Marguerite Duras, “Hiroshima mon amour »

« Dans quelques années, quand je t’aurai oublié, et que d’autres histoires comme celle-là, par la force encore de l’habitude, arriveront encore, je me souviendrai de toi comme de l’oubli de
l’amour même.
Je penserai à cette histoire comme à l’horreur de l’oubli.
Je le sais déjà. »

Marguerite Duras, “Hiroshima mon amour »

E. Cioran – Sur les cimes du désespoir ,1933.

« En arriver à ne plus apprécier que le silence, c’est réaliser l’expression essentielle du fait de vivre en marge de la vie. […] Il faut pour cela que la présence des hommes vous ait exaspéré, que la complexité des problèmes vous ait dégoûté au point que vous ne vous intéressiez plus qu’au silence et à ses cris.
La lassitude porte à un amour illimité du silence, car elle prive les mots de leur signification pour en faire des sonorités vides; les concepts se diluent, la puissance des expressions s’atténue, toute parole dite ou entendue repousse, stérile. Tout ce qui part vers l’extérieur, ou qui en vient, reste un murmure monocorde et lointain, incapable d’éveiller l’intérêt ou la curiosité. […] »


E. Cioran – Face au silence- in, Sur les cimes du désespoir – 1933.