9

Le 8 février 1938
Ma très chère Jacqueline,
Vous me permettrez, si cela ne vous lasse pas trop, de reprendre
ici quelques paragraphes consacrés à l’acheminement du surréalisme, sur
lequel je vous ai déjà offert un préambule assez éprouvé et dont j’espère
croire qu’il ne vous aura pas tellement déplu. Vous excuserez d’éventuelles
répétitions, je n’ai pas en effet garder un très précis souvenir de cette
lettre à laquelle je me rapporte, mais je pense vous avoir seulement
entretenu « grosso modo » des parallèles entre le surréalisme et le
matérialisme marxiste, ainsi que quelques élémentaires considérations
sur la psychanalyse. Je tâcherai de me rendre aussi compréhensif
que possible dans l’exposé qui va suivre et dans lequel j’engloberai
le surréalisme proprement dit. Le mot lui-même « surréalisme » a été
emprunté à Guillaume Apollinaire, mort pendant la guerre, qui l’avait
utilisé comme qualification d’une de ses pièces, notamment « Les
mamelles de Tirésias » ; ce mot n’avait cependant dans les intentions
d’Apollinaire qu’un très fuyant rapport avec celui qu’André Breton et
Philippe Soupault firent valoir comme la désignation d’un moyen suprême
d’inspiration dirigée, expérimenté dans ce sens pour la toute première
fois par eux, dans un recueil intitulé « Les champs magnétiques » et paru
en 1921. Ce n’était pas toutefois, la seule exploration vers cette muraille
de brouillard qui s’interpose entre la pensée et l’expression de celle-ci,
puisque de rares mais suffisants devanciers l’illuminaient de leur nom,
pour la plupart, enfouis dans les ténèbres de l’histoire, les uns méconnus,
les autres calomniés, quand ils n’étaient pas avilis d’éloges, faits dans
l’espoir sournois de les détruire. Parmi eux, Gérard de Nerval, écrivait
aux alentours de la première moitié du XIXè siècle ces phrases , dans
lesquelles se prévoit toute l’essence future du surréalisme : « C’est ainsi
que je m’encourageais à une audacieuse tentative. Je résolus de fixer le
rêve et d’en connaître le secret.
– Pourquoi, me dis-je, ne point enfin forcer ces portes mystiques,
armé de toute ma volonté, et dominer mes sensations au lieu de les
subir ? N’est-il pas possible de dompter cette chimère attrayante et
redoutable, d’imposer une règle à ces esprits des nuits qui se jouent de
notre raison ? Le sommeil occupe le tiers de notre vie. Il est la consolation
des peines de nos journées ou la peine de leurs plaisirs ; mais je n’ai
jamais éprouvé que le mien fut un repos. Après un engourdissement de
quelques minutes, une vie nouvelle commence, affranchie des conditions
du temps et de l’espace et pareille sans doute à celle qui nous attend

après la mort. Qui sait s’il n’existe pas un lien entre ces deux existences et
s’il n’est pas possible à l’âme de le nouer dès à présent ?
Dès ce moment, je m’appliquai à chercher le sens de mes rêves,
et cette inquiétude influa sur mes réflexions de l’état de veille. Je crus
comprendre qu’il existait entre le monde externe et le monde interne
un lien ; que l’inattention ou le désordre d’esprit poussaient seuls les
rapports apparents, – et qu’ainsi s’expliquait la bizarrerie de certains
tableaux, semblables à ces reflets grimaçants d’objets réels qui s’agitent
sur l’eau troublée » Ce lien qui n’est autre que la surréalité omniexistante,
pousse plus de cent années après Nerval, Breton à écrire, ces paroles
si fréquemment citées : « Tout porte à croire qu’il existe un certain point
de l’esprit d’où la vie et la mort, le réel et l’imaginaire, le passé et le
futur, le communicable et l’incommunicable, le haut et le bas cessent
d’être perçus contradictoirement. Or, c’est en vain qu’on chercherait à
l’activité surréaliste un autre mobile que l’espoir de détermination de ce
point. On voit assez par là combien il serait absurde de lui prêter un sens
uniquement destructeur, ou constructeur : le point dont il est question est
‘ a fortiori’ celui ou la construction et la destruction cessent de pouvoir
être Grandie, l’une contre l’autre… »
Et plus haut, Nerval en traitant de ce lien « merveilleux » ne
nous mène-t-il pas déjà très clairement au cœur du dépaysement ? De ce
dépaysement, cette volonté de dépaysement comme il a été dit, qui anime
l’œuvresurréaliste de tous ces temps est par excellence celle dont nous
sommes les contemporains, ce dépaysement qui est le seul effort valable
et qui se manifeste tant par des actes que des poèmes, tant par des
paroles que par des tableaux, tant par des gestes que par des silences,
tant par des sourires que par des larmes. En un mot par la Poésie ,
résidence de notre vie.
III
Je continuerai ailleurs la suite sans fin
…………………………………………..
Je vous remets ci-joint un petit livre sur Picasso et la nouvelle
que je viendrai samedi soir chez Magritte où j’espère ardemment vous
rencontrer.
Pour vous, le meilleur de mes pensées.
Marcel Mariën

