Jindřich Štyrský- Emilie Comes to Me in a Dream

Publié à l’origine en 1933, seulement environ 20 exemplaires connus restent d' »Emilie přichází ke MNE ve snu ».

Štyrský était un peintre, poète, photographe, artiste du collage et éditeur. Un membre fondateur du groupe surréaliste de Chechoslovakia, il a édité pour la Erotika Revue qui inclus illustrations réalisées par des artistes tchèques célèbres et avait une maison d’édition appelée Edice 69 (édition 69)Emilie přichází ke MNE ve snu  ( parue dans  le volume 6.)

Štyrský  était fasciné par les rêves et enregistrait ses propres rêves  aux travers de l’écriture, et plus tard, des dessins. Pour lui, l’état de rêve était un « entrepôt de motifs » qu’il réunissait dans le collage et la peinture jusqu’à sa mort en 1942.

L’imagerie de Štyrský est un « flou » entre l’érotique et le morbide. Il Utilisait des cartes postales « porno hardcore » allemandes et anglaises et des livres également . Štyrský dissocie clairement le sexe de la procréation et la conçoit à partir d’un point de vue purement de plaisir à (se) donner.

Des éléments incongrus , comme des détails végétals, un parachute et un ciel étoilé soulignent l’orgasmique tandis les squelettes, les hommes aux  masques à gaz, les cercueils et des yeux désincarnés tirent vers une tonalité plus sinistre. Štyrský peut paraitre choquant aux yeux des puritains et qui l’ont étés d’ailleurs.

Comme l’a écrit Bohuslav Brouk dans sa postface pour Emilie;

« Les personnes qui cachent leur sexualité méprisent leurs capacités innées sans pouvoir s’élever au-dessus. Ils nient leur mortalité … Toute illusion à leur animalité, non seulement dans la vie, mais aussi dans les sciences, la littérature et l’art, les blesse parce qu’il perturbe leur rêverie. « 

L’édition originale comprenait seulement 10 photomontages, l’histoire de Štyrský et la postface Brouk. (Deux plaques de la série n’ ont pas été éditées sur l’original en raison de pornographie infantile. Ces deux ont été incluses ici.)

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský (B) _e_e

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Emilie vient à moi dans mon rêve [de Emilie Prichází Ke Mne Ve Snu, Prague, 1933], Jindřich Štyrský

Georges Hugnet souvenirs du BAR LE CATALAN

Georges Hugnet CARTON D'INVITATION pour L'OUVERTURE DU BAR LE CATALAN, 16 rue des Grands Augustins le 9 avril 1948.

Georges Hugnet CARTON D’INVITATION pour L’OUVERTURE DU BAR LE CATALAN, 16 rue des Grands Augustins le 9 avril 1948.

 » Vers la fin de 1941,Picasso et moi nous déjeunions ou nous dînions ensemble plusieurs fois par semaine,souvent en compagnie de Pierre Reverdy. Nous allions généralement chez Gafner où l’on avait des égards pour nous.Un jour que Picasso que j’étais aller chercher à son atelier de la rue des Grands-Augustins,me dit qu’il allait m’emmener dans un bistrot qu’il venait de découvrir à deux pas de chez lui,sur le même trottoir,en me faisant promettre de n’en parler à personne.Picasso se plaît souvent à jouer les mystérieux.La semaine suivante, les tables étaient toutes occupées par des amis.Je n’avais rien dit mais Picasso avait parlé.
Aussitôt j’y installais mes vendredis flottants qui,à partir de ce jour,devinrent fixes. Bientôt les premiers clients,des employés de la préfecture,cédèrent la place aux
nouveaux. Le patron,petit homme à lunettes dont Picasso fit un portrait classique à l’encre aussitôt accroché au mur,était un catalan nommé Arnau. La chère était bonne chez lui et il ne montrait aucune exigence en ce qui concerne les tickets de rationnement.Picasso se débrouillait je ne sais trop comment . Quant à moi,j’avais fait un cadeau de ma carte d’alimentation à Germaine qui me l’avait échangée contre sa carte de tabac.Très bientôt nous ne désignâmes plus entre nous ce restaurant que sous le nom du Catalan,nom qui lui reste bien qu’aucune enseigne ne l’indiquât. Ébloui par le succès, Arnau ne tarda pas à vendre son établissement pour en acheter un autre à Bougival, dont les jardins donnaient directement sur la Seine.
Le nouveau propriétaire qui se nommait Maurice Desailly et ressemblait à François 1er, était un mandataire aux Halles,un B.O.F véritable,et Picasso eut l’occasion de faire un nouveau portrait classique qui remplaça aussitôt au mur celui du catalan Arnau. Le nom du restaurant demeura et son succès alla croissant. Picasso continua à y venir, soit pour déjeuner, soit pour dîner presque quotidiennement et le plus souvent en ma compagnie.Nos convives variaient.Un jour,c’était Pierre Reverdy,de passage à Paris,un autre jour, Paul Valéry descendu à pied de l’avenue Victor Hugo,un autre jour encore,Henry de Montherlant,venu demander à Picasso des eaux-fortes pour illustrer l’édition de luxe d’un de ses ouvrages, eaux-fortes que Picasso lui refusa catégoriquement. Tous les soirs, Desnos venait chercher un paquet de nourriture pour ses chats. C’est là que Léon-Paul Fargue eut sa première attaque cérébrale. C’est là encore que Gertrude Stein, furieuse, fit une entrée remarquée avec son chien pour venir insulter Picasso à notre table, lui reprochant vivement d’avoir écrit « Le désir attrapé par la queue » qu’elle considérait comme indigne de lui.

C’est là enfin que je redéjeunais avec Cocteau pour la première fois après dix-sept ans de brouille, Picasso nous ayant réconciliés. 

