Antonin Artaud

 

Antonin Artaud – La Machine de l’être ou Dessin à regarder de traviole, 1946

Antonin Artaud – La Machine de l’être ou Dessin à regarder de traviole, 1946

Antonin Artaud – Le Théâtre de la cruauté,1946

Antonin Artaud – Le Théâtre de la cruauté,1946

Antonin Artaud- Couti l'anatomie, septembre 1945

Antonin Artaud- Couti l’anatomie, septembre 1945

Antonin Artaud -Portrait de Paule Thevenin,1947

Antonin Artaud -Portrait de Paule Thevenin,1947

Antonin Artaud, La Maladresse sexuelle de dieu, 1946 (2)

Antonin Artaud, La Maladresse sexuelle de dieu, 1946 (2)

Antonin Artaud, Carte postale a Jeanne Toulouse decoree d'un dessin, 1921

Antonin Artaud, Carte postale a Jeanne Toulouse decoree d’un dessin, 1921

 

Antonin Artaud – La tête bleue

Monsieur le législateur,

Monsieur le législateur de la loi de 1916, agrémentée du décret de juillet 1917 sur les stupéfiants, tu es un con
Ta loi ne sert qu’à embêter la pharmacie mondiale sans profit pour l’étiage toxicomanique de la nation
parce que
1° Le nombre des toxicomanes qui  s’approvisionnent chez le pharmacien est infime;
2° Les vrais toxicomanes ne s’approvisionnent pas chez le pharmacien;
3° Les toxicomanes qui s’approvisionnent chez le pharmacien sont tous des malades;
4° Le nombre des toxicomanes malades est infime par rapport à celui des toxicomanes voluptueux;
5° Les restrictions pharmaceutiques de la drogue ne gêneront jamais les toxicomanes voluptueux et organisés;
6° Il y aura toujours des fraudeurs;
7° Il y aura toujours des toxicomanes par vice de forme, par passion;
8° Les toxicomanes malades ont sur la société un droit imprescriptible, qui est qu’on leur foute la paix.
C’est avant tout une question de conscience.
la loi sur les stupéfiants met entre les mains de l’inspecteur-usurpateur de la santé publique le droit de disposer de la douleur des hommes; c’est une prétention singulière de la médecine moderne que de vouloir dicter ses devoirs à la conscience de chacun.
Tous les bêlements de la charte officielle sont sans pouvoir d’action contre ce fait de conscience : à savoir, que, plus encore que de la mort, je suis le maître de ma douleur. Tout homme est juge, et juge exclusif, de la quantité de douleur physique, ou encore de vacuité mentale qu’il peut honnêtement supporter.

Lucidité ou non lucidité, il y a une lucidité que nulle maladie ne m’enlèvera jamais, c’est celle qui me dicte le sentiment de ma vie physique. Et si j’ai perdu ma lucidité, la médecine n’a qu’une chose à faire, c’est de me donner les substances qui me permettent de recouvrer l’usage de cette lucidité.
Messieurs les dictateurs de l’école pharmaceutique de France, vous êtes des cuistres rognés : il y a une chose que vous devriez mieux mesurer; c’est que l’opium est cette imprescriptible et impérieuse substance qui permet de rentrer dans la vie de leur âme à ceux qui ont eu le malheur de l’avoir perdue.
Il y a un mal contre lequel l’opium est souverain et ce mal s’appelle l’Angoisse, dans sa forme mentale, médicinale, physiologique, logique ou pharmaceutique, comme vous voudrez.

L’Angoisse qui fait les fous.
L’Angoisse qui fait les suicidés.
L’Angoisse qui fait les damnés.
L’Angoisse que la médecine ne connaît pas.
L’Angoisse que votre docteur n’entend pas.
L’Angoisse qui lèse la vie.
L’Angoisse qui pince la corde ombilical de la vie.
Par votre loi inique vous mettez entre les mains de gens en qui je n’ai aucune espèce de confiance, cons en médecine, pharmaciens en fumier, juges en mal-façon, docteurs, sages-femmes, inspecteurs-doctoraux, le droit de disposer de mon angoisse, d’une angoisse en moi aussi fine que les aiguilles de toutes les boussoles de l’enfer.
Tremblement du corps ou de l’âme, il n’existe pas de sismographe humain qui permette à qui me regarde d’arriver à une évaluation de ma douleur plus précise, que celle, foudroyante, de mon esprit!

