Marguerite Duras, in “La pluie d’été »

« La nuit il regretta.
La mort.
Les chiens.
L’enfance, il regretta, beaucoup, beaucoup.
L’amour, il regretta.
L’amour, il regretta au-delà de sa vie, au-delà de ses forces.
L’amour d’elle.
Les ciels d’orage
La pluie d’été.
L’enfance.
Jusqu’à la fin de la vie, l’amour d’elle.
Et puis un jour, il lui était venu le désir ardent de vivre une vie de pierre.
De mort et de pierre.
Une fois, il ne regretta pas.
Plus rien il regretta.
Ça avait été pendant cette nuit-là, que tomba sur Vitry la première pluie d’été. Elle tomba sur tout le centre-ville , le fleuve, l’autoroute détruite, l’arbre, les sentes et les pentes des enfants, forte et drue comme un flot de sanglots. »

Marguerite Duras, in “La pluie d’été »

Marguerite Duras in L’Amant

« L’histoire de ma vie n’existe pas. Ca n’existe pas.
Il n’y a jamais de centre. Pas de chemin, pas de ligne.
Il y a de vastes endroits où l’on fait croire qu’il y avait quelqu’un,
ce n’est pas vrai il n’y avait personne.
Je n’ai jamais écrit, croyant le faire, je n’ai jamais aimé, croyant aimer, je n’ai jamais rien fait qu’attendre devant la porte fermée.
Je me suis dit qu’on écrivait toujours sur le corps mort du monde et, de même, sur le corps mort de l’amour. »

M. Duras, in L’Amant

Jack Kerouac-Sur la route

« Un jour, toi et moi, on longera les ruelles au coucher du soleil et on ira faire les poubelles. – On finira clodos, tu veux dire ? – Pourquoi pas mec ? Bien sûr qu’on finira clodos si ça nous chante. Y a pas de mal à finir ça. »

Jack Kerouac-Sur la route , 1957 ( Traduit en 1960 pour Gallimard par Jacques Houbard)

A. Artaud, in Le pèse nerf

Ce que vous avez pris pour mes oeuvres n’était que les déchets de moi-même, ces raclures de l’âme que l’homme normal n’accueille pas.

A. Artaud, in Le pèse nerf

Colette, La vagabonde

« Ecrire! Pouvoir écrire! Cela signifie la longue rêverie devant la feuille blanche, le griffonnage inconscient,les jeux de la plume qui tourne en rond autour d’une tache d’encre,qui mordille le mot imparfait,le griffe,le hérisse de fléchettes,l’orne d’antennes,de pattes,jusqu’à ce qu’il perde sa figure lisible de mot,mué en insecte fantastique,envolé en papillon fée… »
Colette, La vagabonde

Dunoyer de Segonzac-  Colette ,nd

Dunoyer de Segonzac- Colette ,nd

Georges Bataille

“Il n’est pas de sentiment qui jette dans l’exubérance avec plus de force que celui du néant.”
Georges Bataille, In, L’Érotisme, éd. Éditions de Minuit, coll. Arguments, 1957.

Georges Bataille, André Masson, Le mort. 1964

Georges Bataille, André Masson, Le mort. 1964

Antonin Artaud- Prière, 1923

Ah donne-nous des crânes de braise
Des crânes brûlés aux foudres du ciel
Des crânes lucides des crânes réels
Et traversés de ta présence

Fais-nous naître aux cieux du dedans
Criblés de gouffres en averses
Et qu’un vertige nous traverse
Avec un ongle incandescent

Rassasie-nous nous avons faim
De commotions intersidérales
Ah verse-nous des laves astrales
A la place de notre sang

Détache-nous. Divise-nous
Avec tes mains de braises coupantes
Ouvre-nous ces routes brûlantes
Où l’on meurt plus loin que la mort

Fais vaciller notre cerveau
Au sein de sa propre science
Et ravis-nous l’intelligence
Aux griffes d’un typhon nouveau

