
Studio Corona,- Nu # 137, French Postcard, Paris,1920’s
Née à New York en 1893, Florence Henri a d’abord étudié la musique, puis la peinture auprès de Fernand Léger à Paris et la photographie Lazlo Moholy-Nagy et Josef Albers en suivant leurs cours en 1927 et 1928. à Dessau, et elle fréquente le mouvement Bauhaus.
De retour à Paris, elle ouvre son studio et sera reconnue comme une grande portraitiste. En même temps, elle réalise des photo-montages et des compositions abstraites avec des objets géométriques, comme des poutres, des baguettes, des boules de billard, en créant des images illusoires en trois dimensions.
Après ses études, elle s’installe à Paris où elle ouvre un studio pour portrait, mode et de photographie publicitaire.
Son travail a été inclus dans de nombreuses expositions et publications séminales de la fin des années 1920 et au début des années 1930, contribuant à la langue internationale d’expérimentation photographique et abstraction dénommée « New Vision en Europe ». Florence Henri a su témoigner du climat culturel d’une époque. Grâce à sa singulière maîtrise de l’appareil photo, elle a trouvé les langages innovants d’un monde moderne en évolution permanente. Son œuvre s’inscrit dans la lignée de l’École de Gropius qui mettait la photo au même niveau que la peinture et les autres formes influentes de la créativité. Cette école pose en effet le moyen photographique comme élément primaire de la créativité. Florence Henri a su utiliser avec une grande habilité l’appareil photo, cet instrument prodigieux permettant d’atteindre une nouvelle dimension de la réalité.
Elle a repéré, porté à la lumière les caractéristiques matérielles et luminescentes qui qualifient les recherches visuelles de son temps. Elle explore les possibilités de communication qu’offre la photographie et découvre de nouvelles opportunités qu’elle capte sur un mode expressif, comme lorsqu’elle fixe son image réfléchie par un miroir. L’utilisation de miroirs crée, grâce aux changements continus de perspectives, des formes d’objets décomposées, flottant harmonieusement dans des espaces raréfiés.La photographie d’Henri démontre une maîtrise du portrait et des natures morte, incorporant des gros plans, des réflexions et montage dans son répertoire de techniques.
Comme les autres «nouveaux photographes» de cette époque , elle a également fait usage de points de vue inhabituels et ses photographies sont influencées par le cubisme, et ce , souvent, en utilisant des miroirs pour produire des images qui sont fragmentés et dans l’espace ambigu.La manipulation des miroirs, de leurs prismes et des objets réfléchis, pour encadrer, isoler, doubler, est une des caractéristiques les plus distinctives et aventureuse du travail photographique, de Florence Henri provoquant ainsi la confusion du spectateurs, et sa capacité à distinguer la réalité et sa « réflexion » et l’impossibilité de comprendre ou de visualiser l’espace physique occupé, vu, et abstraite par le photographe.L’emploi de miroirs crée, grâce à des changements élémentaires de plans, des espaces où les formes décomposées se réorganisent dans une nouvelle vision de la réalité qu’aujourd’hui, on peut bien appeler « virtuelle ». Florence Henri invente une nouvelle façon d’employer l’appareil photo qui tient compte du broyage des plans et des formes géométriques. Elle aime aussi extraire les objets de leur contexte d’origine et y ajouter parfois des éléments étrangers. En plus, elle utilise la décomposition des formes, le photo-montage, la fusion de perspectives intérieures et extérieures, en revalorisant les outils les plus élémentaires. Chez elle, l’approche de l’objet à capter est extrêmement présente.

