Max Ernst – Une semaine de bonté

« Dans cette ultime partie, des femmes en transe quittent leurs lits et leurs chambres à coucher pour s’envoler. Toute pesanteur, caractéristique de la réalité, est abolie. A travers ces figures cambrées, Max Ernst illustre la fascination surréaliste pour l’hystérie, maladie libératrice et inspiratrice : « Gloire […] à l’hystérie et à son cortège de femmes jeunes et nues glissant le long des toits. Le problème de la femme est, au monde, tout ce qu’il y a de merveilleux et de trouble »

André Breton, Manifestes du surréalisme, Paris, Jean-Jacques Pauvert, 1962.

Pendant plusieurs semaines, l’été 1933, le peintre allemand séjourne à Vigoleno, dans le nord de l’Italie, invité , tout comme l’artiste surréaliste Valentine Hugo ou bien encore le poète et agitateur Gabriele D’Annunzio, le pianiste Arthur Rubinstein,  l’actrice Mary Pickford et même l’acteur Douglas Fairbanks  par Maria Ruspoli, Duchesse de Gramont.

Il puise dans sa foisonnante bibliothèque où sont réunis des romans à quatre sous et il y découpe quantité d’images qui le font rêver ou sourire( (des illustrations découpées de Gustave Doré du Paradis perdu de Milton ou des gravures tirées de magazines  passés de mode , des illustrations de romans populaires du 19e siècle comme Les damnés de Paris de Jules Mary, de manuels scientifiques….)  .

Pour quoi faire ? Pour confectionner son troisième ensemble de collages. Une Semaine de Bonté ( le troisième roman-collage de Max Ernst, apres  « La Femme 100 têtes » de 1929 et « Rêve d’une petite fille qui voulut entrer au Carmel  » de1930. Ces planches furent éditées par Jeanne Bucher l’année suivante en 1934 donc, en un coffret de cinq cahiers, à 800 exemplaires, comportant 184 Collages ( que je vous présente , mais que je ne possède pas (malheureusement), mais il existe aujourd’hui deux très bons livres Ici qui vous présentent toutes les Oeuvres  de ce romans collage, que vous pouvez acquérir pour quelques euros, (optez pour celui de Werner Spies qui respecte les originaux, (teintes par exemple…etc) mais qui est plus cher. L’autre vous trouvez ttes les copies sur le net)

Max Ernst « avait à l’origine prévu de le publier en sept cahiers afin d’associer à chaque cahier un jour de la semaine. Le choix du titre renvoie d’ailleurs au sept jours de la Genèse. Mais c’est également une allusion à l’association d’entraide « La semaine de la bonté » fondée en 1927 pour promouvoir l’action sociale. Paris avait été envahi d’affiches de l’organisation sollicitant le concours de chacun. Le titre, comme les éléments constitutifs des collages sont autant d' »emprunts » de Max Ernst. »@Musée d’Orsay

Ces collages furent exposés deux fois dans leur intégralité (moins cinq planches, censurées car jugées trop blasphématoires) , en 1936 ,au Museo Nacional de Arte Moderno de Madrid,), par l’entremise de Paul Eluard  et plus de 70 ans après  au Musée d’Orsay à Paris en 2009 en çà totalité cette fois.

Dans cette œuvre Max Ernst nous propose une histoire entre le conte merveilleux et le roman «noir»  qui est une suite de plusieurs collages sans note ni légende.( Seul dans le dernier cahier, il accompagne les jours par des citations choisies de Marcel Schwob, Jean Hans Arp, André Breton, Paul Eluard et d’autres.)