Sans titre 10Des yeux purs dans un bois
Cherchent en pleurant la tête habitable
(René Char)
De toutes les fontaines sinueuses qui s’ouvrent nuit comme jour
sous le printemps inaperçu, l’eau chevrotante flâne seule dans les soifs
tortueuses. L’éclair noir trace des chenilles muettes dans l’horizon des
fenêtres. Les accomplissements de joie sont proches. Les rires gambadent
dans le gris, teinté d’émotion. On amène l’étoile en liberté de descente.
C’est la pluie moissonneuse qui sépare en portions de soins la route
indigente des exils de pierre. Les pleurs ferment l’astre des chevelures,
tapi dans l’ombre de l’ombre. Les pas retrouvent la main du maître qui les
caresse, souples, sous l’étoffe de l’abandon, jaillissant sans fin des baisers
d’apprêt, des fruits éprouvés, des terres émaciées par les oiseaux du zénith.
On écoute alors le beau silence en délire qui plie les rumeurs
entre ses doigts de plume. Flocons de gratitude qui descellez les bouquets
de ruelles entre les misères aux fanes perpétuelles, couvrez les moisissures
de vos tristesses confiantes, secouez nettement jusqu’à faire naître dans
les soucis de bouleaux la rade geôlière, les épis lourds du vent, malheur
confidentiel.
J’hésite à tremper le sol d’accrocs dans la mer verbeuse. Qu’au
moins une paupière souffreteuse tache de ses réserves la page mille fois
offerte à la saison compatible.
Charmante main, ne détournez point le regard aigu du nuage
versant d’aplomb ses attirances de douceur sur une table coquettement
mise pour recevoir affamés les tremblements du feu. Charmantes lèvres,
il y a dans un pays vaste comme une douleur, des compagnes solitaires
qui cherchent à contagier leur folie dans la foudre prête à tout, qui
brandissant ses évasions fugaces, vient de trouver sans mon coeur un
palais , aux mille colonnes de flammes, où se réfugient depuis votre venue,
l’incommensurable ciel forestier et la hache des équinoxes.

Sans titre– A quoi penses-tu ?
– A rien.
(Breton-Eluard, L’Immaculée Conception)
A Jacqueline,
Rétrospective
Le cercle des adieux se resserre. Le ciel n’est plus autre chose
qu’un cil qui veille sur tes yeux clos, qui maîtrisent le secret.
Nous marchons… nous marchons jusqu’à nous évanouir et
chacun de nos pas ébranle à l’infini le vieux trésor des pirates et les pépites
gisant en cale humide, tandis qu’aux antipodes un explorateur égaré, à
l’affût d’enfances décrues, relève nos empreintes mouvantes sur un étoc
en diffraction. Mais la vie franchit peu à peu la frontière des étoiles. L’azur
échoue dans tes paumes pour désaltérer la peine, à sa mort culminante.
A fleur d’eau, la caresse vogue périlleuse, émiettant sens et
soupirs ; un parchemin vétuste au fond d’un cœur creux qui flotte sur
l’océan, relate encore leurs destinées sauvages.
C’est le vent qui maintenant prend le haut commandement
des naufrages et contre ses parois essoufflées qui sont geôlières de nos
cheveux, l’indicible est placardé en lettres bleues d’un pied et demi. Tes
veines gracieuses teintent les joues du phare qui tourne, tourne et tourne
à l’aveuglette, sans perdre pied, faisant de la tempête une cible circulaire,
de plus en plus immense à mesure que le phare grandit et que nous
approchons et que l’éclair charpente les aîtres de son corps géant, où
les habitants sont inhumés parmi d’étranges romans de chevalerie dont
chaque folio est un pavé qui dérobe l’océan à l’abîme, la souffrance au
fléau.
L’âme revient au calme plat. Le soleil éteint lentement les
paupières aphones, les paupières se font vivantes à travers nuit, la nuit
repart sur son palanquin effronté et la mer n’est plus blessée que par les
nues dont le reflet écorche sa surface, et elle n’a plus d’autres épaves que
les larmes qu’elle a ravi aux yeux et elle a ouvert ses chagrins à l’aube qui
prend eau toute part.
L’espace déborde.
M.M.
27.2.38

Marcel Marien - deux collages adressés à Jacqueline , 1938

« Le ciel tâte le front du voyageur.
Puis, dans le vent, arrachant les trous par la racine, la
pierre dévale la pente noire du soleil pour s’écraser
dans la vallée qui n’en a jamais vu d’autres.
mes yeux langoureux
sont si bleus
qu’ils sont amoureux
à deux de tes yeux
heureux celui qui peut
de tes yeux de feu
détacher le bleu
de mes yeux
amour à deux
amour de mes yeux
licencieux
comme la flamme du feu bleu
Posant le petit doigt sur la pointe de ton sein,
mon annulaire atteignait la cime de l’arbre et je suivais
avec le majeur le vol de l’aigle à son point culminant,
mon index perforait le soleil tandis qu’à la base des
océans, faisant de sa corpulence un trône, mon pouce
servait de pâture aux poissons des grandes profondeurs »

Marcel Marien - Collage et poème adressé à Jacqueline , 1938J’ai quelques moments à vous dédier, ma chère Jacqueline et je
m’empresse de vous adresser ces quelques mots. Vous pourriez me rendre
tellement heureux si des occasions mieux disposées nous réunissaient
plus fréquemment. Ici, je suis abandonné au rythme hostile des déboires.
Je sais que vous songez de temps à autre à mon existence mécanisée et
prisonnière et c’est déjà un tel réconfort. Chaque fois que je vous ai vu, je
n’ai guère manifesté l’intérêt que je conçois à votre égard, cependant mes
yeux erraient…Ils viendront, ces jours merveilleux qui nous rapprocherons
de nous-mêmes. Vous restez, vous croissez plus belle, malgré tout. Inutile,
n’est-ce pas, de crier, d’étaler vos charmes si jeunes, auxquels j’aurai tantôt,
si vous exaucez mon attente, la grâce de goûter, de m’en rassasier à pleines
lèvres, vous Jacqueline, si nue dans une robe que vous croyez porter et que
les mains de l’amour défont avec une si vive prestesse, si jolie derrière un
abri de tendresse muette, si inconnue malgré les heures partagées, si loin
moi de toi. Nos corps sont encore entre nous, pour paralyser le plein va-et vient
des âmes portées vers l’élan de l’unisson entière ; toute pleine dans
le creux de ma main, tu ne tiens qu’à la vie pour me la donner, cette vie
menue, captive, si irrégulière qu’elle n’a que les courbes imparfaites de la
mienne pour en réfléchir le tracé. Et cette heure dont nous approchons, ma
toute jolie, ne me la retardez pas.
Très doux baisers
Marcel