Toute la science hasardeuse des hommes n’est pas supérieure à la connaissance immédiate que je puis avoir de mon être. Je suis seul juge de ce qui est en moi.
Rentrez dans vos greniers, médicales punaises, et toi aussi, Monsieur le Législateur Moutonnier, ce n’est pas par amour des hommes que tu délires, c’est par tradition d’imbécilité. Ton ignorance de ce que c’est qu’un homme n’a d’égale que ta sottise à le limiter.
Je te souhaite que ta loi retombe sur ton père, ta mère, ta femme, tes enfants, et toute ta postérité. Et maintenant avale ta loi. Antonin Artaud Lettre adressée à son medecin

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Artaud – Sorts
” C’est en 1938, à l’asile de Ville-Evrard, que j’ai construit mes premiers gris-gris./ Sur de petites feuilles quadrillées de papier perdu d’écolier je composai de passives figures, comme des têtes ravagés d’asthmes, d’affres et de hoquets.” ” Le but de toutes ces figures dessinées et coloriées était un exorcisme de malédiction, une vitupération corporelle contre les obligations de la forme spatiale, de la perspective, de la mesure, de l’équilibre, de la dimension […]./ Et les figures donc que je faisais étaient des sorts – que je brûlais avec une allumette après les avoir aussi méticuleusement dessinées.”
«Il ne s’agit pas ici de dessins au propre sens du terme, d’une incorporation quelconque de la réalité par le dessin. Ils ne sont pas une tentative pour renouveler l’art auquel je n’ai jamais cru du dessin non mais pour les comprendre il faut les situer d’abord. Ce sont 50 dessins pris à des cahiers de notes littéraires, poétiques psychologiques, physiologiques magiques magiques surtout magiques d’abord et par-dessus tout.»

a été adressé à Sonia Mossé en 1939

Antonin Artaud / Lettre d’envoûtement adressée au docteur Léon Fouks, datée du 8 mai 1939

Antonin Artaud, Cahier avec “autoportrait au couteau”, mars 1947, 22 x 17,5 cm, BNF

 

 

Abel Gance- Antonin Artaud in the 1932 version of Mater Dolorosa

Abel Gance- Antonin Artaud in the 1932 version of Mater Dolorosa

Dr Gaston Ferdière ry Antonin Artaud à l’hôpital psychiatrique : Veille de la sortie de Rodez (24 mai 1946)

Portrait of Antonin Artaud by Denise Colomb, 1947.

 

László Moholy-Nagy

Né à Bacsborsod en Hongrie en 1895, Laszlo MOHOLY-NAGY se destine à une carrière de droit interrompue par la première guerre mondiale à laquelle il doit participer en tant qu’officier dans l’armée Austro-Hongroise. Blessé, son temps passé en convalescence lui permet de mûrir ses idéaux socialistes et de se lancer sérieusement dans l’écriture. Encouragé par un ami critique d’art il suit les cours du soir de l’école Robert Berény où il monte ses premières expositions. Sa carrière d’artiste commence vers 1918. En 1920, tout juste arrivé à Berlin et influencé par le Constructivisme russe (El Lissitzky), il s’oriente vers l’abstraction. Son désir de produire des oeuvres objectives et dégagées de la touche du peintre l’amène à se préoccuper de la transparence et de la lumière. Il perfectionne ses méthodes sur le photogramme dès 1922. Grâce aux mouvements d’ombres et de lumières, il arrive à dématérialiser les objets réels. Il attire ainsi l’attention de l’architecte Walter Gropius qui le nomme professeur au Bauhaus (à Weimar) en 1923. Le but de l’école d’unir art, science et technologie au service de l’humanité convient parfaitement aux ambitions utopistes de l’artiste. En 1925, l’école s’installe à Dessau. Les compositions de Moholy-Nagy deviennent plus dynamiques, et il introduit dans sa pratique les matériaux industriels. En 1928, il devient directeur du Bauhaus qui déménage de nouveau à Berlin. Il démarre alors une activité de designer, et dessine aussi des affiches.
C’est à partir de 1929 qu’il commence à réaliser des films. La plupart ont trait à l’agitation de la ville, à l’architecture, ou à l’activité humaine. Il y utilise la lumière afin d’établir une dialectique sociale, de mettre en relief certains aspects du quotidien, pour éveiller le spectateur au politique. Le seul film qui soit véritablement fidèle à l’abstraction prônée dans ses écrits est aussi le plus connu: Lichtspiel Schwarz-Weiss-Grau (ou « Jeu de lumière noir-blanc-gris »), réalisé à partir d’une sculpture cinétique, le Modulateur espace-lumière. Il parachève avec cette oeuvre le travail qu’il avait initié dans ses photogrammes. Les nazis font fermer le Bauhaus en 1933, et Moholy-Nagy doit quitter l’Allemagne. Il part à Amsterdam puis à Londres en 1935, et émigre aux Etats-Unis en 1937, à Chicago, pour être professeur à l’Ecole des Arts et Industries.