Maurice Desailly songea bientôt à agrandir son établissement. Il acheta sur le trottoir d’en face une crêmerie, boutique avec premier étage. Les travaux commencèrent. Je fus chargé de la décoration du bar et de la façade extérieure où pour la première fois apparut le nom du Catalan,le premier étage étant consacré aux cuisines et au restaurant.Le vernissage fut des plus brillant, le Tout-Paris y vint. J’y organisai des fêtes avec orchestre – Jacques Dieval, Hubert Rostaing,Boris Vian- dont l’une en honneur de Lise Deharme. Le Catalan devint un endroit très à la mode.
C’est au catalan que débuta ma collection de nappes de restaurant et c’est encore au Catalan,qu’au cours d’une cinquantaine de déjeuners, Jean Cocteau et moi écrivîmes ce qui fut publié ultérieurement sous le titre de -La Nappe du Catalan-.«  Texte extrait de « Pleins et Déliés, témoignages et souvenirs 1926-1972 » de Georges Hugnet. Editions Guy Authier,1972

Violette Nozière

« Violette rêvait de bains de lait

De belles robes de pain frais

De belles robes de sang pur

Un jour il n’y aura plus de pères

Dans les jardins de la jeunesse

Il y aura des inconnus

Tous les inconnus

Les hommes pour lesquels on est toujours neuve

Et la première

Les hommes pour lesquels on échappe à soi-même

Les hommes pour lesquels on n’est la fille de personne

Violette a rêvé de défaire

A défait L’affreux nœud de serpents des liens du sang »

Paul Eluard

[D’autres extraits de poèmes d’autres auteurs , au sujet de Violette ICI ]

Violette Nozière,1932,(Violette posait régulièrement nuepour des photographes ou pour des soirées intimes.) Archives Gérard Oriol

Gérard Oriol -Violette Nozière,1932,(Violette posait régulièrement nue pour des photographes ou pour des soirées intimes.) Archives Gérard Oriol

«Elle naît le 11 janvier 1915 à Neuvy Sur Loire. Son père, Jean-Baptiste Nozière est mécanicien au P .L.M. (Chemins de fer Paris-Lyon-Méditérranée). Enfance heureuse et sans histoire pour Violette. Jean-Baptiste et Germaine (sa mère) sont des ouvriers aisés, qui, au dire des proches entourent leur fille d’affection. A la fin de la guerre, ils s’installent à Paris, au 9 rue de Madagascar dans le 12ème arrondissement. « Ils donnaient l’apparence d’une famille unie et heureuse » dit le concierge de l’immeuble ; Violette grandit dans un petit deux pièces cuisine. Bonne élève à l’école primaire, elle passe brillamment le certificat d’études. Les parents sont fiers et disposés à la pousser vers des études supérieures.

Mais, à 13 ans, elle est déjà femme et paraît plus que son âge. Les garçons tournent autour d’elle, elle aime ça et, si les résultats scolaires sont bons au début de l’année, les choses vont se détériorer. Violette cache ses absences à ses parents, qui les apprennent par le lycée. On évoque sa mauvaise conduite. Elle a des aventures sans lendemain, tant et si bien que ses parents vont accéder à sa demande de changer d’établissement. Nouvelle adresse : le lycée Fénelon, au quartier latin, là où elle fait connaissance avec une vie qui la change de l’appartement et de la médiocrité de la rue de Madagascar.

Elle rencontre des étudiants, des photographes pour revues pornographiques…. Elle pose nue. Elle passe son temps dans les cafés du quartier latin : Palais du café, les quat’z Arts … Se sentant mal à l’aise dans son milieu familial, elle s’invente une vie bourgeoise où le père est ingénieur et où la mère travaille chez le célèbre couturier Paquin. La double vie s’installe.

Anonyme -Violette Nozière lors d'une soirée intime pour la fête de Noël , collection Romi.

Anonyme -Violette Nozière lors d’une soirée intime pour la fête de Noël , collection Romi.

Son amie intime avec laquelle elle fait la « fête » s’appelle : Madeleine Debize  (Maddy). Elle est la fille de voisins de quartier. Celle-ci l’entraîne et l’accompagne dans sa recherche du plaisir. Elle sont complices dans leurs amours, mais aussi dans les vols (boutiques, librairies, qui font rêver Violette…) (Cette Madeleine Debize  qui dira lors de son procès que Violette était au bal avec elle le soir du crime.) Il faut de l’argent pour « paraître » et pour entretenir les copains, et surtout : Jean Dabin l’amant de cœur. L’argent, elle le prend, soit dans le porte-monnaie de ses parents, soit elle le reçoit des hommes qu’elle rencontre sur la rive droite.

Ses parents ouvrent des lettres, s’étonnent des tenues élégantes qu’elle porte, mais ne veulent pas ou ne voient pas la vérité. Au fond, ils l’admirent. Il y a trop de différence entre leur vie et la sienne.

Deux éléments doivent être pris en compte dans la vie de Violette Nozière : Le premier : sa santé. Elle a toujours été fragile. De plus après un examen à l’hôpital Bichat, le docteur Dérion parle d’une « maladie spécifique » (la syphilis) dont elle serait atteinte (IN magazine « Drames, sept.1933 : La vérité sur le crime de Violette Nozière). Le médecin en parle à sa famille. Elle est soignée par lui, ce qui explique pourquoi ses parents ne se sont pas méfiés quand elle leur a fait avaler le « Soménal », prescrit soi-disant par le docteur Dérion. Le second élément qui ne sera jamais élucidé : l’inceste.

Violette a dit souvent à ses amis que son père la violait depuis l’âge de 12 ans. Elle parlera au procès de sa première tentative de suicide : « Ce jour-là, j’éprouvais un dégoût insurmontable de l’inconduite de mon père à mon égard ». Elle laisse une lettre à ses parents affolés qui la recherchent et la retrouvent le long des quais à 22h. (« La France » 15sept.1933). Elle parlera aussi à un ancien amant : Pierre Camus : « Tu sais, il oublie parfois que je suis sa fille. »

Le 21 août 1933, elle fait avaler à ses parents une potion recommandée par le docteur Dérion. Violette s’en va après avoir vérifié qu’ils ne bougeaient plus. « A une heure du matin, Violette rentre du bal. Elle frappe à la porte du voisin de palier : « Venez vite, ça sent le gaz, j’ai peur. Il a dû arriver quelque chose à mes parents ». Le voisin, M. Mayeul, ferme les robinets de gaz, il entre dans la chambre : « Mme Nozière git sur le lit ensanglanté. Sur le lit de Violette, git son père inanimé » (Police magazine 3 sept.1933 « empoisonneuse »). La police arrive. Mme Nozière respire encore, son mari est mort. Au début, les policiers pensent à un suicide. Mais devant l’absence d’émotion de Violette, ils restent dubitatifs.