Marcel Mariën ( 1920-1993)

Posté Par Kate

« Les conséquences de ce qu’on ne fait pas sont les plus graves. »MM

 Marcel Mariën provocateur, libre, libertin, poétique , aimant les aphorismes à en crever,  ne se revendiquant de rien sinon d’une désobéissance viscérale, et se présentant  comme le père fondateur de la « Théorie de l’emmerdement maximal » ( abosulemnt fabuleux, n’est-il pas !!!) . Le faussaire surréaliste belge Marcel Mariën. Ecrivain, poète, essayiste, éditeur, photographe, cinéaste, historien du surréalisme, créateur de collages et d’objets insolites, est né à Anvers. il est La figure du Surréalisme Belge. Je ne vous refais pas sa biographie ni ne vous fais un copier coller de  sa Bio sur wilkipedia, car l’article est très complet et je n’en sais pas plus ce l’auteur

Je me concentre aujourd’hui plutôt sur les photographies qu’il a réalisées dans les années 8à, mais vous présentent quelques collages et extraits de correspondance qui font l’objet d’un autre article. [ correspondances part I correspondance ici. ]

Pour ce qu’il en est de L’Imitation du cinéma [un des seuls films qui puisse être qualifié de surréaliste après Le Chien andalou et L’Age d’or, qualifié de «  film ignoble et infâme « , par La centrale catholique, 1960 à sa sortie] vous trouverez de très bons sites en cherchant sur le net. aujourd’hui ce n’était pas notre propos mais je vous conseille celui- ci  et  je vous conseille le livre L’Imitation du cinéma Histoire d’un film ignoble ,Éd. La Maison d’à côté et vous pouvez le télecharger gratuitement sur les plateformes de télechargements ici par exemple ( c’est pas bien légal… mais)

Ceux qui devraient se regarder un peu le sexe dans un miroir pour voir si Freud mon compagnon de travail leur dit quelque chose… « Oh Miroir mon beau miroir quelle identité ai-je donc? qui suis-je? Est-ce mon sexe et donc mon narcissisme qui est bien le centre du monde? Pourquoi donc tant d’engouement soudain pour des figures dont on avait évoqué l’existence jusqu’à ces derniers jours? pourquoi , oui pourquoi? on reste dans le ton de ce  maître-farceur de premier calibre qu’était Marcel Marïen

Marcel Marien - Le grillon du foyer, 1986

Marcel Marien – Le grillon du foyer, 1986

Marcel Marien - The Renaissance, 1980s

Marcel Marien – The Renaissance, 1980s

Marcel Mariën - La Cathédrale, 1980

Marcel Mariën – La Cathédrale, 1980

Marcel Mariën- La cathedrale, 1983

Marcel Mariën- La cathedrale, 1983

Marcel Mariën-la cathedrale 1983

Marcel Mariën-la cathedrale 1983

Marcel Mariën-La pudeur, 1984

Marcel Mariën-La pudeur, 1984

Marcel Mariën -L'invitation au langage 1991

Marcel Mariën -L’invitation au langage 1991

Marcel Marien - Mirror, Lips and Female Nude,1983

Marcel Marien – Mirror, Lips and Female Nude,1983

Marcel Marien, Le miroir savant,1980

Marcel Marien, Le miroir savant,1980

Marcel Marien -Projet de Crime Plus ou Moins Sadique (More or Less Sadistic Crime Project),1992

Marcel Marien -Projet de Crime Plus ou Moins Sadique (More or Less Sadistic Crime Project),1992

