Georges Hugnet Huit jours à Trebaumec édité en 1969 Journal de vacances, de 1947

Georges Hugnet Nous embarquâmes joyeusement dans le train de Paris, où une voiture nous était réservée, et où aucune femme furetée ne furetait.

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Lorsqu’il est jeune, Georges Hugnet adore découper des journaux et réarranger les en-têtes, les articles et les images pour en faire son propre ‘journal’. De cette façon, il crée des collages pleins de fantaisie et d’humour, ce qu’il continue à faire ultérieurement aussi bien dans ses pièces de théâtre que dans sa poésie et son travail cinématographique. Hugnet considère que le cadre rectangulaire d’un tableau est trop restreint. Grâce à l’allogamie de différentes disciplines, son travail connaît une grande diversité. C’est précisément cette richesse d’imagination qu’il a toujours défendue, en tant que dadaïste/surréaliste.

Photomontage : (procédé qui) relève de la même technique que le collage (mais s’en distingue par les éléments qui le composent,) photographies originales ou d’images de magazines permettant une plus grande liberté d’expression (et) un développement plastique plus orientable et plus spectaculaire. […] Apport des dadaïstes berlinois qui constituait leur moyen d’expression le plus scandaleux et le plus violent […] le photomontage n’introduisait pas seulement en art un matériau nouveau, mais il créait aussi un moyen de choc. De l’aveu même d’Hausmann, son pouvoir de susciter l’insolite se double d’une puissance publicitaire et d’une combativité politique. […] Il est indéniable que le photomontage eut l’influence la plus marquante sur la publicité moderne.

Georges Hugnet In Dictionnaire du dadaïsme paru en 1976

Symbolisme sexuel

Néanmoins, même si le cadre de ses photos est généralement encore plus restreint, il a le don de faire valoir sa créativité. Celle-ci atteint sa pleine maturité dans Huit jours à Trébaumec, qui représente un journal de vacances de Hugnet pour lequel il a pris 82 photos. Hugnet compose ces photo-collages à un âge plus avancé et il s’avère être un ‘peintre de collages’ talentueux. Les photos d’origine ont été prises durant un voyage que Hugnet a fait sur les côtes de Bretagne en 1947.
Grâce aux collages de Hugnet, Huit jours à Trébaumec est devenu un journal de vacances insolite. C’est un récit de voyage grotesque et humoristique, pourvu d’illustrations osées, qui se situe sur les côtes de Bretagne. Deux filles en petite tenue se précipitent sur les marches d’un grand escalier somptueux, deux autres, toutes nues, les dévalent, et sur la fesse d’une dame courbée en deux, on voit un écureuil.
La poésie de Hugnet est considérée comme truffée de symbolique sexuelle et par conséquence, elle se prête à de multiples interprétations. On peut dire la même chose pour Huit jours à Trébaumec; l’histoire et les photo-collages sont plutôt suggestives. Les poses généralement osées de ces dames, souvent très légèrement vêtues, ne laissent rien à deviner.

Guide Rose Micheline

George Hugnet – cover Guide Michicheline O 1969. l’imitation du guide Michelin L’ouvrage était prêt en 1947 publié avant 1969.

L’étonnement suscité par la lecture de ce texte original et la vue de ces collages étranges font de Huit jours à Trébaumec un parfait exemple de la tradition surréaliste et dadaïste. Même sans avoir ouvert le livre, on est surpris par le Huit jours à Trébaumec, format atypique de cette édition (hauteur 40cm, largeur 19cm). Sa réalisation est de la main de l’édition Mercher et le livre paraît comme ‘Guide Rose Micheline’, une forme de parodie du Guide Michelin Rouge. Ce n’est pas le petit bonhomme Michelin (Bibendum), mais la petite Micheline qui, en tant que guide, indique le chemin.
Lorsque le livre est ouvert, on voit chaque fois sur la page de droite deux photo-collages accompagnés sur la page de gauche par deux textes. L’écriture personnelle de Hugnet est ici reproduite par phototypie. Des photos de vacances de sites touristiques, tout à fait ordinaires, ont été remaniées par Hugnet à l’aide de coupures de magazines, principalement de mannequins de vitrines, de femmes, de modèles de mode, mais aussi de champignons énormes.