Le lendemain, à l’hôpital, Mme Nozière dit au commissaire Gueudet  qu’elle ne se souvient de rien, sinon d’avoir avalé des sachets de poudre blanche donnés par le médecin qui soignait leur fille (« celui de Violette était marqué d’une croix au crayon » dit-elle). Le commissaire convoque Violette pour le lendemain cinq heures. Elle ne vient pas. Un mandat d’arrêt est délivré par le parquet de la Seine. Le brigadier, Gripois enquête auprès de ses amis du quartier latin. Elle leur a paru normale, même gaie. On l’a vue chez un coiffeur, une manucure…elle « drague » un jeune homme : André de Pinguet à qui elle donne un nom d’emprunt, mais, il la reconnaît : « Vous ressemblez étonnamment à cette criminelle qu’on recherche » Elle lui parle d’un héritage qu’elle doit faire (165.000 francs à sa majorité). « Çà sera la bonne vie » lui dit-elle. Doutant de plus en plus, Pinguet la dénonce. Au prochain rendez-vous, près de la Tour Eiffel, la police est là. Elle a 18 ans.

le 11 octobre 1934, s’ouvre son procès ,  devant les assises de la Seine. Violette est condamnée à la peine de mort. Les femmes n’étant plus guillotinées, la peine sera commuée en 20 ans de travaux forcés.

Le 6 août 1942, le maréchal Pétain accorde une remise de peine à Violette, celle-ci est ramenée à 12 ans de réclusion. Au mois de décembre 1945, elle épouse Pierre Garnier à Neuvy sur Loire en présence de sa mère. Entre temps, le Général de Gaulle avait annulé la peine de vingt ans d’interdiction de séjour. Germaine Nozière vit avec eux. Ils ont cinq enfants ; le bonheur est enfin au rendez-vous pour Violette ; Il sera de courte durée : Pierre meurt en 1960.

Le 18 mars 1963,  la cour de Rouen prononce sa réhabilitation. C’est une mesure exceptionnelle sur le plan judiciaire. Violette meurt en 1966. Elle a 51 ans

Le « mythe » Violette Nozière

Anonyme. Violette Nozière, Noël, 1932 ( vente Drouot )

Anonyme. Violette Nozière, Noël, 1932 ( vente Drouot )

Il est né avant la condamnation. Dès le crime connu, la presse s’est emparée de l’affaire, au point de faire passer en second plan une situation nationale et internationale plutôt violente : La montée progressive du nazisme, les morts de Paul Doumer, d’Alexandre de Yougoslavie, de L. Barthou. La situation politique intérieure avec l’affrontement entre l’extrême droite et les « anarchistes », les problèmes économiques et sociaux. L’instruction du procès de Violette Nozière fait toujours la « une ». Les « surréalistes » trouvent dans ce crime l’occasion de fustiger cette société bourgeoise qui vit dans le conformisme et l’étroitesse d’esprit. Violette incarne cette révolte, pour eux, elle est une victime.

En octobre 1933 : Dans « la « revue anarchiste » sous le nom de Bardamu , Louis-Ferdinand Céline écrit : « Au demeurant, de quoi se plaint-on ?…Nozière est sous terre et Violette est en taule…Deux victimes du milieu social, et l’on danse autour : « la danse macabre. ».  Céline dira aussi que l’exiguïté des logements citadins favorise la fornication et l’inceste. En novembre 1933, la même revue écrit : « L’inceste est un mot dont on s’effraie, c’est une pratique courante, j’admire les cheminots qui ne croient pas Nozière capable d’avoir troussé sa fille parce qu’il était un bon mécanicien. »

Anonyme -Violette Nozière lors d'une soirée intime pour la fête de Noël, collection Romi

Anonyme -Violette Nozière lors d’une soirée intime pour la fête de Noël, collection Romi

Le 1er décembre 1933, les surréalistes montent au créneau.

André Breton, René Char, Paul Eluard, Maurice Henry, Salvador Dali, Max Ernst, Magritte….poètes et peintres mélangés éditent une plaquette en faveur de Violette, intitulée « Violette Nozière ».  Ce recueil est édité en Belgique pour éviter les poursuites. On retrouve la même sympathie pour Violette que celle qu’ils avaient éprouvée pour les sœurs « Papin » (qui avaient un peu avant, massacré leur patronne.).

[ Vous pouvez trouvez un   Article très intéressant  sur André Breton et le grand fait divers, ICI, sur le site melusine- surrealisme.fr, écrit par Henri Béhar.].

Ils n’oublient pas que le jury est composé d’hommes et que le sujet de l’inceste est un sujet tabou dans cette société où le « mâle » est roi. L’accusation d’inceste envers son père. « Elle a touché là à un problème crucial » (Préface de José Pierre – 11 sept 1991, lors de la re-édition de la plaquette).»  Texte de  Simone Zoummeroff

« Cette affaire judiciaire restée fameuse affiche d’emblée le visage de l’intemporel et du mythe. Que ce soit sous la plume de Guy Rosey, évoquant « le bras d’Œdipe toujours vert le long des siècles », d’André Breton, disant de Violette Nozière qu’elle est « mythologique jusqu’au bout des ongles », ou de Paul Eluard, dans le fameux décasyllabe qui clôt son poème sur « l’affreux nœud de serpent des liens du sang », en référence aux Choéphores d’Eschyle, le recueil que les surréalistes ont consacré à Violette Nozière souligne la densité symbolique de l’affaire

À cet égard, la parole des artistes rejoint le discours des journalistes qui ont déroulé, d’article en article, les actes d’une tragédie familiale placée sous les auspices d’Eschyle et de Sophocle. C’est que dans cette affaire judiciaire se trouvent noués le parricide et l’inceste, soit la transgression de deux tabous fondamentaux, étroitement liés l’un à l’autre, qui fondent la filiation et le lien social, conformément aux analyses célèbres de Freud. »  by Anne-Emmanuelle Demartini Revue d’histoire moderne et contemporaine 2009/4 (n° 56-4) Éditeur Belin

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Le 19 JUILLET 2015 AJOUT à l’attention de DANTEBEA