Marcel Marien -Le Rendez-vous (The Appointment) ,1986

Marcel Marien -Le Rendez-vous (The Appointment) ,1986

Marcel Marien -Le fil de la vierge, 1985

Marcel Marien -Le fil de la vierge, 1985

Marcel Marien -Le chant du désert, 1985

Marcel Marien -Le chant du désert, 1985

Marcel Marien - The Self Taught, 1980s

Marcel Marien – The Self Taught, 1980s

Marcel Marien -Les passagères (miroir charme) ,1987

Marcel Marien -Les passagères (miroir charme) ,1987

Marcel Mariën - Le Ressentiment, 1986

Marcel Mariën – Le Ressentiment, 1986

Marcel Mariën -La séparation 1986

Marcel Mariën -La séparation 1986

Marcel Marien -Le tribut ,1985

Marcel Marien -Le tribut ,1985

Marcel Marien - La Madone de Milo 1983

Marcel Marien – La Madone de Milo 1983

Marcel Marien -Le modèle rougissant, 1987

Marcel Marien -Le modèle rougissant, 1987

Marcel Mariën - Le double usage, 1992

Marcel Mariën – Le double usage, 1992

Marcel Marien - Le commencement de la suite, 1991

Marcel Marien – Le commencement de la suite, 1991

Marcel Marien - Hands, 1980s

Marcel Marien – Hands, 1980s

Marcel Marien - Entrer chair et terre 1991

Marcel Marien – Entrer chair et terre 1991

Marcel Marien - Double Underwear 1980s

Marcel Marien – Double Underwear 1980s

Marcel Marien - Underwear on Head 1980s

Marcel Marien – Underwear on Head 1980s

Marcel Marien - The Coarse Tongue, 1983

Marcel Marien – The Coarse Tongue, 1983

Marcel Mariën - La lecture défendue, 1983

Marcel Mariën – La lecture défendue, 1983

Marcel Marien - Alice Devenue Grande (Alice Becomes Large), 1983

Marcel Marien – Alice Devenue Grande (Alice Becomes Large), 1983

Marcel Marien - Haircut, 1980s

Marcel Marien – Haircut, 1980s

Marcel Marien - The Friendly Wood, Female Nude (Double-Exposure), 1980s

Marcel Marien – The Friendly Wood, Female Nude (Double-Exposure), 1980s

Marcel Marien - Charme des malentendu, 1991

Marcel Marien – Charme des malentendu, 1991

Marcel Marien - Untitled (Nude and Mesh)1985

Marcel Marien – Untitled (Nude and Mesh)1985

Marcel Mariën -L'absence de sens 1985

Marcel Mariën -L’absence de sens 1985

Marcel Mariën’-De Sade à Lénine, 1945

Marcel Mariën’-De Sade à Lénine, 1945

Marcel Mariën - La répétition ca. 1937

Marcel Mariën – La répétition ca. 1937

Marcel Marïen - l'eveil ,. 1950s via la FIAC

Marcel Marïen – l’eveil ,. 1950s

Marcel Mariën -Derriere le rideau fin de soleil. 1955.

Marcel Mariën - Les Mots Croises (The Words Cross) 1985

Marcel Mariën – Les Mots Croises (The Words Cross) 1985

Marcel Mariën - Le trait d' union 1986

Marcel Mariën – Le trait d’ union 1986

Marcel Marien -Mademoi (Female Nude on Bicycle),1980s

Marcel Marien -Mademoi (Female Nude on Bicycle),1980s

Marcel Marien - Anch'io son E.L.T. Mesens , 1985

Marcel Marien – Anch’io son E.L.T. Mesens , 1985

Marcel Marien - Muette et aveugle, 1945

Marcel Marien – Muette et aveugle, 1945

Marcel Mariën -L' établi du rêve 1983

Marcel Mariën -L’ établi du rêve 1983

Marcel Marien -Objet bouleversant 1985

Marcel Marien -Objet bouleversant 1985

Marcel Mariën -from Erik Kessels - Paul Kooiker Terribly awesome photo books marecl marien

Marcel Mariën -from Erik Kessels – Paul Kooiker Terribly awesome photo books marecl marien

Marcel Marien -Marcel Marien - L'emmuree,1985

Marcel Marien -Marcel Marien – L’emmuree,1985

Marcel Marien -Mannequin (Multiple exposure),1980

Marcel Marien -Mannequin (Multiple exposure),1980

Marcel Marien -”La Star” Étonnante photo de montage d’une perruque sur un sein., 1985

Marcel Marien -”La Star” Étonnante photo de montage d’une perruque sur un sein., 1985

Marcel Marien - Les proies 1985

Marcel Marien – Les proies 1985

Marcel Mariën -L'Empire d'Othello (The Empire of Othello) 1983

Marcel Mariën -L’Empire d’Othello (The Empire of Othello) 1983

Marcel Mariën -Waste Land 1980s

Marcel Mariën -Waste Land 1980s

Marcel Mariën -The Giantess 1980s

Marcel Mariën -The Giantess 1980s

Marcel Mariën - Le Jeu de l'Amour et du Hasard (The Game of Love and Chance) 1984

Marcel Mariën – Le Jeu de l’Amour et du Hasard (The Game of Love and Chance) 1984

Marcel Mariën -Porte et fracas 1990

Marcel Mariën -Porte et fracas 1990

Marcel Mariën - La Goule 1991

Marcel Mariën – La Goule 1991

Marcel Mariën - The Celestial Works (La mécanique céleste) 1983

Marcel Mariën – The Celestial Works (La mécanique céleste) 1983

Marcel Marien - Le Fruit Defendu (The Forbidden Fruit), 1992

Marcel Marien – Le Fruit Defendu (The Forbidden Fruit), 1992

Marcel Marien -Le monument au fossoyeur inconnu, 1992

Marcel Marien -Le monument au fossoyeur inconnu, 1992

******************************* Les collages *******************************

Marcel Marien - collage accompagnant une lettre à Jacqueline , 30 Janvier 1938

Marcel Marien – collage accompagnant une lettre à Jacqueline La collection Jacqueline Nonkels, 30 Janvier 1938 plus sur cette correspondance ici

Marcel Marien - collage adressé à Jacqueline , 1938

Marcel Marien – collage adressé à Jacqueline , 1938  plus sur cette correspondance ici

Marcel Mariën- Les touches du silence, poème sans paroles, 1937, collage, ( pour Jacqueline Nonkels his lover)

Marcel Mariën- Les touches du silence, poème sans paroles, 1937, collage, ( pour Jacqueline Nonkels his lover)La collection Jacqueline Nonkelsplus sur cette correspondance ici

Marcel Marien - deux collages adressés à Jacqueline , 1938

Marcel Marien – deux collages adressés à Jacqueline , 1938La collection Jacqueline Nonkels plus sur cette correspondance ici

Marcel Marien - Le parallelogrammes des forces, Décembre 1937

Marcel Marien – Le parallelogrammes des forces, Décembre 1937La collection Jacqueline Nonkels plus sur cette correspondance ici

Marcel Marien -42 collages on a copy of André Breton’s Nadja,1938

Marcel Marien -42 collages on a copy of André Breton’s Nadja,1938

Marcel Mariën’s reading of Breton’s famous book has resulted in a fascinating livre détourné. For the collages Mariën has used, among others, newspaper clippings and cut-up illustrations, a pebble, a dried flower and beads under cellophane, a vintage photograph of himself buried in the sand up to his head. Some pages bear traces of burning, two sheets are sewn with red thread, and ‘the reader’ has added several autograph texts and some small drawings. And two tipped-in envelopes, sort of prequels to the ‘mail-art’ of the 1970s. The first letter addressed to « Mr. André Breton / passant / Boulevard Bonne-Nouvelle / à Paris », annotated « déjà passé » and of course returned to sender by the postal service (on June 8, 1938), contains a typed letter of 2 pages in-8 with a schematic drawing, the letter relating in nearly-scientific detail a meeting that has not taken place between writer and addressee, although both were walking on the same side walk in opposite directions. The second letter was addressed to « Mademoiselle Nadja / au Sphinx-Hotel / Boulevard Magenta / Paris » and also returned (on May 2, 1938), Mrs. Nadja being unknown at the hotel. To this date, the second envelope still is unopened, and the mystery complete. But Mariën’s Nadja is a work of art with an open ending, as he has barred the printing information at the end except for the first word, changing it into ‘inachevé’.  .(Source)