Huit jours a trébaumec de Georges Hugnet June 5, 1969

Trébaumec, paradis retrouvé

Et qui va chercher le lieu de Trébaumec sur une carte géographique, ne le trouvera pas. ‘Trébaumec’ qui probablement fait référence à l’expression courante en français pour ‘un très joli garçon’ (très beau mec), est un produit de l’imagination de Hugnet. Il l’appelle ‘la petite cité perdue en Bretagne, paradis retrouvé’.

Georges Hugnet -Huit jours à Trébaumec, 1947

 

Georges Hugnet – Colofron, Huit jours à Trébaumec, 1947

Georges Hugnet -Huit jours à Trébaumec, 1947Photo-collages par Georges Hugnet (droite) avec commentaires (gauche) [p. 26-27]

Georges Hugnet -Huit jours à Trébaumec, 1947.Photo-collages par Georges Hugnet (droite) avec commentaires (gauche) [p. 22-23]

Georges Hugnet Cinq minutes plus, tard, le bateau dans bateau From Huit Jours à Trébaumec p. 7 upper, #13 1969

Georges Hugnet (De Fausses Fontaines Lumineuses From Huit Jours à Trébaumec . 1947

Georges Hugnet- Huit jours à Trebaumec ,Autour de 1947représentant une femme entrant par la fenetre suivi de deux chevres,. Reproduit dans

Georges Hugnet- Huit jours à Trebaumec ,Autour de 1947représentant une femme allongée sur sa plage sans tête de dos

 

Georges Hugnet- Huit jours à Trebaumec ,Autour de 1947représentant Max Linder et des sprinters au jardin du Luxembourg.

Georges Hugnet- 1935 . Reproduit dans l’ouvrage Huit jours à Trebaumec édité en 1969.

Georges Hugnet- Huit jours à Trebaumec Sans tenir compte des prévisions, ,Autour de 1947, Reproduit dans l’ouvrage Huit jours à Trebaumec édité en 1969.

Georges Hugnet – Guide Rose, Huit jours à Trébaumec, 1969-70

Georges Hugnet En cours de route… From Huit Jours à Trébaumec , p. 14 lower, #28 1969

Georges Hugnet- Huit jours à Trebaumec ,Autour de 1947représentant une femme dont la robe semble soulevée par un pingouin.

Georges Hugnet- La première inspection du Château(The First Inspection of the Castle), 1947, from une semaine à Tébaunec

Georges Hugnet- Une fête à bureau fermé 1947

Georges Hugnet -From Huit jours à Trébaumec, 1969 (Atelier Mercher, Services du Guide rose Micheline,) journal de vacances de Georges Hugnet

Georges Hugnet -Huit jours à Trébaumec, 1947.Photo-collage par Georges Hugnet à la page [103]

Georges Hugnet Nous embarquâmes joyeusement dans le train de Paris, où une voiture nous était réservée, et où aucune femme furetée ne furetait.

Georges Hugnet – Huit jours à Trébaumec, La Promenade du soir, 1947

Georges Hugnet- Huit jours à Trebaumec ,Autour de 1947 Reproduit dans l’ouvrage Huit jours à Trebaumec édité en 1969.

Georges Hugnet Durant notre vagabondage à travers champs… From Huit Jours à Trébaumec p. 16 lower, #32 ca. 1947

 

Barbara Morgan- Dancer #69, 1947

Barbara Morgan- Dancer #69, 1947

 

Marcel Duchamp- Prière de toucher, 1947

Marcel Duchamp- Prière de toucher, 1947

Marcel Duchamp- Prière de toucher, 1947

 

Le temps déborde , 1947 par Paul Eluard – Photographies Dora Maar & Man Ray. Ed° es Cahiers d’Art, Paris

Ouvrage publié sous le pseudonyme de Didier Desroches, Cet ouvrage, le seul comportant ce pseudonyme de l’auteur utilisé une seule fois par Paul Eluard, fut publié suite au décès de Nusch , illustré de 11 photographies de Nusch par Dora Maar et Man Ray. Dans tous les poèmes du recueil Eluard revient sur les dix-sept années de vie commune qui se sont brusquement interrompues. Notre vie est le poème le plus connu du recueil, celui où la mort de Nush est aussi la sienne. La vie avec Nush ne faisait qu’un avec l’emploi de ce possessif notre. Si le second terme est vie, le mot qui revient comme une obsession dans ce poème est la mort
collection Luc Decaunes, gendre de Paul Eluard.