Il comporte sept séries d’images qui représentent chacune une journée de la semaine (mythe moderne de la création). La notion d’«éléments capitaux» est substituée par Max Ernst à celle des sept «péchés capitaux». À chaque journée est associé un élément et un exemple. Une semaine de bonté  porte un sous-titre,  «Les sept éléments capitaux»,  affirmant ainsi la volonté délibérément blasphématoire de l’artiste

Le dimanche a pour élément la boue et pour exemple le lion de Belfort (l’orgueil);

le lundi, élément : l’eau, exemple : l’eau (la paresse);

le mardi, élément : le feu, exemple : la cour du dragon (la luxure);

le mercredi, élément : le sang, exemple : Œdipe (la colère );

le jeudi, élément : le noir, deux exemples : le rire du coq, l’île de Pâques (l’envie, qui a deux aspects selon la théologie);

le vendredi, élément : la vue, exemple : l’intérieur de la vue (l’avarice);

le samedi, élément : inconnu, exemple : la clé des chants (la gourmandise).

Au final, chaque collage forme un engrenage donnant naissance à des êtres extraordinaires évoluant dans des décors fascinants, des mondes visionnaires défiant l’entendement et le sens de la réalité. La caractéristiques de tous ces collages est que les thèmes sont abordés par l’isotopie (homme/animal) Les personnages affublés de têtes d’oiseaux, munis d’ailes dans le dos, dotés de membres imprévus,. Avec une maîtrise diabolique ‘une part,  par le fait qu’Ernst unifie l’espace en prenant  plusieurs éléments découpés d’un même espace en y ajoutant un nouvel élément  et dans des décors fantastiques à trois dimensions  y place ses personnages .

Comme ses compagnons surréalistes, Max Ernst est revenu traumatisé de la Première Guerre mondiale. Comment reprendre place, comme si de rien n’était, dans une société qui met tout en œuvre pour oublier ou nier les horreurs et les destructions ? En faisant preuve de dérision, en construisant un univers Onirique, Allégorique et poétique, qu’il pourrait apparaitre presque « délicieux » au sein  d’une fin du 19ieme romantique feutrée  et de n’y évoquer que  la terreur ,  l’effroi,  la cruauté, les tortures, la douleur, La nature de l’homme, la sexualité, la brutalité, qui sont si lissement niées dans les salons confinés, mais qui se révêlent bien existantes derières les murs et portes.  En cela les tableaux et événements qui se déroulent au fil des pages d’une semaine de Bonté forment un contraste éclatant avec le titre et sont l’incarnation de sa volonté de réduire en miettes les bien pensants.  La semaine commence un dimanche, ,  les salons cossus hébergent un peuple qui grouille : mais ils sont  limaces,  queues de diable,  reptiles/ le message est assez clair et éloquant !

«  Dans ce roman visuel, sans parole, le spectateur reste dépendant de sa seule interprétation. C’est à lui de reconstruire un événement, d’identifier une histoire ou de tenter de donner un sens, jusqu’à en perdre haleine. »@Musée d’Orsa


Premier cahier Dimanche /

Max Ernst- Une semaine de bonté premier Cahier dimanche le lion de Belfort, 1934

Max Ernst- Une semaine de bonté premier Cahier dimanche le lion de Belfort, 1934 . © ADAGP

Max Ernst- Une semaine de bonté premier Cahier dimanche le lion de Belfort, 1934 . © ADAGP

Max Ernst- Une semaine de bonté premier Cahier dimanche le lion de Belfort, 1934 . © ADAGP

Max Ernst- Une semaine de bonté premier Cahier dimanche le lion de Belfort, 1934 . © ADAGP

Max Ernst- Une semaine de bonté premier Cahier dimanche le lion de Belfort, 1934 . © ADAGP

Ernst se détache de la chronologie de la Genèse en faisant débuter sa semaine par le dimanche, qu’il fait sombrer dans une orgie de violence, de blasphème et de mort. De même, l’élément associé « La boue » – la boue primitive, der Urschlam – est un contraste absolu avec le jour de repos du Créateur.

Il met en scène la domination constante des faibles, des (belles) femmes en particulier. La bête humaine triomphante à tête féline enchaîne, menace, effraie, torture, tue. Ernst l’a muni de toutes sortes d’armes et a placé ça et là des serpents, crânes et autres éléments symboliques.