Marcel Mariën-Léda , 1958

Marcel Mariën-Léda , 1958

Marcel Marïen - Untitled, Gloire à la chimie du renard pour Léo Dohmen M.M, 3.4.84 , 1984

Marcel Marïen – Untitled, Gloire à la chimie du renard pour Léo Dohmen M.M, 3.4.84 , 1984

Marcel Marien -La Restauratrice , 1987

Marcel Marien -La Restauratrice , 1987

Marcel Marien -La contournée, 1987

Marcel Marien -La contournée, 1987

Marcel Mariën- Connaissance par les trous, 1987

Marcel Mariën- Connaissance par les trous, 1987

Marcel Marien -La Putain r… ,1966

Marcel Marien -La Putain r… ,1966

Marcel Marien - Collage et poème adressé à Jacqueline , 1938 1

Marcel Marien – Collage et poème adressé à Jacqueline , 1938

Marcel Marien - Collage et poème adressé à Jacqueline , 1938

Marcel Marien – Collage et poème adressé à Jacqueline , 1938 plus sur cette correspondance ici

Marcel Marien - lettre à Jacqueline , 27 Fevrier 1938

Marcel Marien – lettre à Jacqueline , 27 Fevrier 1938 plus sur cette correspondance ici

CARTE POSTALE AUTOGRAPHE SIGNÉE ÀANDRÉ BRETON. Bruxelles, 15 février 1946

Carte Postale adressé à André Breton , evoquant l’expostion surréaliste à Bruxelles Bruxelles, 15 février 1946

MARIEN Marcel LES POIDS ET LES MESURES. Bruxelles, Les Auteurs Associés, 1943

MARIEN Marcel LES POIDS ET LES MESURES. Bruxelles, Les Auteurs Associés, 1943

Marcel Marïen -Porno douce, accouplement. collage sur papier peint. 19-11-84

Marcel Marïen -Porno douce, accouplement. collage sur papier peint. 19-11-84

Marcel Mariën -Parlez de soie, 1975

Marcel Mariën -Parlez de soie, 1975

Marcel Mariën- Salon ,lettre collage

Marcel Mariën- Salon ,lettre collage

Marcel Mariën - L’Oubli d’être en Vie, 1967

Marcel Mariën – L’Oubli d’être en Vie, 1967

Marcel Marien -Le mari de la veuve Joyeuse, 1970

Marcel Marien -Le mari de la veuve Joyeuse, 1970

Marcel Mariën- La dynastie de l'homme seul ( in memoriam E.L.T) , 1986

Marcel Mariën- La dynastie de l’homme seul ( in memoriam E.L.T) , 1986

Marcel Mariën- Le rubis de l'espérance, 1972 ( pour l'exposition les 4 verités du surréalisme, 1972) gazette drout

Marcel Mariën- Le rubis de l’espérance, 1972 ( pour l’exposition les 4 verités du surréalisme, 1972) gazette drout

Marcel Mariën - Sculpture Friends 1974

Marcel Mariën – Sculpture Friends 1974

Marcel Mariën - Les Bons jours de Monsieur Courbet, Décembre 1970

Marcel Mariën – Les Bons jours de Monsieur Courbet, Décembre 1970

Marcel Mariën - Fidelité des images ,1980

Marcel Mariën – Fidelité des images ,1980

Marcel Mariën - Gros mot pour petite bouche, 1981

Marcel Mariën – Gros mot pour petite bouche, 1981

Le Vent se lève. Brux., Tom Gutt, 31 mai 1963, 2 ff. 8° de 8 pp. Tract cosigné par Yves Bossut, Freddy De Vree, Marcel Mariën, Philippe Soupault et bien d'autres.

Le Vent se lève. Brux., Tom Gutt, 31 mai 1963, 2 ff. 8° de 8 pp. Tract cosigné par Yves Bossut, Freddy De Vree, Marcel Mariën, Philippe Soupault et bien d’autres.

Marcel Marien -L’incognito - cover detail for Les lèvres nues, 1993

Marcel Marien -L’incognito – cover detail for Les lèvres nues, 1993

en ce moment une Exposition à Bruxelles ( dont sont issues les deux dernières photographies que j’ai rahouté à l’article et une Galerie 100 Titres partenaire Ici

Marcel Mariën -J’ai rêvé d’une gomme…, 1955 Collage

Marcel Mariën L’esprit de l’escalier,. 1953.

Quelque aphorismes  extraits de «  Mettez un Kleist dans votre étang. A l’ombre de la proie, 1968″

Optimiste par désespoir.
 
Les grands malheurs font les beaux souvenirs.
 
La vie est interminablement brève.
 
Il manque au monde le commencement et la fin. Nous vivons dans le reste.
 
Il n’y a point de mensonge puisqu’il n’y a pas de vérité.
 
Je ne crois pas un traître mot de ce que je pense.
 