ET UNE FOIS DE PLUS! LA VISITE DE LA BLOGUEUSE QUI ENNUIE BON NOMBRE DE PERSONNES ICI Sur Tumblr Sur Facebook ET QUI CLIQUE SUR MES HYPERS LIENS ET QUI PENSE QUE JE NE SAIS PAS D’OÙ ELLE SE CONNECTE  ( si je sais , la planisphère , en bas me sert à cela) ET QUI PILLE TOUT  ET JE RETROUVE MES ARTICLES SUR SES BLOGS, AVEC DE SURCROÎT DES INFORMATIONS ERRONÉES COMME À SON HABITUDE. je cite  »  Violette Nozières [sic]. Bruxelles, Éditions Nicolas Flamel, [1933] », même pas foutu de lire le texte en dessous qui précise  Tampon Archive Oriol ( pour TA gouverne, c’est un photographe!!!!)   Un livre publié en 1933 ne signifie pas qu’une photographie a été prise en 1933, surtout quand les articles de presses postés ici, où les photos vendues chez drouot sont authentifiées en 1932, et que de surcroit, son procès commence mi 1933 !!!! 

Je collerais son hyper lien qu’elle m’a piqué ( pour une fois qu’elle en met un! Mettons un cierge!)/ enfin c’est moi qui le lui ai fourni, mais çà elle s’en contre fout. C’est absolument pathétique.

Arrête de m’emmerder vraiment la béatrice sortie de Danté et qui se prend pour l’héroïne du livre, (c’est Digne d’une étude de cas de Freud!).

Je te réserve un article: Avec toutes les âneries que tu écris et tous les blogs que tu voles,  pilles. Tu vois Tu me suis à la trace. Je vais te démontrer que tu es bien loin derrière moi, et que ta culture est nulle.( je viens dejà de le faire rien qu’avec cela).  je montrerai  tes excuses bidons sur les blogs que tu voles. Revisites bien tes articles,  car tu as volé des blogs ( KIKI, Rodin, Lee Miller) revisites tes archives OUI !!!! et je vais le démontrer. Je vais poster comment tu m’insultais sur une page publique et comment tu vas pleurer chez des blogs que je préviens que tu pilles en disant que c’est moi qui t’insulte ( moi je ne fais que me défendre face à une malade). Je vais te faire lire les mails de personnes qui m’écrivent et que tu persécutes,  des mails provenant de personnes sur fb et tumblr, où je ne vais même plus car je ne peux pas bouger le petit doigt sans que tu copies lamentablement. Tu cesseras de nous emmerder et crois moi cela va arriver plus vite que tu ne crois, nous seront enfin débarrassé de toi.

http://www.bibliorare.com/products/noziere-violette-nozieres-sic-bruxelles-editions-nicolas-flamel

Marcel G. Lefrancq (1916-1974)

Marcel G. Lefrancq est un nom peu connu du surréalisme Belge et pourtant, il compte a son actif bon nombre de collages et de photographies ainsi que quelques objets témoins de ce mouvement en Belgique.

En 1939, il compta parmi les membres fondateurs du Groupe surréaliste en Hainaut. La même année, il est engagé comme photographe par l’IRPA, pour procéder à l’inventaire des oeuvres d’art risquant d’être détruites par la guerre qui s’annonce. En 1940, il publie à deux reprises des clichés dans L’invention collective, la revue belge dirigée par René Magritte ( voir les autres articles sur lui Ici) et Raoul Ubac ( voir les autres articles sur lui Ici), avec qui il est ami, puis il entre dans la résistance.

Après la dissolution du Groupe surréaliste en Hainaut, il participe à la création du groupe Haute Nuit, en 1947. Deux ans plus tard, Dotremont lui écrit pour proposer un rapprochement entre Haute Nuit et Cobra. C’est dans cet esprit que Lefrancq collabore aux numéros 2 et 6 de la celèbre revue  Cobra.

La majeure partie de son oeuvre photographique est moins surréalistes ( les thématiques font plus penser à Brassaï, par exemple)  mais ses collages ou objets, le restent. je vous propose quelques collages et photographies vous pouvez les retrouver sur le site que son fils à créer Ici (en petits formats).

Les photographies

à retrouvez pour celles datant d’aavant ou de 1948, dans le livre  « Aux Mains de La Lumière, Images et Poèmes. Introduction by Armand Simon. Mons, France,  Editions de Haute Nuit, 1948

Marcel G. Lefrancq - Heide, 1942

Marcel G. Lefrancq – Heide, 1942

Marcel G. Lefrancq -Sculpture, 1948

Marcel G. Lefrancq -Sculpture, 1948

Marcel G. Lefrancq - Eglogue emblématique, 1967

Marcel G. Lefrancq – Eglogue emblématique, 1967

Marcel G. Lefrancq -Etude de forme 1, 1939

Marcel G. Lefrancq -Etude de forme 1, 1939

Marcel G. Lefrancq – Nu à la dentelle, 1955

Marcel G. Lefrancq – Nu à la dentelle, 1955

Marcel G. Lefrancq -L'actuelle, 1947

Marcel G. Lefrancq -L’actuelle, 1947

Marcel G. Lefrancq -sans titre (avant 1945)

Marcel G. Lefrancq -sans titre (avant 1945)

Marcel G. Lefrancq -sans titre, Nd

Marcel G. Lefrancq -sans titre, Nd

Marcel G. Lefrancq -La sieste, 1942

Marcel G. Lefrancq -La sieste, 1942

Marcel G. Lefrancq - Sans Titre, 1972

Marcel G. Lefrancq – Sans Titre, 1972

Marcel G. Lefrancq - Portrait d’Akarova, 1938 Photomontage Akarova et le masque du diable dans l’histoire du soldat (Stravinsky) 1935

Marcel G. Lefrancq – Portrait d’Akarova, 1938 Photomontage Akarova et le masque du diable dans l’histoire du soldat (Stravinsky) 1935

Marcel G. Lefrancq - La Venus des Ténèbres, 1949

Marcel G. Lefrancq – La Venus des Ténèbres, 1949

Marcel G. Lefrancq - Haunted eyes, 1947

Marcel G. Lefrancq – Haunted eyes, 1947

Marcel G. Lefrancq -le regne vegetal 1938

Marcel G. Lefrancq -le regne vegetal 1938

Marcel G. Lefrancq -Endless Repetition, 1948

Marcel G. Lefrancq -Endless Repetition, 1948

Marcel-G. Lefrancq -Étude de forme V, 1948(AUX MAINS DE LA LUMIÈRE. IMAGES ET POÈMES présentés par Armand SIMON. Mons (Belgique), Éditions de Haute nuit, 1948)