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 12, ( Dimanche: la boue et le Lion de Belfort) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 14,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 14,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 22, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 22, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort ,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort ,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 4,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 4,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 5,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 5,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 21,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 21,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 24, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 24, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 28, (Encourager l’interdit d’interprétation) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 34,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le lion de Belfort 34,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Deuxième cahier // Lundi

Le deuxième jour a pour élément et exemple l’eau. Ce Lundi n’en est pas moins chargé de violence, de peur et de mort : il envoie des flots jusqu’en haut des monuments parisiens, aux pieds des lits ou se trouvent de belles prisonnières, parfois endormies.
Ici aussi Ernst joue avec les corps et leurs positions, insère l’ambigüité et l’érotisme.

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, L'eau 4, (Une personnalité du choix)1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, L’eau 4, (Une personnalité du choix)1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst Collage tiré de Une semaine de bonté, l’eau,6 , 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst Collage tiré de Une semaine de bonté, l’eau,6 , 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, L’eau 4, « Ecriture automatique « ( 21) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst Collage tiré de Une semaine de bonté, L’eau 4 (Lundi: l’eau, 24) , 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Troisième cahier // Mardi

Max Ernst- Une semaine de bonté troisème cahier Mardi, La cour du DragonCahier 1934

Max Ernst- Une semaine de bonté troisème cahier Mardi, La cour du Dragon Cahier 1934. © ADAGP

Max Ernst- Une semaine de bonté troisème cahier Mardi, La cour du DragonCahier 1934 2

Max Ernst- Une semaine de bonté troisème cahier Mardi, La cour du Dragon Cahier 1934 . © ADAGP

Max Ernst- Une semaine de bonté troisème cahier Mardi, La cour du DragonCahier 1934 1

Max Ernst- Une semaine de bonté troisème cahier Mardi, La cour du Dragon Cahier 1934 . © ADAGP

Mardi et sa Cour du Dragon, où, alors que dans l’ombre un reptile est toujours prêt à se déployer, la bourgeoisie est montrée dans soute son hypocrisie, son désordre intérieur et ses luttes. « L’histoire commence dans « La cour du dragon » à Paris, et se poursuit dans la grande bourgeoisie. Les dragons et serpents côtoient les êtres humains, eux-mêmes pourvus d’ailes de dragon ou de chauve-souris, voire aussi d’ailes d’ange.
Le feu des passions, élément à l’opposé de la force naturelle de l’eau, conduit à des tragédies symbolisées par les attributs ou animaux plongés dans cet enfer bourgeois. Les motifs surréels qui apparaissent sur les murs et les panneaux de porte expriment les rêves, les peurs et les désirs cachés de la bourgeoisie. » Musée d’Orsay

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, La cour du dragon 4, ( Mardi: le feu et la cour du dragon) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, La cour du dragon 11 (Décoller du réel), 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, La cour du dragon 22 , 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, La cour du dragon 10 , 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, La cour du dragon 24 , 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, La cour du dragon 24 , 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Quatrième cahier //Mercredi

Max Ernst- Une semaine de bonté quatrieme cahier Mercredi OedipeCahier 1934

Max Ernst- Une semaine de bonté quatrieme cahier Mercredi OedipeCahier 1934 . © ADAGP

Max Ernst- Une semaine de bonté quatrieme cahier Mercredi OedipeCahier 1934

Max Ernst- Une semaine de bonté quatrieme cahier Mercredi OedipeCahier 1934 . © ADAGP

Max Ernst- Une semaine de bonté quatrieme cahier Mercredi Oedipe Cahier ,1934

Max Ernst- Une semaine de bonté quatrieme cahier Mercredi Oedipe Cahier ,1934 . © ADAGP

Mercredi raconte le mythe d’Oedipe « Le personnage mythique d’Oedipe est ici représenté avec une tête d’oiseau. Les collages narrent son histoire, notamment l’assassinat du père et l’énigme du sphinx. Le plus célèbre d’entre eux est dédié à la blessure aux pieds que lui avait infligée ses parents pour être sûrs de ne pas le voir revenir après qu’il eut été abandonné. Recueilli et adopté par Polybe, le roi de Corinthe, le jeune enfant reçoit le nom d’Oedipous signifiant « pied enflé » en grec ancien.
Chez Ernst, la scène de la blessure, fruit d’une transposition surréaliste, représente l’homme-oiseau transperçant le pied d’une femme nue avec un poignard. »Musée d’Orsay