Florence Henri – Sans titre, 1928

Florence Henri- Double portrait (au noeud papillon) 1928
Aurel Bauh, né en 1900, est originaire de Craïova, (200 km à l’ouest de Bucarest , Roumanie). De 1921 à 1922, à Berlin, il suit les cours de l’école d’art d’Alexander Archipenko, sculpteur avant-gardiste proche des cubistes. Il y rencontre le photographe Sacha Stone. En 1923, il s’installe à Paris, où il étudie pendant trois ans à l’Académie Moderne dirigée par Fernand Léger et Amédée Ozenfant. C’est à cette période qu’il décide de changer son patronyme « Bauch », prononcé en français « Boche », nom qui au lendemain de la première guerre mondiale était très difficile à porter. Il devient donc Aurel Bauh. Au contact de nombreux amis artistes, il choisit d’investir particulièrement le champ photographique et ses multiples possibilités. Ses photographies sont proches de l’esthétique du Bauhaus, empreintes de la culture des pays de l’Est et de l’art moderne. Il participe à des salons et ses œuvres sont publiées dans plusieurs ouvrages et revues françaises : Arts & Métiers Graphiques, Revue Moderne…
En 1936, il retourne en Roumanie où il ouvre en 1937 à Bucarest le « 43 », studio de photographie moderniste consacré au portrait et à l’illustration. Parallèlement, il réalise de nombreuses vues d’architecture de la ville ainsi que de beaux témoignages de scènes de la vie rurale. Il initie Théodore Brauner, frère du peintre Victor Brauner à la photographie, lequel deviendra à son tour un grand photographe moderniste. Son Studio deviendra très vite le lieu de rencontre des artistes , écrivains d’avant-garde de l’époque) ( S. Perahim, Harry Brauner …)
En 1961, il revient à Paris où il poursuit son travail de photographe pour la publicité.Il y décède le 20 novembre 1964, d’un malheureux accident chirurgical.
les photographies présentées ne sont que le mince aperçu de son travail. une fois encore, je me suis concentré principalement sur le travail d’ Etude de nu.

Aurel Bauh – Nu #13, 1936, ( photogravure) paru dans « 28 Etudes de Nus’, Paris, Arts et Métiers Graphiques, 1936

Laure Albin-Guillot – Untitled,publicité pour maquillage, 1933

Laure Albin Guillot- Publicité pour sédatif nerveux hypnotique, c. 1930-1940 Épreuve argentique d’époque (photomontage) (courtesy oger blanchet)

Laure Albin Guillot- Publicités pour les cigarettes, c. 1930 , Épreuve argentique d’époque. (courtesy oger blanchet)

Laure Albin Guillot 1926 Profils et Coiffures Modernes, Hairstyle

Laure Albin Guillot -Rigaud (Cosmetics) 1932 Laure Albin Guillot, Lipstick Rigaud (Cosmetics) 1932

Laure Albin Guillot -Etude publicitaire pour les rouges à lèvres Rigaud, 1930-1932

Laure Albin-Guillot-Cliché pour L_Officiel en 1937

Laure Albin Guillot -publicité Jaeger-LeCoultre créée dans le courant des années 40

Laure Albin Guillot -Publicité pour les Nouveautés d_Eté Au Printemps, Paris, 1929 couverture du catalogue des magasins du Printemps, 1929

Laure Albin Guillot- Publicité pour le parfum «Indiscret» de Lucien Lelong, 1935 Épreuve argentique d’époque. (courtesy oger blanchet)
Eva Besnyö (1910- 2002) était une photographe Hongro- allemande qui a participé à la « Nieuwe Fotografie mouvement » (nouvelle photographie)
En 1928, elle a commencé à étudier la photographie auprès du très fameux photographe József Pécsi
En 1930, à l’âge de 20 ans, elle déménage à Berlin où elle a d’abord travaillé pour la publicité chez René Ahrlé photographie , avant de se tourner vers le photo-reportages avec le photographe de presse Peter Weller. Elle devient membre du cercle social et politique d’intellectuels qui inclus György Kepes Joris Ivens, Lászlo Moholy-Nagy , Otto Umbehr et Robert Capa.
En 1931, elle ouvre son propre studio. Sa très célèbre photographie du « gipsy boy » avec un violoncelle sur son dos date cette période.
En 1932, elle déménage à Amsterdam , fuyant la montée de l’antisémitisme ( puisqu’étant juive d’origine). Sa rencontre avec la peintre Charley Toorop, va être essentielle. En effet, Charley Toorop va faire entrer Eva Besnyö au cœur de la modernité néerlandaise, et elle est la mère du jeune cinéaste photographe John Fernhout. Charley Toorop est au centre d’artistes. Chez elle à Bergen, se sont croisés tous les courants de l’avant garde néerlandaise .Grace à elle, Eva aura sa première exposition solo au « Van Lier Art Gallery » en 1933 qui consolidera sa reconnaissance aux Pays Bas.
Peu après l’invasion par les nazis des Pays Bas en mai 1940, les lois antisémites empêchent Eva Besnyö de travailler sous son nom. Elle entre dans la clandestinité à l’automne 1942 et va participer à la résistance en faisant des photos d’identité pour les faux papiers. Après la libération, c’est le temps de la reconstruction personnelle et collective. Elle épouse Wim Brusse avec qui elle vit depuis 1938, ils divorceront en 1968. Entre temps elle réalisera beaucoup de photographie de rue et autour de l’architecture.
Les années 1970 la conduisent vers la lutte pour les droits de la femme. Elle soutien le groupe féministe Dolle Mina ( le droit à l’avortement que les comportements machistes disparaissent , qu’aucun enseignement ne leur soit interdit) . Eva Besnyö va les suivre, les photographier, et participer activement au mouvement : la femme et la photographe enfin unies dans un seul engagement.
![John Fernhout- Portrait of Eva Besnyö ( his lover and famous photographer) ,lying on the portraits she has made of a graphologist [ liggend tussen haar portret van een grafoloog],Berlin , 1932 …From the Catalogue Eva Besnyö, 1910-2003 l’image sensible, catalogue jeu de paume, 2012 20130806-102203.jpg](https://lapetitemelancolie.net/wp-content/uploads/2013/08/20130806-102203.jpg?w=549)
John Fernhout- Portrait of Eva Besnyö ( his lover and famous photographer) ,lying on the portraits she has made of a graphologist [ liggend tussen haar portret van een grafoloog],Berlin , 1932
© Eva Besnyö – Maria Austria Instituut Amsterdam