Marcel-G. Lefrancq -Étude de forme V, 1948(AUX MAINS DE LA LUMIÈRE. IMAGES ET POÈMES présentés par Armand SIMON. Mons (Belgique), Éditions de Haute nuit, 1948)

Marcel G. Lefrancq - l'ennemi, 1948

Marcel G. Lefrancq – l’ennemi, 1948

Marcel G. Lefrancq - Eloge du carnage, 1948

Marcel G. Lefrancq – Eloge du carnage, 1948

Marcel G. Lefrancq - Elue, 1945 (2)

Marcel G. Lefrancq – Elue, 1945

Marcel G. Lefrancq - La Loi de la Coincidences , 1948 from AUX MAINS DE LA LUMIÈRE. IMAGES ET POÈMES présentés par Armand SIMON. Mons (Belgique), Éditions de Haute nuit, 1948 (2)

Marcel G. Lefrancq – La Loi de la Coincidences , 1948 from AUX MAINS DE LA LUMIÈRE. IMAGES ET POÈMES présentés par Armand SIMON. Mons (Belgique), Éditions de Haute nuit, 1948

Marcel G. Lefrancq - Méréorite ,1940

Marcel G. Lefrancq – Méréorite ,1940

Marcel G. Lefrancq -L'objectivité scientifique , 1948

Marcel G. Lefrancq -L’objectivité scientifique , 1948

Marcel-G. Lefrancq -Parc de Mons la nuit, 1938

Marcel-G. Lefrancq -Parc de Mons la nuit, 1938

Les Collages

Marcel G. Lefrancq - Les onze mois de la bonne année 1939 - 1945 1 (2)

Marcel G. Lefrancq – Les onze mois de la bonne année 1939 – 1945

Marcel G. Lefrancq - Les onze mois de la bonne année 1939 - 1945 1 (2)

Marcel G. Lefrancq – Les onze mois de la bonne année 1939 – 1945

Marcel G. Lefrancq - Les onze mois de la bonne année 1939 - 1945 (2)

Marcel G. Lefrancq – Les onze mois de la bonne année 1939 – 1945

Marcel G. Lefrancq - Visage from Les onze mois de la bonne année 1939 - 1945 1

Marcel G. Lefrancq – Visage from Les onze mois de la bonne année 1939 – 1945

Marcel G. Lefrancq - Collage,from Les onze mois de la bonne année 1939 - 1945

Marcel G. Lefrancq – Collage,from Les onze mois de la bonne année 1939 – 1945

Marcel G. Lefrancq - Collage, from Les onze mois de la bonne année 1939 - 1945

Marcel G. Lefrancq – Collage, from Les onze mois de la bonne année 1939 – 1945

Marcel G. Lefrancq - Qui dort dîne, 1938

Marcel G. Lefrancq – Qui dort dîne, 1938

Marcel G. Lefrancq -Le Saint Esprit, 05.05.1938

Marcel G. Lefrancq -Le Saint Esprit, 05.05.1938

Marcel G. Lefrancq-Les secours de la religion, 06.05.1938

Marcel G. Lefrancq-Les secours de la religion, 06.05.1938

Marcel G. Lefrancq - Nécessité du retour à la terre ,1938

Marcel G. Lefrancq – Nécessité du retour à la terre ,1938

Marcel G. Lefrancq - L’oeuf de l’aigle, 1938

Marcel G. Lefrancq – L’oeuf de l’aigle, 1938

Marcel G. Lefrancq - circeo,1939

Marcel G. Lefrancq – circeo,1939

Marcel G. Lefrancq - sans titre, 05.06.1939

Marcel G. Lefrancq – sans titre, 05.06.1939

Marcel G Lefrancq -Initiation ou lettre ouverte à Monseigneur, 1939

Marcel G Lefrancq -Initiation ou lettre ouverte à Monseigneur, 1939

Marcel G. Lefrancq - La dialectique 1945

Marcel G. Lefrancq – La dialectique 1945

Marcel G. Lefrancq - La Chute de l’Empire d’Orient, 1947

Marcel G. Lefrancq – La Chute de l’Empire d’Orient, 1947

Karel Teige

Né à Prague en décembre 1900, Karel Teige était un éditeur et graphiste ainsi que la figure majeure du mouvement d’avant-garde tchèque « Devětsil », mouvement qui utilisait de nouvelles formes telles que le « poème pictural ». La vision de Teige, que l’art doit devenir la vie et l’art doit être fait par tout le monde, est encapsulé dans son travail de collagiste. Pourtant à son époque  il était reconnu pour son identité en tant que théoricien, éditeur et typographe, et non comme un créatif.

Dans les années 20 Teige   a voyagé  dans de nombreux pays en Europe et s’est rapproché des surréalistes et des avants- gardistes en toutes formes de l’époque  ( voir cet article) . Les influences d’artistes comme René Magritte, Max Ernst et Man Ray (et les surréalistes internationaux) sont très présentes dans ces collages personnels, qu’il débutera dans la fin des années 30, une fois évincé de la vie artistique et théoricienne Russe. Ayant « absorbé » les stratégies du mouvement moderne au cours de ses voyages puis en les ayant diffusés via ReD et son travail d’éditeur, il va les mettre en application dans sa propre œuvre. Ce n’est qu’après  le procès de Moscou (de Staline) en 1936, au cours duquel de nombreux  de ses amis furent expulsés du Parti communiste ( lui par contre n’y a jamais adhéré) , qu’il se tournera vers le collage. 

Ils  sont à la fois une expression  lyrique de sa propre subjectivité et également une interprétation visuelle de son idéologie. Teige a produit plus de 300 de ces collages entre les années 1935 et 1951 . L’élément érotique, la nudité la femme , la nature  y  ont une place très  importante. Mais c’est aussi une métaphore visuelle qu’il nous offre là.

Avec des ciseaux et de la colle, il construit une réalité poétique.  Les découpages  photographiques du monde réel sont extraits de leur contexte d’origine et reconstruit dans un paysage de rêve de juxtapositions absurdes.  Il fusionne poétiquement le paysage et la forme féminine dans une image de la fertilité utopique, ( symbole métaphorique de  la nouvelle société dont il a toujours rêvé pour son pays). 

