Colette, La vagabonde

« Ecrire! Pouvoir écrire! Cela signifie la longue rêverie devant la feuille blanche, le griffonnage inconscient,les jeux de la plume qui tourne en rond autour d’une tache d’encre,qui mordille le mot imparfait,le griffe,le hérisse de fléchettes,l’orne d’antennes,de pattes,jusqu’à ce qu’il perde sa figure lisible de mot,mué en insecte fantastique,envolé en papillon fée… »
Colette, La vagabonde

Dunoyer de Segonzac-  Colette ,nd

Dunoyer de Segonzac- Colette ,nd

Georges Bataille

“Il n’est pas de sentiment qui jette dans l’exubérance avec plus de force que celui du néant.”
Georges Bataille, In, L’Érotisme, éd. Éditions de Minuit, coll. Arguments, 1957.

Georges Bataille, André Masson, Le mort. 1964

Georges Bataille, André Masson, Le mort. 1964

Louise Bourgeois- Untitled { Le mot pitié m’a apaisée}, 2006

Louise Bourgeois- Untitled { Le mot pitié m’a apaisée}, 2006 une autre version à voir ici datant de 2001

Louise Bourgeois- Untitled { Le mot pitié m’a apaisée}, 2006 une autre version à voir ici datant de 2001

 

Egon Schiele

Egon Schiele 1915

Léonor Fini by Eddy Brofferio

Eddy Brofferio– Leonor Fini Paris 1966

Franz Stuck

Franz Stuck –Medusa

Albert Matignon- ” Awakening from Opium” , 1911

Albert Matignon- ” Awakening from Opium” , 1911

Gustav Klimt

Gustav Klimt- Nude, ( 1905/10)

René Magritte, L’Évidence éternelle (The Eternally Obvious), Paris, 1930

René Magritte, L’Évidence éternelle (The Eternally Obvious), Paris, 1930,  collection The Menil

René Magritte, L’Évidence éternelle (The Eternally Obvious), Paris, 1930, collection The Menil

 

Antonin Artaud

 

Antonin Artaud – La Machine de l’être ou Dessin à regarder de traviole, 1946

Antonin Artaud – La Machine de l’être ou Dessin à regarder de traviole, 1946

Antonin Artaud – Le Théâtre de la cruauté,1946

Antonin Artaud – Le Théâtre de la cruauté,1946

Antonin Artaud- Couti l'anatomie, septembre 1945

Antonin Artaud- Couti l’anatomie, septembre 1945

Antonin Artaud -Portrait de Paule Thevenin,1947

Antonin Artaud -Portrait de Paule Thevenin,1947

Antonin Artaud, La Maladresse sexuelle de dieu, 1946 (2)

Antonin Artaud, La Maladresse sexuelle de dieu, 1946 (2)

Antonin Artaud, Carte postale a Jeanne Toulouse decoree d'un dessin, 1921

Antonin Artaud, Carte postale a Jeanne Toulouse decoree d’un dessin, 1921

 

Antonin Artaud – La tête bleue

Monsieur le législateur,

Monsieur le législateur de la loi de 1916, agrémentée du décret de juillet 1917 sur les stupéfiants, tu es un con
Ta loi ne sert qu’à embêter la pharmacie mondiale sans profit pour l’étiage toxicomanique de la nation
parce que
1° Le nombre des toxicomanes qui  s’approvisionnent chez le pharmacien est infime;
2° Les vrais toxicomanes ne s’approvisionnent pas chez le pharmacien;
3° Les toxicomanes qui s’approvisionnent chez le pharmacien sont tous des malades;
4° Le nombre des toxicomanes malades est infime par rapport à celui des toxicomanes voluptueux;
5° Les restrictions pharmaceutiques de la drogue ne gêneront jamais les toxicomanes voluptueux et organisés;
6° Il y aura toujours des fraudeurs;
7° Il y aura toujours des toxicomanes par vice de forme, par passion;
8° Les toxicomanes malades ont sur la société un droit imprescriptible, qui est qu’on leur foute la paix.
C’est avant tout une question de conscience.
la loi sur les stupéfiants met entre les mains de l’inspecteur-usurpateur de la santé publique le droit de disposer de la douleur des hommes; c’est une prétention singulière de la médecine moderne que de vouloir dicter ses devoirs à la conscience de chacun.
Tous les bêlements de la charte officielle sont sans pouvoir d’action contre ce fait de conscience : à savoir, que, plus encore que de la mort, je suis le maître de ma douleur. Tout homme est juge, et juge exclusif, de la quantité de douleur physique, ou encore de vacuité mentale qu’il peut honnêtement supporter.