Aujourd’hui pourtant, ni photogramme, ni film ni modulateur , mais des collages et peintures, partie de son oeuvre tout aussi connues que le reste

László Moholy-Nagy-Love Your Neighbor; Murder on the RailwayLove Your Neighbor; Murder on the Railway, 1925

László Moholy-Nagy-Love Your Neighbor; Murder on the RailwayLove Your Neighbor; Murder on the Railway, 1925

László Moholy-Nagy -

László Moholy-Nagy –

László Moholy-Nagy- Die zerruttete ehe 1925 – 1927

László Moholy-Nagy- Die zerruttete ehe 1925 – 1927

László Moholy-Nagy- How do I stay young and beautiful. 1925 museum.ru

László Moholy-Nagy- How do I stay young and beautiful. 1925 museum.ru

László Moholy-Nagy – Olly and Dolly Sisters, ca. 1925, Gemeentemuseum Den Haag

László Moholy-Nagy – Olly and Dolly Sisters, ca. 1925, Gemeentemuseum Den Haag

László Moholy-Nagy – My name is Bunny Rabbit, I know nothing, 1927 Gemeentemuseum Den Haag

László Moholy-Nagy – My name is Bunny Rabbit, I know nothing, 1927 Gemeentemuseum Den Haag

László Moholy-Nagy -Die Korsettstange , 1925 - 1927

László Moholy-Nagy -Die Korsettstange , 1925 – 1927

László Moholy-Nagy- The Mavericks II (Die Eigenbrötler II), 1927

László Moholy-Nagy- The Mavericks II (Die Eigenbrötler II), 1927

László Moholy-Nagy-Leda and the swan. 1925

László Moholy-Nagy-Leda and the swan. 1925

László Moholy-Nagy-The Law of Series. (Das Gesetz der Serie), 1925

László Moholy-Nagy-The Law of Series. (Das Gesetz der Serie), 1925

László Moholy-Nagy-Sportmakes Appetite

László Moholy-Nagy- Sportmakes Appetite

László Moholy-Nagy- Human Mechanics, 1925

László Moholy-Nagy- Human Mechanics, 1925

László Moholy-Nagy Between sky an earth or Behind the back of god, 1923

László Moholy-Nagy Between sky an earth or Behind the back of god, 1923

László Moholy-Nagy – The benevolent gentleman, 1924 Gemeentemuseum Den Haag

László Moholy-Nagy – The benevolent gentleman, 1924 Gemeentemuseum Den Haag

László Moholy-Nagy - The Shooting Gallery, 1925-27

László Moholy-Nagy – The Shooting Gallery, 1925-27

László Moholy-Nagy – Pneumatik, 1924 (encre, aérographe, sur papier photo) Gemeentemuseum Den Haag

László Moholy-Nagy – Pneumatik, 1924 (encre, aérographe, sur papier photo) Gemeentemuseum Den Haag

László Moholy-Nagy - Pneumatik, 1924 (encre, aérographe, sur papier photo)

László Moholy-Nagy – Pneumatik, 1924 (encre, aérographe, sur papier photo)

László Moholy-Nagy – Light prop for an electric stage, 1922-1929 (collage, ink and watercolour on paper), Gemeentemuseum Den Haag

László Moholy-Nagy – Light prop for an electric stage, 1922-1929 (collage, ink and watercolour on paper), Gemeentemuseum Den Haag

László Moholy-Nagy – Light prop for an electric stage [detail], 1922-1929 (collage, ink and watercolour on paper) Gemeentemuseum Den Haag

László Moholy-Nagy – Light prop for an electric stage [detail], 1922-1929 (collage, ink and watercolour on paper) Gemeentemuseum Den Haag

László Moholy-Nagy -Composition A.XX, , 1924

László Moholy-Nagy -Composition A.XX, , 1924

László Moholy-Nagy - ,Composition A.XX, 1924

László Moholy-Nagy – ,Composition A.XX, 1924