Vojtěch Lahoda a écrit  dans un essai en 1999 que dans  le travail de Teige  : « La nature devient le théâtre d’un paysage composé érotique ,  une sorte de terre mère «  .

Teige développe cette conception du paysage « femme » idéale. 

Le  corps de la femme est démonté et ressuscité sous une forme distillée afin de présenter la quintessence de l’érotisme féminin. Les bras et les seins jaillissent de la terre, des machines, elle fait partie intégrante de l’architecture, s’y intrique. Même si les femmes, ou des morceaux de femmes, constituent la base de toutes ces compositions, la matière du corps féminin n’est pas  le thème réel de son travail, mais plutôt de la matière première, et la grammaire dont Teige fait l’usage afin de partager  ses états  émotionnels ou sa pensée politique et ses désillusions.

Article très complet en Anglais sur Karel Teige  Ici  ( lien en traduction française, c’est approximatif mais on le comprend très bien. Vous pouvez le désactiver si vous le souhaitez)

Source this book Scan de  Karel Teige  Ed° Torst National Museum of Literature, 2001 Pague, 

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Karel Teige -Collage# 01, 1935 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige -Collage# 01, 1935 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage# 05 1935

Karel Teige Collage# 05 1935 c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage# 06, 1936 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige – Collage# 06, 1936 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage# 23, 1936 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige – Collage# 23, 1936 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #25, 1936

Karel Teige- Collage #25, 1936 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige, Collage #26, 1936 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige, Collage #26, 1936 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #27, 1936

Karel Teige – Collage #27, 1936 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige, Collage #28, 1938

Karel Teige, Collage #28, 1938(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #31,1937 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #31,1937 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage# 34, 1937 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage# 34, 1937 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage# 36 1937 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage# 36 1937 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 40, 1937

Karel Teige- Collage# 40, 1937

Karel Teige- Collage# 40, 1937 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 40, 1937 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage#45, 1938

Karel Teige-Collage#45, 1938 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige -Collage #46 , 1938

Karel Teige -Collage #46 , 1938 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 47,1938 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 47,1938 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 48 , 1938

Karel Teige-Collage# 48 , 1938 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage# 50, 1937 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage# 50, 1937 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #55, 1938 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige – Collage #55, 1938 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 57 ,1938 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 57 ,1938 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage#63 , 1938 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage#63 , 1938 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige, Collage #68, 1939

Karel Teige, Collage #68, 1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #70,1939

Karel Teige – Collage #70 ,1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage # 70a , Melancholia, 1939. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige – Collage # 70a , Melancholia, 1939. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 73,1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 73,1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage #88, 1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage #88, 1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 94 , 1939

Karel Teige-Collage# 94 , 1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 99, 1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 99, 1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 109 , 1939

Karel Teige-Collage# 109 , 1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 115,1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 115,1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige,- Collage #129, 1940. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige,- Collage #129, 1940. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #138 , 1940

Karel Teige – Collage #138 , 1940 (c) Nachlass Karel Teige (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage#141, 1940.

Karel Teige- Collage#141, 1940. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige, collage 143, 1940. Source: Karel Teige.

Karel Teige, collage 143, 1940. Source: Karel Teige. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage# 145 , 1940 à partir d'une photo de george platt lynes (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage# 145 , 1940 à partir d’une photo de george platt lynes (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage 163, 1940.

Karel Teige- Collage #163, 1940. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage, # 184a ,1939

Karel Teige- Collage, # 184a ,1939 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #188, 1941(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #188, 1941(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage#189, 1941.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage#189, 1941.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #190, 1941.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #190, 1941.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage untitled, 1941

Karel Teige – Collage untitled, 1941 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 191, 1941

Karel Teige- Collage# 191, 1941 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage # 196, 1941

Karel Teige – Collage # 196, 1941 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage# 198 ,1941 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige – Collage# 198 ,1941 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 205 , 1941

Karel Teige- Collage# 205 , 1941 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 208 , 1941

Karel Teige- Collage# 208 , 1941 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage# 225 ,1942(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige – Collage# 225 ,1942(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage # 226, 1942 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage # 226, 1942 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 228 , 1942

Karel Teige- Collage# 228 , 1942 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage #233, 1942

Karel Teige-Collage #233, 1942 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage #239, 1942

Karel Teige- Collage #239, 1942 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage # 243, 1942

Karel Teige – Collage # 243, 1942 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage #247, 1942 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage #247, 1942 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige -Collage #248,1942 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige -Collage #248,1942 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 249 , 19342

Karel Teige- Collage# 249 , 19342 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #262, 1942.

Karel Teige- Collage #262, 1942. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #286, 1943

Karel Teige – Collage #286, 1943 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage #247, 1942 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage #247, 1942 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage # 271, 1943 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage # 271, 1943 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 288, 1943. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 288, 1943. (c) Nachlass Karel Teige

Karel-Teige-Collage-# 288, 1943.© Museum of Czech Literature c) Nachlass Karel TeigePrague

Karel-Teige-Collage-# 288, 1943.© Museum of Czech Literature c) Nachlass Karel TeigePrague

Karel Teige - Collage #290, 1943 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige – Collage #290, 1943 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #293, 1944 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige – Collage #293, 1944 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige,- Collage# 299, 1944. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige,- Collage# 299, 1944. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 303 , 1945 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-Collage# 303 , 1945 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 306, 1945. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 306, 1945. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 311,1945(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 311,1945(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 314, 1945. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 314, 1945. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #315, 1946

Karel Teige- Collage #315, 1946 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 317 , 1947 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 317 , 1947 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage # 318, 1946. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage # 318, 1946. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage # 323, 1946(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage # 323, 1946(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #325 , 1947

Karel Teige – Collage #325 , 1947 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige -Collage # 326, 1947 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige -Collage # 326, 1947 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #327, 1947

Karel Teige- Collage #327, 1947 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #336, 1947

Karel Teige – Collage #336, 1947 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 338, 1947.