Lucidité ou non lucidité, il y a une lucidité que nulle maladie ne m’enlèvera jamais, c’est celle qui me dicte le sentiment de ma vie physique. Et si j’ai perdu ma lucidité, la médecine n’a qu’une chose à faire, c’est de me donner les substances qui me permettent de recouvrer l’usage de cette lucidité.
Messieurs les dictateurs de l’école pharmaceutique de France, vous êtes des cuistres rognés : il y a une chose que vous devriez mieux mesurer; c’est que l’opium est cette imprescriptible et impérieuse substance qui permet de rentrer dans la vie de leur âme à ceux qui ont eu le malheur de l’avoir perdue.
Il y a un mal contre lequel l’opium est souverain et ce mal s’appelle l’Angoisse, dans sa forme mentale, médicinale, physiologique, logique ou pharmaceutique, comme vous voudrez.

L’Angoisse qui fait les fous.
L’Angoisse qui fait les suicidés.
L’Angoisse qui fait les damnés.
L’Angoisse que la médecine ne connaît pas.
L’Angoisse que votre docteur n’entend pas.
L’Angoisse qui lèse la vie.
L’Angoisse qui pince la corde ombilical de la vie.
Par votre loi inique vous mettez entre les mains de gens en qui je n’ai aucune espèce de confiance, cons en médecine, pharmaciens en fumier, juges en mal-façon, docteurs, sages-femmes, inspecteurs-doctoraux, le droit de disposer de mon angoisse, d’une angoisse en moi aussi fine que les aiguilles de toutes les boussoles de l’enfer.
Tremblement du corps ou de l’âme, il n’existe pas de sismographe humain qui permette à qui me regarde d’arriver à une évaluation de ma douleur plus précise, que celle, foudroyante, de mon esprit!

Toute la science hasardeuse des hommes n’est pas supérieure à la connaissance immédiate que je puis avoir de mon être. Je suis seul juge de ce qui est en moi.
Rentrez dans vos greniers, médicales punaises, et toi aussi, Monsieur le Législateur Moutonnier, ce n’est pas par amour des hommes que tu délires, c’est par tradition d’imbécilité. Ton ignorance de ce que c’est qu’un homme n’a d’égale que ta sottise à le limiter.
Je te souhaite que ta loi retombe sur ton père, ta mère, ta femme, tes enfants, et toute ta postérité. Et maintenant avale ta loi. Antonin Artaud Lettre adressée à son medecin

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Artaud – Sorts
” C’est en 1938, à l’asile de Ville-Evrard, que j’ai construit mes premiers gris-gris./ Sur de petites feuilles quadrillées de papier perdu d’écolier je composai de passives figures, comme des têtes ravagés d’asthmes, d’affres et de hoquets.” ” Le but de toutes ces figures dessinées et coloriées était un exorcisme de malédiction, une vitupération corporelle contre les obligations de la forme spatiale, de la perspective, de la mesure, de l’équilibre, de la dimension […]./ Et les figures donc que je faisais étaient des sorts – que je brûlais avec une allumette après les avoir aussi méticuleusement dessinées.”
«Il ne s’agit pas ici de dessins au propre sens du terme, d’une incorporation quelconque de la réalité par le dessin. Ils ne sont pas une tentative pour renouveler l’art auquel je n’ai jamais cru du dessin non mais pour les comprendre il faut les situer d’abord. Ce sont 50 dessins pris à des cahiers de notes littéraires, poétiques psychologiques, physiologiques magiques magiques surtout magiques d’abord et par-dessus tout.»