Antonin Artaud- Prière, 1923

Antonin Artaud, le Pèse-Nerfs / 1925

« Toute l’écriture est de la cochonnerie.
Les gens qui sortent du vague pour essayer de préciser quoi que ce soit de ce qui se passe dans leur pensée, sont des cochons.
Toute la gent littéraire est cochonne, et spécialement celle de ce temps-ci.
Tous ceux qui ont des points de repères dans l’esprit, je veux dire d’un certain côté de la tête, sur des emplacements bien localisés de leur cerveau, tous ceux qui sont maîtres de leur langue, tous ceux pour qui les mots ont un sens, tous ceux pour qui il existe des altitudes dans l’âme, et des courants dans la pensée, ceux qui sont esprits de l’époque, et qui ont nommé ces courants de pensée, je pense à leurs besognes précises, et à ce grincement d’automate que rend à tous vents leur esprit,
– sont des cochons.
Ceux pour qui certains mots ont un sens, et certaines manières d’être, ceux qui font si bien des façons, ceux pour qui les sentiments ont des classes et qui discutent sur un degré quelconque de leurs hilarantes classifications, ceux qui croient encore à des « termes », ceux qui remuent des idéologies ayant pris rang dans l’époque, ceux dont les femmes parlent si bien et ces femmes aussi qui parlent si bien et qui parlent des courants de l’époque, ceux qui croient encore à une orientation de l’esprit, ceux qui suivent des voies, qui agitent des noms, qui font crier les pages des livres, – ceux-là sont les pires cochons. Vous êtes bien gratuit, jeune homme !
Non, je pense à des critiques barbus.
Et je vous l’ai dit : pas d’oeuvre, pas de langue, pas de parole, pas d’esprit, rien.
Rien, sinon un beau Pèse-Nerfs.
Et n’espérez pas que je vous nomme ce tout, en combien de parties il se divise, que je vous dise son poids, que je marche, que je me mette à discuter sur ce tout, et que, discutant, je me perde et que je me mette ainsi sans le savoir à PENSER, – et qu’il s’éclaire, qu’il vive, qu’il se pare d’une multitude de mots, tous bien frottés de sens, tous divers, et capables de bien mettre au jour toutes les altitudes, toutes les nuances d’une très sensible et pénétrante pensée.
Ah ces états qu’on ne nomme jamais, ces situations éminentes d’âme, ah ces intervalles d’esprit, ah ces minuscules ratées qui sont le pain quotidien de mes heures, ah ce peuple fourmillant de données, – ce sont toujours les mêmes mots qui me servent et vraiment je n’ai pas l’air de beaucoup bouger dans ma pensée, mais j’y bouge plus que vous en réalité, barbes d’ânes, cochons pertinents, maîtres du faux verbe, trousseurs de portraits, feuilletonistes, rez-de-chaussée, herbagistes, entomologistes, plaie de ma langue.
Je vous l’ai dit, que je n’ai plus ma langue, ce n’est pas une raison pour que vous persistiez, pour que vous vous obstiniez dans la langue.
Allons, je serai compris dans dix ans par les gens qui feront aujourd’hui ce que vous faites. Alors on connaîtra mes geysers, on verra mes glaces, on aura appris à dénaturer mes poisons, on décèlera mes jeux d’âme.
Alors tous mes cheveux seront coulés dans de la chaux, toutes mes veines mentales, alors on percevra mon bestiaire, et ma mystique sera devenue un chapeau. Alors on verra fumer les jointures des pierres, et d’arborescents bouquets d’yeux mentaux se cristalliseront en glossaires, alors on verra choir des aérolithes de pierre, alors on verra des cordes, alors on comprendra la géométrie sans espaces, et on apprendra ce que c’est que la configuration de l’esprit, et on comprendra comment j’ai perdu l’esprit.
Alors on comprendra pourquoi mon esprit n’est pas là, alors on verra toutes les langues tarir, tous les esprits se dessécher, toutes les langues se racornir, les figures humaines s’aplatiront, se dégonfleront, comme aspirées par des ventouses desséchantes, et cette lubrifiante membrane continuera à flotter dans l’air, cette membrane lubrifiante et caustique, cette membrane à deux épaisseurs, à multiples degrés, à un infini de lézardes, cette mélancolique et vitreuse membrane, mais si sensible, si pertinente elle aussi, si capable de se multiplier, de se dédoubler, de se retourner avec son miroitement de lézardes, de sens, de stupéfiants, d’irrigations pénétrantes et vireuses, alors tout ceci sera trouvé bien, et je n’aurai plus besoin de parler. »
Antonin Artaud, le Pèse-Nerfs / 1925

Marguerite Duras, “Hiroshima mon amour »

« Dans quelques années, quand je t’aurai oublié, et que d’autres histoires comme celle-là, par la force encore de l’habitude, arriveront encore, je me souviendrai de toi comme de l’oubli de
l’amour même.
Je penserai à cette histoire comme à l’horreur de l’oubli.
Je le sais déjà. »

Marguerite Duras, “Hiroshima mon amour »