Karel Teige- Collage# 338, 1947. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- collage # 344, 1948

Karel Teige- Collage # 344, 1948 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #346, 1948. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #346, 1948. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #347, 1948. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #347, 1948.
(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #350, 1948

Karel Teige – Collage #350, 1948 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige, collage 353, 1948.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige, collage 353, 1948.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #355, 1948

Karel Teige – Collage #355, 1948 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage #357, 1948(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige Collage #357, 1948(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 358, 1948. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 358, 1948. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige, collage 361, 1948. Source: Karel Teige.

Karel Teige- Collage# 361, 1948. (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #365, 1949.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #365, 1949.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage #366, 1949

Karel Teige- Collage #366, 1949 (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 371, 1951.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 371, 1951.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 373, 1951.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 373, 1951.(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 374, 1951(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige- Collage# 374, 1951(c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige - Collage #374, 1951 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige – Collage #374, 1951 . (c) Nachlass Karel Teige

Karel Teige-SCAN

Karel Teige-SCAN Karel Teige  Ed° Torst National Museum of Literature, 2001 Pague,

Karel Teige-SCAN

Karel Teige-SCAN Karel Teige  Ed° Torst National Museum of Literature, 2001 Pague,

Karel Teige-SCAN

Karel Teige-SCAN Karel Teige  Ed° Torst National Museum of Literature, 2001 Pague,

Karel Teige-SCAN

Karel Teige-SCAN  Karel Teige  Ed° Torst National Museum of Literature, 2001 Pague,

Karel Teige-SCAN

Karel Teige-SCAN Karel Teige  Ed° Torst National Museum of Literature, 2001 Pague,

Karel Teige-SCAN

Karel Teige-SCAN Karel Teige  Ed° Torst National Museum of Literature, 2001 Pague,

Sur ce Blog D’autres Collages complétant ces derniers Ici 

Et aussi Tous les articles sur Karel teige et notament  Karel Teige et son Magazine ReD ( 1927-31)

 sur le net Plus Ici

Claude CAHUN & Marcel MOORE Aveux non avenus. (Unavowed confessions). Paris, Editions du Carrefour, 1930

Je reposte les articles que l’adagp a fait supprimer sur dénonciation . Mais heureusement une SAUVEGARDE par archiche.org  fût realisée  ICI : Publié par Kate03/10/2012

 

Je remercie vivement  Andrea Oberhuber qui cite mon article et prend la peine d’ajouter l’hyperlien qui renvoyait à l’article à l’époque, page 5 dans sa recherche « Projets photolittéraires et modes de lecture de l’objet livre dans les années trente » , [format pdf ]

 

Les Aveux non avenus est un livre magistral et méconnu, un vaste poème en prose dans lequel il faut se perdre, comme on peut se perdre dans Une saison en enfer de Rimbaud. Élaboré en une dizaine d’années,(entre 1919 et 1929), « Aveux non avenus » est le livre majeur de Claude Cahun, poète, photographe et plasticienne surréaliste. Il s’agit de sa grande entreprise autobiographique qui met en jeu l’aventure inquiétante de vivre et la quête d’images diffractées de l’insaisissable identité. Organisé en courtes séquences cinématographiques, photographiques, le texte est un savant enregistrement et montage de fragments de moments vécus, de récits de rêves, de lettres, de fragments de journal intime, de morceaux de prose polémique, de considérations introspectives, spéculatives, de contes et de poèmes. Souvent réalisés à partir de ses autoportraits, les photomontages sont des constructions oniriques à la très grande force plastique. Ici, un œil, des mains ; là, une effusion de visages, des jeux de miroirs, des labyrinthes visuels infinis.

Cahun est l’artiste fascinante qui explora toutes les limites des genres – sexuel, grammatical, littéraire, idéologique – avec une audace exemplaire et largement anticipatrice. Elle est l’alter ego féminin de Duchamp. Rappelons que Claude Cahun est l’auteur d’une œuvre photographique extrêmement novatrice dans laquelle, dès les années 1930, elle explore la question du miroir et du double, la mise en scène de soi, le travestissement, la mas­carade dans une quête narcissique revendiquée et l’affirmation d’une liberté (notamment sexuelle) sans limite, annonçant l’œuvre de Pierre Molinier, mais aussi celles d’Urs Lüthi ou de Cindy Sherman, pour ne citer qu’eux.

Publié en 1930 aux Éditions du Carrefour, avec une préface de Pierre Mac Orlan, Aveux non avenus est un livre-objet. La maquette et les illustrations – dix magnifiques héliogravures, qui sont des chefs-d’œuvre du photomontage surréaliste – ont été réalisées par Claude Cahun en collaboration avec sa compagne, Suzanne Malherbe.

Claude Cahun and Marcel Moore, Photomontage for frontispiece for Aveux non avenus (unavowed confessions), 1919-1929

 

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche II, 1919-1929

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche II, 1919-1929

 

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche III, 1919-1929

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche III, photomontage , 1919-1929

« Tu t’es ému de quelques-unes de mes folies ( parfois des plus futiles), et cela au hasard, sans grand discernement.
Tu m’as reproché de m’être levée au milieu de la nuit pour regarder passer un train ( oui, comme les vaches!) probablement quelconque mais que je chargeais d’une présence chère… Tu as incriminé des regards (que toi seul as su voir), je ne sais quels contacts, et mon idolâtrie (ça, c’est la vengeance divine), et mon exagération verbale (honteuse, littéraire). Je la reconnais d’ailleurs, je te donne raison; mais j’ai l’ambition de vivre soumise à d’autres vérités que la vérité littérale. Simple accumulateur qui prend l’électricité nécessaire n’importe où il y a du courant -voilà ce que je suis. Voilà ce qu’il faut être. Mes passions me sont merveilleusement indifférentes (interchangeables selon la meilleure occasion, pour ainsi dire à volonté). Leur résultat prodigieux sur mon âme m’intéresse par-delà tout scrupule. »

Claude Cahun, Aveux non avenus

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche IV , 1919-1929

 

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche IV , 1919-1929

 

« Dans la nuit noire. En attendant de voir clair, je veux me traquer, me débattre […]. Je ne voudrais coudre, piquer, tuer qu’avec l’extrême pointe. Le reste du corps, la suite, quelle perte de temps ! Ne voyager qu’à la proue de moi-même. »