a été adressé à Sonia Mossé en 1939

Antonin Artaud / Lettre d’envoûtement adressée au docteur Léon Fouks, datée du 8 mai 1939

Antonin Artaud, Cahier avec “autoportrait au couteau”, mars 1947, 22 x 17,5 cm, BNF

 

 

Abel Gance- Antonin Artaud in the 1932 version of Mater Dolorosa

Abel Gance- Antonin Artaud in the 1932 version of Mater Dolorosa

Dr Gaston Ferdière ry Antonin Artaud à l’hôpital psychiatrique : Veille de la sortie de Rodez (24 mai 1946)

Portrait of Antonin Artaud by Denise Colomb, 1947.

 

Bernard Buffet – Visage, 1958

Bernard Buffet - Visage, 1958

Bernard Buffet – Visage, 1958

 

Bernard Buffet- Jeux de Dames, 1970

Bernard Buffet- Jeux de Dames, 1970

Bernard Buffet- Jeux de Dames, 1970

 

 

 

Bernard Buffet- paravents aux nus,1960

Bernard Buffet- paravents aux nus,1960

Bernard Buffet- paravents aux nus,1960

 

Jean Cocteau

Auto-portrait de Jean Cocteau, dans une lettre adressée à Paul Valéry, Octobre 1924. {From Belles Lettres: Manuscripts Of The Masters Of French Literature, Roselyne de Ayala and Jean-Pierre Guéno.}

 

Jean Cocteau - Le Mystère de Jean l’Oiseleur, autoportrait n°21, 1924

Jean Cocteau – Le Mystère de Jean l’Oiseleur, autoportrait n°21, » Douter de tout, c’est aussi douter du doute, voilà ce qui guette les incrédules »  1924

Jean Cocteau, Le mystère de Jean l’oiseleur n°18, 1924

Jean Cocteau, Le mystère de Jean l’oiseleur n°183″ je garde mon ange », 1924

Jean Cocteau - Lettre autographe signée à l’écrivain surréaliste Georges Hugnet

Jean Cocteau – Lettre autographe signée à l’écrivain surréaliste Georges Hugnet

Jean Cocteau - Untitled, 1931

Jean Cocteau – Untitled, 1931

Jean Cocteau  protrait de max jacob

Jean Cocteau protrait de max jacob, 1961

Jean Cocteau Matarasso 63 x 49 cm Litho 1957

Jean Cocteau Matarasso 63 x 49 cm Litho 1957

Jean Cocteau - Illustration pour le Livre Blanc, 1930

Jean Cocteau – Illustration pour le Livre Blanc, 1930

Jean Cocteau- Le Livre Blanc, Paris, Éditions du Signe, 1930

Jean Cocteau- Le Livre Blanc, Paris, Éditions du Signe, 1930

ean COCTEAU (1889-1963)  MARIN A LA CIGARETTE Mine de plomb sur papier à lettre du 36 rue de Montpensier, Ier Porte , nd ( drouot)

ean COCTEAU (1889-1963) MARIN A LA CIGARETTE Mine de plomb sur papier à lettre du 36 rue de Montpensier, Ier Porte , nd ( drouot)

Jean COCTEAU (1889-1963)  EROTIQUE - VARIANTE POUR UNE ILLUSTRATION DU LIVRE QUERELLE DE BREST DE JEAN GENÊT EDITION PAUL MORIHIEN - 1947 Mine de plomb sur papier

Jean COCTEAU (1889-1963) EROTIQUE – VARIANTE POUR UNE ILLUSTRATION DU LIVRE QUERELLE DE BREST DE JEAN GENÊT EDITION PAUL MORIHIEN – 1947 Mine de plomb sur papier

Couverture dessin de Jean Cocteau pour Ernest Hemingway Today is Friday, Englewood, New Jersey,  The As Stable Publications, 1926.

Couverture dessin de Jean Cocteau pour Ernest Hemingway Today is Friday, Englewood, New Jersey, The As Stable Publications, 1926.