Réponses à une enquête niaise

 

pour d’autres oeuvres que je n’ai pas proposées dans cette article voir Drouot par exemple…. et Drouot encore André Breton.com

Ici Jacques Chancel dans Radioscopie   interviewe Marcel M  Lors de la sortie de son premier livre édité en France « Figures de Poupe »

 

Max Ernst – Une semaine de bonté

« Dans cette ultime partie, des femmes en transe quittent leurs lits et leurs chambres à coucher pour s’envoler. Toute pesanteur, caractéristique de la réalité, est abolie. A travers ces figures cambrées, Max Ernst illustre la fascination surréaliste pour l’hystérie, maladie libératrice et inspiratrice : « Gloire […] à l’hystérie et à son cortège de femmes jeunes et nues glissant le long des toits. Le problème de la femme est, au monde, tout ce qu’il y a de merveilleux et de trouble »

André Breton, Manifestes du surréalisme, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1962.

Pendant plusieurs semaines, l’été 1933, le peintre allemand séjourne à Vigoleno, dans le nord de l’Italie, invité , tout comme l’artiste surréaliste Valentine Hugo ou bien encore le poète et agitateur Gabriele D’Annunzio, le pianiste Arthur Rubinstein,  l’actrice Mary Pickford et même l’acteur Douglas Fairbanks  par Maria Ruspoli, Duchesse de Gramont.

Il puise dans sa foisonnante bibliothèque où sont réunis des romans à quatre sous et il y découpe quantité d’images qui le font rêver ou sourire( (des illustrations découpées de Gustave Doré du Paradis perdu de Milton ou des gravures tirées de magazines  passés de mode , des illustrations de romans populaires du 19e siècle comme Les damnés de Paris de Jules Mary, de manuels scientifiques….)  .

Pour quoi faire ? Pour confectionner son troisième ensemble de collages. Une Semaine de Bonté ( le troisième roman-collage de Max Ernst, apres  « La Femme 100 têtes » de 1929 et « Rêve d’une petite fille qui voulut entrer au Carmel  » de1930. Ces planches furent éditées par Jeanne Bucher l’année suivante en 1934 donc, en un coffret de cinq cahiers, à 800 exemplaires, comportant 184 Collages ( que je vous présente , mais que je ne possède pas (malheureusement), mais il existe aujourd’hui deux très bons livres Ici qui vous présentent toutes les Oeuvres  de ce romans collage, que vous pouvez acquérir pour quelques euros, (optez pour celui de Werner Spies qui respecte les originaux, (teintes par exemple…etc) mais qui est plus cher. L’autre vous trouvez ttes les copies sur le net)

Max Ernst « avait à l’origine prévu de le publier en sept cahiers afin d’associer à chaque cahier un jour de la semaine. Le choix du titre renvoie d’ailleurs au sept jours de la Genèse. Mais c’est également une allusion à l’association d’entraide « La semaine de la bonté » fondée en 1927 pour promouvoir l’action sociale. Paris avait été envahi d’affiches de l’organisation sollicitant le concours de chacun. Le titre, comme les éléments constitutifs des collages sont autant d' »emprunts » de Max Ernst. »@Musée d’Orsay

Ces collages furent exposés deux fois dans leur intégralité (moins cinq planches, censurées car jugées trop blasphématoires) , en 1936 ,au Museo Nacional de Arte Moderno de Madrid,), par l’entremise de Paul Eluard  et plus de 70 ans après  au Musée d’Orsay à Paris en 2009 en çà totalité cette fois.

Dans cette œuvre Max Ernst nous propose une histoire entre le conte merveilleux et le roman «noir»  qui est une suite de plusieurs collages sans note ni légende.( Seul dans le dernier cahier, il accompagne les jours par des citations choisies de Marcel Schwob, Jean Hans Arp, André Breton, Paul Eluard et d’autres.)

Il comporte sept séries d’images qui représentent chacune une journée de la semaine (mythe moderne de la création). La notion d’«éléments capitaux» est substituée par Max Ernst à celle des sept «péchés capitaux». À chaque journée est associé un élément et un exemple. Une semaine de bonté  porte un sous-titre,  «Les sept éléments capitaux»,  affirmant ainsi la volonté délibérément blasphématoire de l’artiste

Le dimanche a pour élément la boue et pour exemple le lion de Belfort (l’orgueil);

le lundi, élément : l’eau, exemple : l’eau (la paresse);

le mardi, élément : le feu, exemple : la cour du dragon (la luxure);

le mercredi, élément : le sang, exemple : Œdipe (la colère );

le jeudi, élément : le noir, deux exemples : le rire du coq, l’île de Pâques (l’envie, qui a deux aspects selon la théologie);

le vendredi, élément : la vue, exemple : l’intérieur de la vue (l’avarice);

le samedi, élément : inconnu, exemple : la clé des chants (la gourmandise).

Au final, chaque collage forme un engrenage donnant naissance à des êtres extraordinaires évoluant dans des décors fascinants, des mondes visionnaires défiant l’entendement et le sens de la réalité. La caractéristiques de tous ces collages est que les thèmes sont abordés par l’isotopie (homme/animal) Les personnages affublés de têtes d’oiseaux, munis d’ailes dans le dos, dotés de membres imprévus,. Avec une maîtrise diabolique ‘une part,  par le fait qu’Ernst unifie l’espace en prenant  plusieurs éléments découpés d’un même espace en y ajoutant un nouvel élément  et dans des décors fantastiques à trois dimensions  y place ses personnages .

Comme ses compagnons surréalistes, Max Ernst est revenu traumatisé de la Première Guerre mondiale. Comment reprendre place, comme si de rien n’était, dans une société qui met tout en œuvre pour oublier ou nier les horreurs et les destructions ? En faisant preuve de dérision, en construisant un univers Onirique, Allégorique et poétique, qu’il pourrait apparaitre presque « délicieux » au sein  d’une fin du 19ieme romantique feutrée  et de n’y évoquer que  la terreur ,  l’effroi,  la cruauté, les tortures, la douleur, La nature de l’homme, la sexualité, la brutalité, qui sont si lissement niées dans les salons confinés, mais qui se révêlent bien existantes derières les murs et portes.  En cela les tableaux et événements qui se déroulent au fil des pages d’une semaine de Bonté forment un contraste éclatant avec le titre et sont l’incarnation de sa volonté de réduire en miettes les bien pensants.  La semaine commence un dimanche, ,  les salons cossus hébergent un peuple qui grouille : mais ils sont  limaces,  queues de diable,  reptiles/ le message est assez clair et éloquant !