Eva Besnyö- Violette Cornelius, photographer Keizersgracht 522, Amsterdam, 1938 © Eva Besnyö – Maria Austria Instituut Amsterdam

Eva Besnyö- Gyorgy Kepes, (ici des photos de son travail) 1930 © Eva Besnyö – Maria Austria Instituut Amsterdam

Eva Besnyö –Charley Toorop peignant un nu couché, 1932 © Eva Besnyö – Maria Austria Instituut Amsterdam
Voir plus d’oeuvres ici Maria Austria Institut

György Kepes. – Woman in cube , (modèle Juliet His wife) 1938 © Estate of Gyorgy Kepes

György Kepes. Juliet with Peacock Feather, 1937-38. Art Institute of Chicago, Maurice D. Galleher Endowment. © Estate of Gyorgy Kepes, courtesy of Alpha Gallery, Boston.
Après avoir rejoint le pictorialiste renommé Alfred Stieglitz pour soutenir le mouvement « Photo-secession » aux États-Unis au debut 1900, période durant laquelle , l’appareil photo était pour Steichen un outil, au même titre que le pinceau ou le fusain, au moyen duquel exprimer sa perception de la vie
Après la Première Guerre mondiale, au cours de laquelle, il revient à la « straight photography », il évolue ensuite progressivement vers la photographie de mode. Au début des années 1920, l’éditeur américain Condé Nast le choisit pour devenir le photographe en chef des publications du groupe, imposant ses exigences en matière de photographie : « La distinction, l’élégance et le chic. » Il travaille particulièrement pour Vanity Fair et pour Vogue, magazines pour lesquels il réalise notamment de nombreux portraits de célébrités, démontrant une grande capacité à mettre en valeur ses sujets. Il travaillera également étroitement avec Carmel Snow d’Harper’s Bazaar.
Il photographie Gloria Swanson en 1924, puis l’une de ses photographies de l’actrice Greta Garbo, datant de 1928, parue en couverture du magazine Life le , est considéré comme l’un des portraits in.oubliables de l’actrice

Edward Steichen- Gloria Swanson en 1924

Edward Steichen- Greta Garbo,1938

Edward Steichen- Greta Garbo,for Life magazine 1955
Edward Steichen fut aussi le photographe principal de Vanity Fair et de Vogue dans les années 20 et 30.
Reconnu pour son style distinctif et l’usage qu’il faisait de la lumière dans ses portraits dès le début du siècle, Steichen consacra sa vision artistique à « transformer la photographie de mode et à capturer la sophistication de la femme moderne . Son travail pour la mode en particulier à révolutionné le genre de la photographie de mode.