Notre vie tu l’as faite elle est ensevelie
Aurore d’une ville un beau matin de mai
Sur laquelle la terre a refermé son poing
Aurore en moi dix-sept années toujours plus claires
Et la mort entre en moi comme dans un moulin
Notre vie disais-tu si contente de vivre
Et de donner la vie à ce * que nous aimions
Mais la mort a rompu l’équilibre du temps
La mort qui vient la mort qui va la mort vécue
La mort visible boit et mange à mes dépens
Morte visible Nush invisible et plus dure
Que la soif et la faim à mon corps épuisé
Masque de neige sur la terre et sous la terre »
Sources des larmes dans la nuit masque d’aveugle
Mon passé se dissout je fais place au silence.

Dora Marr – Nush Rluard Le temps déborde , 1947 par Paul Eluard – Photographies Dora Maar & Man Ray. Ed° es Cahiers d’Art, Paris

Dora Marr- Nush Eluard , Le temps déborde , 1947 par Paul Eluard - Photographies Dora Maar & Man Ray. Ed° es Cahiers d’Art, Paris

Man Ray– Nush Eluard , Le temps déborde , 1947 par Paul Eluard – Photographies Dora Maar & Man Ray. Ed° es Cahiers d’Art, Paris

 

Man Ray- Nush Eluard Le temps déborde , 1947 par Paul Eluard - Photographies Dora Maar & Man Ray. Ed° Les Cahiers d’Art, Paris

Man Ray- Nush Eluard Le temps déborde , 1947 par Paul Eluard – Photographies Dora Maar & Man Ray. Ed° Les Cahiers d’Art, Paris

Man Ray- Nush Eluard, Le temps déborde , 1947 par Paul Eluard - Photographies Dora Maar & Man Ray. Ed° es Cahiers d’Art, Paris

Man Ray- Nush Eluard, Le temps déborde , 1947 par Paul Eluard – Photographies Dora Maar & Man Ray. Ed° Les Cahiers d’Art, Paris

Man Ray- Nush Eluard Le temps déborde , 1947 par Paul Eluard - Photographies Dora Maar & Man Ray. Ed° es Cahiers d’Art, Paris 1

Dora Maar- Nush Eluard Le temps déborde , 1947 par Paul Eluard – Photographies Dora Maar & Man Ray. Ed° Les Cahiers d’Art, Paris

Pierre Jahan – Étude 120 pour Plain Chant/ Jean Cocteau ,1947

Pierre Jahan(  1909 – 2003 ) a debuté très tôt  la photographie au sein de sa famille. En 1933, il s’installe à Paris et dès lors sa carrière débutera vraiment. est grâce à sa rencontre avec le publicitaire Raymond Gid qui lui confiera  sa première commande.

En 1936, il devient membre du groupe de photographes, « Rectangle » ( Créé entre autre par Emmanuel Sougez). Sous l’occupation Allemande il travaille pour le magazine Images de France, réalise des portraits et se consacre à des séries d’images (la Mort ,  les statue) s, qui feront l’objet d’une publication en 1946 avec un texte de Jean Cocteau. Ils publient également ensemble, en 1947, une édition dans laquelle le poème Plain Chant de Cocteau est illustré de photographies de nus.( voir photographie ci dessous).  En 1949, il rejoint le Groupe des XV, dont nous  que nous évoquons regulièrement  ici.

Très intéressé par le surréalisme, Pierre Jahan réalisera aussi  de nombreux collages et photomontages ( à retrouver sur son site Ici )

Biographie complète ici sur son site

 

Voir toute la serie sur son site Ici

 

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