Albert Camus La Crise de l’Homme

« L’histoire des hommes est l’histoire de leurs erreurs et non de leur vérité. La vérité est probablement comme le bonheur, elle est toute simple et elle n’a pas d’histoire. »

Albert Camus La Crise de l’Homme  – Texte de la conférence prononcée en 1946 à Colombia University inédit en français, traduit de l’anglais par Jean-Marie Laclavetine  In Nouvelle Revue Française

Andrey Chezhin - from Touching the City St. Petersburg, 1991

Andrey Chezhin – from Touching the City St. Petersburg, 1991

 

E. Cioran – Sur les cimes du désespoir ,1933.

« En arriver à ne plus apprécier que le silence, c’est réaliser l’expression essentielle du fait de vivre en marge de la vie. […] Il faut pour cela que la présence des hommes vous ait exaspéré, que la complexité des problèmes vous ait dégoûté au point que vous ne vous intéressiez plus qu’au silence et à ses cris.
La lassitude porte à un amour illimité du silence, car elle prive les mots de leur signification pour en faire des sonorités vides; les concepts se diluent, la puissance des expressions s’atténue, toute parole dite ou entendue repousse, stérile. Tout ce qui part vers l’extérieur, ou qui en vient, reste un murmure monocorde et lointain, incapable d’éveiller l’intérêt ou la curiosité. […] »


E. Cioran – Face au silence- in, Sur les cimes du désespoir – 1933.

Stefan ZWEIG

« Soudain, ses deux mains, qui jusque-là reposaient sûrement dans l’attente, se soulevèrent. Et avant que j’eusse pu détourner la tête deux crochets me prirent par les tempes et attirèrent ma bouche du front jusqu’à ses lèvres. La pression fut si ardente, la succion si avide, que ses dents rencontrèrent les miennes, en même temps que sa poitrine se tendait, se bombait pour toucher, sentir mon corps incliné. Jamais je n’ai connu de baiser aussi sauvage, aussi désespéré que celui de cette enfant infirme. Mais ce n’était pas encore assez. Avec ivresse elle me tint serré contre elle jusqu’à ce que le souffle lui manquât. Alors l’étau se desserra, ses mains nerveuses commencèrent à s’éloigner de mes tempes et à fouiller dans mes cheveux. Une seconde seulement, elle me libéra pour me regarder dans les yeux, comme ensorcelée, puis elle m’attira de nouveau à elle, couvrit de baisers fous mes joues, mon front, mes yeux, mes lèvres. »

Stefan ZWEIG – in, La pitié dangereuse

Antonin Artaud

 

Antonin Artaud – La Machine de l’être ou Dessin à regarder de traviole, 1946

Antonin Artaud – La Machine de l’être ou Dessin à regarder de traviole, 1946

Antonin Artaud – Le Théâtre de la cruauté,1946

Antonin Artaud – Le Théâtre de la cruauté,1946

Antonin Artaud- Couti l'anatomie, septembre 1945

Antonin Artaud- Couti l’anatomie, septembre 1945

Antonin Artaud -Portrait de Paule Thevenin,1947

Antonin Artaud -Portrait de Paule Thevenin,1947

Antonin Artaud, La Maladresse sexuelle de dieu, 1946 (2)

Antonin Artaud, La Maladresse sexuelle de dieu, 1946 (2)

Antonin Artaud, Carte postale a Jeanne Toulouse decoree d'un dessin, 1921

Antonin Artaud, Carte postale a Jeanne Toulouse decoree d’un dessin, 1921

 

Antonin Artaud – La tête bleue

Monsieur le législateur,

Monsieur le législateur de la loi de 1916, agrémentée du décret de juillet 1917 sur les stupéfiants, tu es un con
Ta loi ne sert qu’à embêter la pharmacie mondiale sans profit pour l’étiage toxicomanique de la nation
parce que
1° Le nombre des toxicomanes qui  s’approvisionnent chez le pharmacien est infime;
2° Les vrais toxicomanes ne s’approvisionnent pas chez le pharmacien;
3° Les toxicomanes qui s’approvisionnent chez le pharmacien sont tous des malades;
4° Le nombre des toxicomanes malades est infime par rapport à celui des toxicomanes voluptueux;
5° Les restrictions pharmaceutiques de la drogue ne gêneront jamais les toxicomanes voluptueux et organisés;
6° Il y aura toujours des fraudeurs;
7° Il y aura toujours des toxicomanes par vice de forme, par passion;
8° Les toxicomanes malades ont sur la société un droit imprescriptible, qui est qu’on leur foute la paix.
C’est avant tout une question de conscience.
la loi sur les stupéfiants met entre les mains de l’inspecteur-usurpateur de la santé publique le droit de disposer de la douleur des hommes; c’est une prétention singulière de la médecine moderne que de vouloir dicter ses devoirs à la conscience de chacun.
Tous les bêlements de la charte officielle sont sans pouvoir d’action contre ce fait de conscience : à savoir, que, plus encore que de la mort, je suis le maître de ma douleur. Tout homme est juge, et juge exclusif, de la quantité de douleur physique, ou encore de vacuité mentale qu’il peut honnêtement supporter.