Jean Cocteau - LA CHANCE DE LANCELOT, VERS 1937

Jean Cocteau – LA CHANCE DE LANCELOT, VERS 1937

Jean Cocteau - from Escales  # 11 sur papier fort,  1920 Éd° de la Sirène (source Binoche et Giquello)

Jean Cocteau – from Escales # 11 sur papier fort, 1920 Éd° de la Sirène (source Binoche et Giquello)

Jean Cocteau  Manuscrit, Minerve, ma minerve, nd

Jean Cocteau Manuscrit, Minerve, ma minerve, nd

 

Claude Cahun – Henri Michaux ( Le chat-serpent Surnom donné par Cahun à Michaux) photographies et correspondance

Henri Michaux,et Claude Cahun entretiendront une correspondance de trente ans.L’un et l’autre ,partageant un goût pour l’étrange et un rapport très particulier au corps, ces deux individus inclassables sont également proches par leurs préoccupations esthétiques. Claude Cahun sut d’ailleurs bien mettre en valeur la singularité de son ami dans plusieurs de ses clichés photographiques présentés ci- dessous

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la première lettre que Michaux adressa à Claude Cahun

« Mademoiselle,

J’ai lu chez mon ami Viot de vos pages qui sont extrêmement indépendantes.

Si vos rêves sont à l’avenant et que vous les mettiez sur le papier, je serais glorieux de les publier.

Croyez-moi par ailleurs attentif à tout ce que vous écrivez, et cordialement désireux de vous mieux connaître.

le 19 janvier 1925 « 

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“J’ai failli aller à Jersey, mais comme je ne plonge pas, comme je déteste l’eau, comme pourtant je sais nager, comme je me fais horreur en caleçon de bain, comme je ne parle pas anglais, comme d’autre part j’en sais assez pour souffrir du surplus que je n’entends pas, comme je ne voyage jamais au moment des vacances, comme je puis faire à Paris une vraie cure de silence et de solitude en ce mois unique où tout le monde est parti, comme dans une île je serais évidemment abominable et sans doute (plusieurs mots illisibles) de qiuelques milliers  d’autres considérations encore, j’ai renoncé à y aller maintenant / En hiver qui sait ?”

Henri Michaux – Lettre à Claude Cahun, été 1929

Claude Cahun - Henri Michaux, Paris , 1925

Claude Cahun – Henri Michaux, Paris , 1925

“Si vous entendez vers cette heure-là un bruit excessif et soudain dans l’escalier, allez ouvrir, c’est peut-être moi qui aurai eu une syncope. Je connais le truc maintenant. Depuis 6 jours, je le connais.”

Henri Michaux – Lettre à Claude Cahun annonçant sa visite pour le lendemain, 19 septembre 1931
Claude Cahun - Henri Michaux double exposition, Paris 1925

Claude Cahun – Henri Michaux double exposition, Paris 1925

“Vous attendez de moi, qui ne sait rien, des nouvelles de Paris. Ils glissent tous à droite, non plus exactement et c’est pire, vers l’autorité. Même les Marx Brothers en leur dernier film sont devenus, me dit-on, tristes comme la pluie. Il semble que vous ayez eu rudement du flair en quittant cette ville où l’on a le plexus solaire foutu.”

Henri Michaux – Lettre à Claude Cahun annonçant son arrivée à Jersey, novembre 1938.

Claude Cahun – Henri Michaux, Jersey, ca 1938 via Jersey Heritage

 

Henri Michaux avait une grande confiance en son amie, lui prêtant ses objets les plus intimes, et lui laissant ses « adresses secrètes » 

« Voici Milarepa, livre actuellement introuvable et auquel je tiens comme à la prunelle de mes yeux. Ne le prêtez à personne – je m’excuse d’insister : c’est mon livre de chevet. » (Michaux, Paris, 1934) ;

« Adresse archi secrète : Hôtel du Palais Bourbon / 49 rue de Bourgogne / Paris. Tel, Littré 83. 98. » (Michaux, Paris vers 1937).

Source et plus d’informations ici fabula.revue

Livre : Raymond Bellour et Ysé Tran  » Henri Michaux,  Œuvres Complètes I », Bibliothèque de la Pléiade, Chronologie.