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Oedipe 1, ( Anatomies) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Oedipe 3, ( Oeil) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Oedipe 7, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Oedipe 7, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Oedipe 21, (Inquiétante étrangeté) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Oedipe 25, (Un peu de matière désorganisée) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Dernier cahier// Jeudi

Max Ernst- Une semaine de bonté Jeudi Vendredi Samedi Cahier , 1934

Max Ernst- Une semaine de bonté Jeudi Vendredi Samedi Cahier , 1934. © ADAGP

Jeudi place les menaces dans le signe du coq gaulois – l’Etat français.

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le rire du coq,12,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Le rire du coq,12,1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Vendredi et Samedi sont eux beaucoup plus symboliques et même proprement surréalistes avec L’intérieur de la vue et La clé des chants ( où les femmes, enfin libérées, s’envolent vers les cieux, au bord de l’extase, portées par l’étoffe, les nuages et le vent.

« Ceux d’entre eux qui sont gais tournent parfois leur derrière vers le ciel et jettent leurs excréments à la figure des autres hommes ; puis ils se frappent légèrement le ventre. » Marcel Schwob (L’Anarchie).

« Le rire est probablement destiné à disparaître. » Marcel Schwob (Le Rire).

L’île de Pâques « Les pierres sont remplies d’entrailles. Bravo. Bravo. » Arp

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, L’île de Pâques 2 ( Metaphore), 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP,

Vendredi // Elément : La vue

Max Ernst- Une semaine de bonté Jeudi Vendredi Samedi Cahier , 1934 2

Max Ernst- Une semaine de bonté Jeudi Vendredi Samedi Cahier , 1934 . © ADAGP

Trois poèmes visibles
« Si trois est plus grand que 6, faites un cercle autour de la croix, et si l’eau éteint le feu, tracez une ligne du sceau à la bougie, en passant au-dessus du couteau, puis faites une croix sur l’échelle. » Prof. O. Decroly et R. Buyse (Les tests mentaux).

Aux scènes mouvementées des suites précédentes succèdent ici des images pour la plupart emblématiques. Pour certaines planches, Ernst revient à une manière de procéder qu’il a surtout utilisée au début de sa carrière : le « collage synthétique ». Ces compositions sont faites d’éléments hétérogènes placés sur une feuille blanche. Pour les relier entre eux, l’artiste complète les espaces intermédiaires à l’encre ou au crayon, créant en règle générale une scène qui évoque un large paysage.

Premier poème visible
« Et j’oppose à l’amour
Des images de toutes faites
Au lieu d’images à faire. »
Paul Eluard (Comme deux gouttes d’eau)

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté,Premier poème visible 4, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP, Paris 2009

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté,Premier poème visible 4, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Deuxième poème visible
« Un homme et une femme absolument blancs. » André Breton (Le revolver aux cheveux blancs)

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Deuxième poème visible 1, ( Vendredi: l’intérieur de la vue) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Troisième poème visible 1, 1933 © Isidore Ducasse

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Troisième poème visible 1, 1933 © Isidore Ducasse

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Deuxième poème visible 3, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, Troisième poème visible 3, 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Samedi //L’élément : Inconnu

Max Ernst, Collage tiré de Une semaine de bonté, La clé des chants 1, ( Samedi: clé des chants et Inconnu) 1933 © Isidore Ducasse Fine Arts. Photo Peter Ertl. © ADAGP

Vous pouvez trouvez bons nombres des collages dans ce pdf, mais aucun credits n’y est. Vous trouvez noyament les planches du rire du coq // +// + ( là vous avez les crédits si vous voulez en poster) que je n’ai pas mises.

La présentation de l’expostion au Musée d’Orsay avec quelques collages, mais un très bon texte que j’ai d’ailleurs cité ici.

Répondre

Choisissez une méthode de connexion pour poster votre commentaire:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s