Claude Cahun, Aveux non avenus

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche V , 1919-1929

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche VI, 1919-1929

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche VI,1919-1929

« Je sens comme si je les voyais, mes cuisses maigrir d’une sueur de fièvre, douche parfois brulante, parfois glacée, toujours inattendue. Mes genoux vidés, les os dissous, vêtu d’un parchemin lucide, se gonflent, flottante vessies de porc. Mon cœur alenti sonne un glas funèbre, puis bat bruyamment comme un tocsin. Il devient mobile, se promène dans mon ventre, y éclate en coliques profondes. À chaque secousse, une conscience tombe, pulvérisée. Peu à peu, je m’allège. Bref répit ! Mon cœur se gonfle outrageusement et s’emplit d’hydrogène. Gros ballon rouge et bleu, il monte au bout d’un fil.
À l’autre bout, c’est une guêpe enfermée, qui frappe à coups venimeux aux parois de ma poitrine. Si je l’aidais à sortir ? Et mes ongles sans hésiter pratiqueraient un jour qui guide l’échappée de ce cœur s’il ne faisait dehors désespérément noir.
Ô nocturne sans issue qui se joue dans les cercles de la nuit musicale, infernal serpent qui s’est décapité en avalant sa queue, bracelet aux sept chaînes hermétiques…
Le ballon rouge et bleu est très fort : il me soulève de mon lit, fasciné. Je sens la fatigue d’une lévitation dont je serais le médium, et les affres d’un spectateur qui croirait au danger. Une sorte de jouissance vague me balance ; et – me rappelant l’abîme du sommeil, vertige souterrain qu’interrompt la secousse périodique, rude comme une chute – je répète obscurément :
J’aime encore mieux monter que descendre. Ca ira bien – jusqu’au plafond. »

 

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche VII, 1919-1929

« Une feuille de verre. Où mettrai-je le tain ? En deça, au delà ; devant ou derrière la vitre ?

Devant je m’emprisonne. Je m’aveugle. Que m’importe, passant, de te tendre un miroir où tu te reconnaisses, fût-ce un miroir déformant et signé de ma main ? […]

Derrière. Je m’enferme également. Je ne saurai rien du dehors.

Laisser la vitre claire, et selon les hasards et les heures voir confusément, partiellement, tantôt les fugitifs et tantôt mon regard. Réciprocité parfaite. »

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche VIII, 1919-1929

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche VIII, 1919-1929

« Je suis dans le poing et dans la plaie ; je me reconnais ici, là et partout. »

« Un nouveau verbe, un nouvel objet – et le même sujet. Toujours le même enchaînement de plaintes »

« Signalement :
Front moyen
Yeux moyens
Intelligence moyenne
Sensibilité peu marquée
Oreilles grandes
Lèvres mobiles, langue souple
Mains prestes, mains de jongleur — pour l’Olympia ou le vol à la tire

Signe particulier : une ligne de vie faisant le tour du pouce. »

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche IX , 1919-1929

« Distribuer le gâteau en retranchant ma part. Si un cube n’entre pas dans ma construction, je le supprime. Un à un je les retire tous […].

Je me fais raser les cheveux, arracher les dents, les seins – tout ce qui gêne ou impatiente mon regard – l’estomac, les ovaires, le cerveau conscient et enkysté. Quand je n’aurai plus qu’une carte en main, qu’un battement de cœur à noter, mais à la perfection, bien sûr je gagnerai la partie. » Aveux non avenus

Claude Cahun et Moore- Aveux non avenus, planche X , 1919-1929

« Tu t’es ému de quelques-unes de mes folies ( parfois des plus futiles), et cela au hasard, sans grand discernement.
Tu m’as reproché de m’être levée au milieu de la nuit pour regarder passer un train ( oui, comme les vaches!) probablement quelconque mais que je chargeais d’une présence chère… Tu as incriminé des regards (que toi seul as su voir), je ne sais quels contacts, et mon idolâtrie (ça, c’est la vengeance divine), et mon exagération verbale (honteuse, littéraire). Je la reconnais d’ailleurs, je te donne raison; mais j’ai l’ambition de vivre soumise à d’autres vérités que la vérité littérale. Simple accumulateur qui prend l’électricité nécessaire n’importe où il y a du courant -voilà ce que je suis. Voilà ce qu’il faut être. Mes passions me sont merveilleusement indifférentes (interchangeables selon la meilleure occasion, pour ainsi dire à volonté).

 

Claude Cahun et Marcel Moore, Aveux non avenus. (Unavowed confessions), Paris, Editions du Carrefour, 1929-1930. with text and 10 photogravures.( preface Pierre Mac Orlan) // scanned Book.

Écrivain, photographe et militante associée surréalistes de gauche en France dans les années 1930, Claude Cahun est le pseudonyme de Lucy Schwob. En collaboration avec sa compagne  Suzanne Malherbe, qui adopta le nom de Marcel Moore, Cahun réalise des œuvres écrites, sculptures et collages qui explorent souvent l’identité de genre.

L’Essai autobiographique de Cahun, Aveux non avenus [inavouées confessions], a été publié à Paris en 1930, est le travail d’art original fait par Cahun et Moore  qui a duré de 1919à 1929 .

Cahun apparaît sous les formes énigmatiques, en jouant des personnages différents à l’aide de masques et miroirs et mettant en vedette androgyne rasée ou cheveux coupé, comme peut être vu dans les vues multiples d’elle sur le côté inférieur gauche de ce collage. L’image comprend également des symboles constitués par les femmes de se représenter eux-mêmes — le œil pour Moore, l’artiste et la bouche pour Cahun, l’écrivain et acteur. Considérant que la majorité des surréalistes était des hommes, dont les images femmes apparaissent comme des objets érotiques, autoportraits androgynes de Cahun explorent identité féminine, telle que construite, aux multiples facettes et en fin de compte comme ayant une absence nihiliste au cœur. Cahun écrit: « sous ce masque, un autre masque. Je ne serai jamais fini de soulever tous ces visages. »

 

 

André Breton & Pierre Molinier – Catalogue de l’exposition à L’Etoile Scellée, Paris, du 27 janvier au 17 février 1956.

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André Breton ( texte) , Pierre Molinier (images), catalogue de l’exposition à L’Etoile Scellée, Paris, du 27 janvier au 17 février 1956.