«  Dans ce roman visuel, sans parole, le spectateur reste dépendant de sa seule interprétation. C’est à lui de reconstruire un événement, d’identifier une histoire ou de tenter de donner un sens, jusqu’à en perdre haleine. »@Musée d’Orsa


Premier cahier Dimanche /

Max Ernst- Une semaine de bonté premier Cahier dimanche le lion de Belfort, 1934

Max Ernst- Une semaine de bonté premier Cahier dimanche le lion de Belfort, 1934 . © ADAGP

Max Ernst- Une semaine de bonté premier Cahier dimanche le lion de Belfort, 1934 . © ADAGP

Max Ernst- Une semaine de bonté premier Cahier dimanche le lion de Belfort, 1934 . © ADAGP

Max Ernst- Une semaine de bonté premier Cahier dimanche le lion de Belfort, 1934 . © ADAGP

Max Ernst- Une semaine de bonté premier Cahier dimanche le lion de Belfort, 1934 . © ADAGP

Ernst se détache de la chronologie de la Genèse en faisant débuter sa semaine par le dimanche, qu’il fait sombrer dans une orgie de violence, de blasphème et de mort. De même, l’élément associé « La boue » – la boue primitive, der Urschlam – est un contraste absolu avec le jour de repos du Créateur.

Il met en scène la domination constante des faibles, des (belles) femmes en particulier. La bête humaine triomphante à tête féline enchaîne, menace, effraie, torture, tue. Ernst l’a muni de toutes sortes d’armes et a placé ça et là des serpents, crânes et autres éléments symboliques.

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 12, ( Dimanche: la boue et le Lion de Belfort) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 14,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 14,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 22, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 22, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort ,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort ,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 4,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 4,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 5,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 5,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 21,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 21,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 24, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 24, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 28, (Encourager l’interdit d’interprétation) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 34,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 34,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Deuxième cahier // Lundi

Le deuxième jour a pour élément et exemple l’eau. Ce Lundi n’en est pas moins chargé de violence, de peur et de mort : il envoie des flots jusqu’en haut des monuments parisiens, aux pieds des lits ou se trouvent de belles prisonnières, parfois endormies.
Ici aussi Ernst joue avec les corps et leurs positions, insère l’ambigüité et l’érotisme.

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, L'eau 4, (Une personnalité du choix)1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, L’eau 4, (Une personnalité du choix)1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst Collage tiré de Une semaine de bonté, l’eau,6 , 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst Collage tiré de Une semaine de bonté, l’eau,6 , 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, L’eau 4, « Ecriture automatique « ( 21) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst Collage tiré de Une semaine de bonté, L’eau 4 (Lundi: l’eau, 24) , 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Troisième cahier // Mardi

Max Ernst- Une semaine de bonté troisème cahier Mardi, La cour du DragonCahier 1934

Max Ernst- Une semaine de bonté troisème cahier Mardi, La cour du Dragon Cahier 1934. © ADAGP

Max Ernst- Une semaine de bonté troisème cahier Mardi, La cour du DragonCahier 1934 2

Max Ernst- Une semaine de bonté troisème cahier Mardi, La cour du Dragon Cahier 1934 . © ADAGP

Max Ernst- Une semaine de bonté troisème cahier Mardi, La cour du DragonCahier 1934 1

Max Ernst- Une semaine de bonté troisème cahier Mardi, La cour du Dragon Cahier 1934 . © ADAGP

Mardi et sa Cour du Dragon, où, alors que dans l’ombre un reptile est toujours prêt à se déployer, la bourgeoisie est montrée dans soute son hypocrisie, son désordre intérieur et ses luttes. « L’histoire commence dans « La cour du dragon » à Paris, et se poursuit dans la grande bourgeoisie. Les dragons et serpents côtoient les êtres humains, eux-mêmes pourvus d’ailes de dragon ou de chauve-souris, voire aussi d’ailes d’ange.
Le feu des passions, élément à l’opposé de la force naturelle de l’eau, conduit à des tragédies symbolisées par les attributs ou animaux plongés dans cet enfer bourgeois. Les motifs surréels qui apparaissent sur les murs et les panneaux de porte expriment les rêves, les peurs et les désirs cachés de la bourgeoisie. » Musée d’Orsay

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, La cour du dragon 4, ( Mardi: le feu et la cour du dragon) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, La cour du dragon 11 (Décoller du réel), 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, La cour du dragon 22 , 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, La cour du dragon 10 , 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, La cour du dragon 24 , 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, La cour du dragon 24 , 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Quatrième cahier //Mercredi

Max Ernst- Une semaine de bonté quatrieme cahier Mercredi OedipeCahier 1934

Max Ernst- Une semaine de bonté quatrieme cahier Mercredi OedipeCahier 1934 . © ADAGP

Max Ernst- Une semaine de bonté quatrieme cahier Mercredi OedipeCahier 1934

Max Ernst- Une semaine de bonté quatrieme cahier Mercredi OedipeCahier 1934 . © ADAGP

Max Ernst- Une semaine de bonté quatrieme cahier Mercredi Oedipe Cahier ,1934

Max Ernst- Une semaine de bonté quatrieme cahier Mercredi Oedipe Cahier ,1934 . © ADAGP