Edward Steichen-Actress Corinne Griffith, standing in front of lilies and a painting with gilt frame,pulished in vanity fair in1920

Tamaris with Hand-Colored Modernist Scarf, 1925 (Edward Steichen)

Anita Chace wearing a shawl with a huge abstract print and crocheted trim with long fringe for American Vogue, 1925 by Edward Steichen

Edward Steichen- Actress Lenore Ulric wearing a headwrap and pearl necklace., pulished in vanity fair in1925

Edward Steichen- Gertrude Lawrence covering her face with a fanpulished in vanity fair in.1929

Edward Steichen- Portrait of Jeanne Jacqueline Harper, mother of artist Niki de Saint Phalle wearing a Persian costume.pulished in vanity fair in1925

Edward Steichen- Touch is Love, 1934

Edward Steichen – Marion Morehouse in the Louise Boulanger dress ,1926

Edward Steichen -Model Marion Morehouse (dress by Kargère) // masks by the illustrator W.T. Benda, 1926

Edward Steichen -Model Marion Morehouse ( dress by Kargère) // masks by the illustrator W.T. Benda, 1926

Edward Steichen -Models Marion Morehouse (in a bouffant dress) and the actress Helen Lyons (in a long sleeve dress by Kargère) // masks by the illustrator W.T. Benda, 1926.

Edward Steichen – for Vogue 15 October 1939.

Edward Steichen, Actress Joan Crawford in a dress by Schiaparelli, 1932

Edward Steichen, Model Wearing Velvet Cloche by Reboux, 1925.

Edward Steichen, Vogue, 1928

Edward Steichen- Woodbury Soap Advertisement , 1936

vogue-1933-photograph-by-edward-steichen

Actress Pola Negri by Edward Steichen-, Vanity Fair june-01-1925
Joan Crawford by Clarence S. Bull

Joan Crawford by Clarence S. Bull
Joan Crawford by Ruth Harriet Louise

Joan Crawford by Ruth Harriet Louise 1926

Joan Crawford, photographed by Ruth Harriet Louise for MGM 1926

Joan Crawford, photographed by Ruth Harriet Louise for MGM,1926
Joan Crawford by Studio Hardcour

Joan Crawford by Hardcour
Joan Crawford by Laszlo Willinger

Joan Crawford by Laszlo Willinger from The Women, M-G-M, 1939
Joan Crawford by George Hurrell

Joan Crawford – by GJoan Crawford – by George Hurrell c1935-36 – No More Ladies directed by Edward H. Griffith, 1935 ( multiple exposure)
Joan Crawford by Elmer Fryer
© ADAGP et ayant droit

Dora Maar- travail en studio pour la mode, BAIGNEUSE en maillot de bain avec surimpression de l’eau de la piscine – ca 1935 Paris ( photomontge)

Dora Maar- Nu de Jacqueline Lamba assise au pied du lit, Antibes, ( aussi située à Mougins où st tropez,) 1939

Dora Maar – Assia avec une anémone devant le visage, 1934, ( piasia )

ANONYME Dora Maar et les squelettes, vers 1927 from “Les vies de Dora Maar – Bataille, Picasso et les surréalistes, 2000

ANONYME Dora Maar et les squelettes, vers 1927 ( source piasa auction) vente Dora Maar, Paris, Piasa, 20 nov1998

Dora Maar – Leonor Fini, Paris, 1936

Dora Maar- Leonor Fini 1930s ( on peut supposer que cela fait partie de la série de 1936)

Alexander ( Hammid) Hackenschmied – Maya Deren, 1943

Laure Albin Guillot – Roses, 1950

Laure Albin Guillot – Vase aux Iris, 1938

Laure Albin Guillot -Etude de fleurs, 1930

Laure Albin Guillot – Coquelicots. Paris, vers 1930.
« Donne-moi tes mains pour l’inquiétude
Donne-moi tes mains dont j’ai tant rêvé
Dont j’ai tant rêvé dans ma solitude
Donne-moi tes mains que je sois sauvé
Lorsque je les prends à mon pauvre piège
De paume et de peur de hâte et d’émoi
Lorsque je les prends comme une eau de neige
Qui fond de partout dans mes main à moi
Sauras-tu jamais ce qui me traverse
Ce qui me bouleverse et qui m’envahit
Sauras-tu jamais ce qui me transperce
Ce que j’ai trahi quand j’ai tressailli
Ce que dit ainsi le profond langage
Ce parler muet de sens animaux
Sans bouche et sans yeux miroir sans image
Ce frémir d’aimer qui n’a pas de mots
Sauras-tu jamais ce que les doigts pensent
D’une proie entre eux un instant tenue
Sauras-tu jamais ce que leur silence
Un éclair aura connu d’inconnu
Donne-moi tes mains que mon cœur s’y forme
S’y taise le monde au moins un moment
Donne-moi tes mains que mon âme y dorme
Que mon âme y dorme éternellement. »
Louis Aragon – Les mains d’Elsa, in Le fou d’Elsa- 1964.
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