Lucidité ou non lucidité, il y a une lucidité que nulle maladie ne m’enlèvera jamais, c’est celle qui me dicte le sentiment de ma vie physique. Et si j’ai perdu ma lucidité, la médecine n’a qu’une chose à faire, c’est de me donner les substances qui me permettent de recouvrer l’usage de cette lucidité.
Messieurs les dictateurs de l’école pharmaceutique de France, vous êtes des cuistres rognés : il y a une chose que vous devriez mieux mesurer; c’est que l’opium est cette imprescriptible et impérieuse substance qui permet de rentrer dans la vie de leur âme à ceux qui ont eu le malheur de l’avoir perdue.
Il y a un mal contre lequel l’opium est souverain et ce mal s’appelle l’Angoisse, dans sa forme mentale, médicinale, physiologique, logique ou pharmaceutique, comme vous voudrez.

L’Angoisse qui fait les fous.
L’Angoisse qui fait les suicidés.
L’Angoisse qui fait les damnés.
L’Angoisse que la médecine ne connaît pas.
L’Angoisse que votre docteur n’entend pas.
L’Angoisse qui lèse la vie.
L’Angoisse qui pince la corde ombilical de la vie.
Par votre loi inique vous mettez entre les mains de gens en qui je n’ai aucune espèce de confiance, cons en médecine, pharmaciens en fumier, juges en mal-façon, docteurs, sages-femmes, inspecteurs-doctoraux, le droit de disposer de mon angoisse, d’une angoisse en moi aussi fine que les aiguilles de toutes les boussoles de l’enfer.
Tremblement du corps ou de l’âme, il n’existe pas de sismographe humain qui permette à qui me regarde d’arriver à une évaluation de ma douleur plus précise, que celle, foudroyante, de mon esprit!

Toute la science hasardeuse des hommes n’est pas supérieure à la connaissance immédiate que je puis avoir de mon être. Je suis seul juge de ce qui est en moi.
Rentrez dans vos greniers, médicales punaises, et toi aussi, Monsieur le Législateur Moutonnier, ce n’est pas par amour des hommes que tu délires, c’est par tradition d’imbécilité. Ton ignorance de ce que c’est qu’un homme n’a d’égale que ta sottise à le limiter.
Je te souhaite que ta loi retombe sur ton père, ta mère, ta femme, tes enfants, et toute ta postérité. Et maintenant avale ta loi. Antonin Artaud Lettre adressée à son medecin

**********************

Artaud – Sorts
” C’est en 1938, à l’asile de Ville-Evrard, que j’ai construit mes premiers gris-gris./ Sur de petites feuilles quadrillées de papier perdu d’écolier je composai de passives figures, comme des têtes ravagés d’asthmes, d’affres et de hoquets.” ” Le but de toutes ces figures dessinées et coloriées était un exorcisme de malédiction, une vitupération corporelle contre les obligations de la forme spatiale, de la perspective, de la mesure, de l’équilibre, de la dimension […]./ Et les figures donc que je faisais étaient des sorts – que je brûlais avec une allumette après les avoir aussi méticuleusement dessinées.”
«Il ne s’agit pas ici de dessins au propre sens du terme, d’une incorporation quelconque de la réalité par le dessin. Ils ne sont pas une tentative pour renouveler l’art auquel je n’ai jamais cru du dessin non mais pour les comprendre il faut les situer d’abord. Ce sont 50 dessins pris à des cahiers de notes littéraires, poétiques psychologiques, physiologiques magiques magiques surtout magiques d’abord et par-dessus tout.»

a été adressé à Sonia Mossé en 1939

Antonin Artaud / Lettre d’envoûtement adressée au docteur Léon Fouks, datée du 8 mai 1939

Antonin Artaud, Cahier avec “autoportrait au couteau”, mars 1947, 22 x 17,5 cm, BNF

 

 

Abel Gance- Antonin Artaud in the 1932 version of Mater Dolorosa

Abel Gance- Antonin Artaud in the 1932 version of Mater Dolorosa

Dr Gaston Ferdière ry Antonin Artaud à l’hôpital psychiatrique : Veille de la sortie de Rodez (24 mai 1946)

Portrait of Antonin Artaud by Denise Colomb, 1947.