Mercredi raconte le mythe d’Oedipe « Le personnage mythique d’Oedipe est ici représenté avec une tête d’oiseau. Les collages narrent son histoire, notamment l’assassinat du père et l’énigme du sphinx. Le plus célèbre d’entre eux est dédié à la blessure aux pieds que lui avait infligée ses parents pour être sûrs de ne pas le voir revenir après qu’il eut été abandonné. Recueilli et adopté par Polybe, le roi de Corinthe, le jeune enfant reçoit le nom d’Oedipous signifiant « pied enflé » en grec ancien.
Chez Ernst, la scène de la blessure, fruit d’une transposition surréaliste, représente l’homme-oiseau transperçant le pied d’une femme nue avec un poignard. »Musée d’Orsay

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Oedipe 1, ( Anatomies) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Oedipe 3, ( Oeil) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Oedipe 7, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Oedipe 7, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Oedipe 21, (Inquiétante étrangeté) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Oedipe 25, (Un peu de matière désorganisée) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Dernier cahier// Jeudi

Max Ernst- Une semaine de bonté Jeudi Vendredi Samedi Cahier , 1934

Max Ernst- Une semaine de bonté Jeudi Vendredi Samedi Cahier , 1934. © ADAGP

Jeudi place les menaces dans le signe du coq gaulois – l’Etat français.

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le rire du coq,12,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le rire du coq,12,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Vendredi et Samedi sont eux beaucoup plus symboliques et même proprement surréalistes avec L’intérieur de la vue et La clé des chants ( où les femmes, enfin libérées, s’envolent vers les cieux, au bord de l’extase, portées par l’étoffe, les nuages et le vent.

« Ceux d’entre eux qui sont gais tournent parfois leur derrière vers le ciel et jettent leurs excréments à la figure des autres hommes ; puis ils se frappent légèrement le ventre. » Marcel Schwob (L’Anarchie).

« Le rire est probablement destiné à disparaître. » Marcel Schwob (Le Rire).

L’île de Pâques « Les pierres sont remplies d’entrailles. Bravo. Bravo. » Arp

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, L’île de Pâques 2 ( Metaphore), 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP,

Vendredi // Elément : La vue

Max Ernst- Une semaine de bonté Jeudi Vendredi Samedi Cahier , 1934 2

Max Ernst- Une semaine de bonté Jeudi Vendredi Samedi Cahier , 1934 . © ADAGP

Trois poèmes visibles
« Si trois est plus grand que 6, faites un cercle autour de la croix, et si l’eau éteint le feu, tracez une ligne du sceau à la bougie, en passant au-dessus du couteau, puis faites une croix sur l’échelle. » Prof. O. Decroly et R. Buyse (Les tests mentaux).

Aux scènes mouvementées des suites précédentes succèdent ici des images pour la plupart emblématiques. Pour certaines planches, Ernst revient à une manière de procéder qu’il a surtout utilisée au début de sa carrière : le « collage synthétique ». Ces compositions sont faites d’éléments hétérogènes placés sur une feuille blanche. Pour les relier entre eux, l’artiste complète les espaces intermédiaires à l’encre ou au crayon, créant en règle générale une scène qui évoque un large paysage.

Premier poème visible
« Et j’oppose à l’amour
Des images de toutes faites
Au lieu d’images à faire. »
Paul Eluard (Comme deux gouttes d’eau)

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté,Premier poème visible 4, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP, Paris 2009

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté,Premier poème visible 4, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Deuxième poème visible
« Un homme et une femme absolument blancs. » André Breton (Le revolver aux cheveux blancs)

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Deuxième poème visible 1, ( Vendredi: l’intérieur de la vue) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Troisième poème visible 1, 1933 © Isidore Ducasse

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Troisième poème visible 1, 1933 © Isidore Ducasse

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Deuxième poème visible 3, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Troisième poème visible 3, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Samedi //L’élément : Inconnu

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, La clé des chants 1, ( Samedi: clé des chants et Inconnu) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Vous pouvez trouvez bons nombres des collages dans ce pdf, mais aucun credits n’y est. Vous trouvez noyament les planches du rire du coq // +// + ( là vous avez les crédits si vous voulez en poster) que je n’ai pas mises.

La présentation de l’expostion au Musée d’Orsay avec quelques collages, mais un très bon texte que j’ai d’ailleurs cité ici.

Jindřich Štyrský – collages Part III

Jindřich Štyrský, Stěhovaci kabinet, 1934. Collage, 41 x 32 cm. Galerie Maldoror, Prague. (Source Argo.)

Jindřich Štyrský- Stěhovací kabinet, 1934

Jindřich Štyrský- Stěhovací kabinet, 1934

Jindřich Štyrský- Untitled, c. 1931. Collage, 15.5 x 11.5 cm. Ubu Gallery NY and Galerie Berinson, Berlin

Jindřich Štyrský- Untitled, c. 1931. Collage, 15.5 x 11.5 cm. Ubu Gallery NY and Galerie Berinson, Berlin

indřich Štyrský- Untitled, c. 1932. Collage, 15.5 x 11.5 cm. Ubu Gallery NY and Galerie Berinson, Berlin

indřich Štyrský- Untitled, c. 1932. Collage, 15.5 x 11.5 cm. Ubu Gallery NY and Galerie Berinson, Berlin

Jindřich Štyrský, Untitled, 1931. Collage, 23.5 x 15 cm. Ubu Gallery NY and Galerie Berinson, Berlin.

Jindřich Štyrský, Untitled, 1931. Collage, 23.5 x 15 cm. Ubu Gallery NY and Galerie Berinson, Berlin.

Jindřich Štyrský, Vilém Tell, 1931. Collage, paper, 28.5 x 39.5 cm. (Ubu Gallery NY and Galerie Berinson, Berlin)

Jindřich Štyrský, Vilém Tell, 1931. Collage, paper, 28.5 x 39.5 cm. (Ubu Gallery NY and Galerie Berinson, Berlin)

Jindřich Štyrský, Statue of Liberty, 1934 (collec Sny)

Jindřich Štyrský, Statue of Liberty, 1934 (collec Sny)