 

Jean Cocteau

Auto-portrait de Jean Cocteau, dans une lettre adressée à Paul Valéry, Octobre 1924. {From Belles Lettres: Manuscripts Of The Masters Of French Literature, Roselyne de Ayala and Jean-Pierre Guéno.}

 

Jean Cocteau - Le Mystère de Jean l’Oiseleur, autoportrait n°21, 1924

Jean Cocteau – Le Mystère de Jean l’Oiseleur, autoportrait n°21, » Douter de tout, c’est aussi douter du doute, voilà ce qui guette les incrédules »  1924

Jean Cocteau, Le mystère de Jean l’oiseleur n°18, 1924

Jean Cocteau, Le mystère de Jean l’oiseleur n°183″ je garde mon ange », 1924

Jean Cocteau - Lettre autographe signée à l’écrivain surréaliste Georges Hugnet

Jean Cocteau – Lettre autographe signée à l’écrivain surréaliste Georges Hugnet

Jean Cocteau - Untitled, 1931

Jean Cocteau – Untitled, 1931

Jean Cocteau  protrait de max jacob

Jean Cocteau protrait de max jacob, 1961

Jean Cocteau Matarasso 63 x 49 cm Litho 1957

Jean Cocteau Matarasso 63 x 49 cm Litho 1957

Jean Cocteau - Illustration pour le Livre Blanc, 1930

Jean Cocteau – Illustration pour le Livre Blanc, 1930

Jean Cocteau- Le Livre Blanc, Paris, Éditions du Signe, 1930

Jean Cocteau- Le Livre Blanc, Paris, Éditions du Signe, 1930

ean COCTEAU (1889-1963)  MARIN A LA CIGARETTE Mine de plomb sur papier à lettre du 36 rue de Montpensier, Ier Porte , nd ( drouot)

ean COCTEAU (1889-1963) MARIN A LA CIGARETTE Mine de plomb sur papier à lettre du 36 rue de Montpensier, Ier Porte , nd ( drouot)

Jean COCTEAU (1889-1963)  EROTIQUE - VARIANTE POUR UNE ILLUSTRATION DU LIVRE QUERELLE DE BREST DE JEAN GENÊT EDITION PAUL MORIHIEN - 1947 Mine de plomb sur papier

Jean COCTEAU (1889-1963) EROTIQUE – VARIANTE POUR UNE ILLUSTRATION DU LIVRE QUERELLE DE BREST DE JEAN GENÊT EDITION PAUL MORIHIEN – 1947 Mine de plomb sur papier

Couverture dessin de Jean Cocteau pour Ernest Hemingway Today is Friday, Englewood, New Jersey,  The As Stable Publications, 1926.

Couverture dessin de Jean Cocteau pour Ernest Hemingway Today is Friday, Englewood, New Jersey, The As Stable Publications, 1926.

Jean Cocteau - LA CHANCE DE LANCELOT, VERS 1937

Jean Cocteau – LA CHANCE DE LANCELOT, VERS 1937

Jean Cocteau - from Escales  # 11 sur papier fort,  1920 Éd° de la Sirène (source Binoche et Giquello)

Jean Cocteau – from Escales # 11 sur papier fort, 1920 Éd° de la Sirène (source Binoche et Giquello)

Jean Cocteau  Manuscrit, Minerve, ma minerve, nd

Jean Cocteau Manuscrit, Minerve, ma minerve, nd

 

Bertolt Brecht – Sermons domestiques , In Hauspostille, 1927

« Ne vous laissez pas séduire

Car il n’est pas de retour.

Déjà le jour approche

Le vent de la nuit souffle

Mais le matin ne viendra pas.

Ne vous laissez pas conter

que la vie est peu de choses.

Buvez la vie en grands traits

Il sera toujours trop tôt

Quand vous devrez la quitter.

Ne vous laissez pas rouler

Vous n’avez pas trop de temps.

Laissez pourrir les cadavres

La vie l’emporte toujours

Et l’on ne vit qu’une fois.

Ne vous laissez pas traîner

Aux corvées et aux galères.

De quoi donc auriez-vous peur?

Vous mourrez comme les bêtes

Après la mort le néant. »

Josef Breitenbach Bertolt Brecht, 1930's

Josef Breitenbach – Bertolt Brecht, 1930’s