Henri Cartier-Bresson- Three Poems from Les Fleurs du Mal The Flowers of Evil by Henri Cartier-Bresson , in 1997)

Hymne

À la très chère, à la très belle
Qui remplit mon coeur de clarté,
À l’ange, À l’idole immortelle,
Salut en l’immortalité!

Elle se répand dans ma vie
Comme un air imprégné de sel,
Et dans mon âme inassouvie
Verse le goût de l’éternel.

Sachet toujours frais qui parfume
L’atmosphère d’un cher réduit,
Encensoir oublié qui fume
En secret à travers la nuit,

Comment, amour incorruptible,
T’exprimer avec vérité?
Grain de musc qui gis, invisible,
Au fond de mon éternité!

À la très bonne, à la très belle
Qui fait ma joie et ma santé,
À l’ange, à l’idole immortelle,
Salut en l’immortalité!

— Charles Baudelaire

Hymn

To the dearest, fairest woman
Who sets my heart ablaze with light,
To the angel, the immortal idol,
Greetings in immortality!

She permeates my life
Like air impregnated with salt
And into my unsated soul
Pours the taste for the eternal.

Sachet, ever fresh, that perfumes
The atmosphere of a dear nook,
Forgotten censer smoldering
Secretly through the night,

Everlasting love, how can I
Describe you truthfully?
Grain of musk that lies unseen
In the depths of my eternity!

To the dearest, fairest woman
Who is my health and my delight
To the angel, the immortal idol,
Greetings in immortality!

— Charles Baudelaire

Henri Cartier-Bresson- Pause entre deux poses, 1989,avec Hymne

Henri Cartier-Bresson- Pause entre deux poses, 1989,avec Hymne ( and published In Three Poems from Les Fleurs du Mal  The Flowers of Evil by  Henri Cartier-Bresson , in 1997 with Hymne)

Les Promesses d’un visage

J’aime, ô pâle beauté, tes sourcils surbaissés,
    D’où semblent couler des ténèbres;
Tes yeux, quoique très-noirs, m’inspirent des pensers
    Qui ne sont pas du tout funèbres.

Tes yeux, qui sont d’accord avec tes noirs cheveux,
    Avec ta crinière élastique,
Tes yeux, languissamment, me disent: «Si tu veux,
    Amant de la muse plastique,

Suivre l’espoir qu’en toi nous avons excité,
    Et tous les goûts que tu professes,
Tu pourras constater notre véracité
    Depuis le nombril jusqu’aux fesses;

Tu trouveras au bout de deux beaux seins bien lourds,
    Deux larges médailles de bronze,
Et sous un ventre uni, doux comme du velours,
    Bistré comme la peau d’un bonze,

Une riche toison qui, vraiment, est la soeur
    De cette énorme chevelure,
Souple et frisée, et qui t’égale en épaisseur,
    Nuit sans étoiles, Nuit obscure!»

— Charles Baudelaire

The Promises of a Face

I love your elliptical eyebrows, my pale beauty,
From which darkness seems to flow;
Although so black, your eyes suggest to me
Thoughts in no way funereal.

Your eyes, in harmony with your black hair,
With your buoyant mane,
Your swooning eyes now tell me: « If you wish,
O lover of the plastic muse,

To follow the hope we have excited in you,
And all the fancies you profess,
You will be able to prove our truthfulness
From the navel to the buttocks;

You will find at the tips of two heavy breasts
Two slack bronze medallions,
And under a smooth belly, soft as velvet,
Swarthy as the skin of a Buddhist,

A rich fleece, which truly is the sister
Of this huge head of hair,
Compliant and curly, its thickness equals
Black night, night without stars! »

Charles Baudelaire

Henri Cartier Bresson, Mexico, 1963 from tree poem ....

Henri Cartier Bresson, Mexico, 1963  ( and published In Three Poems from Les Fleurs du Mal  The Flowers of Evil by  Henri Cartier-Bresson , in 1997 with Les Promesses d’un visage)

La Géante

Du temps que la Nature en sa verve puissante
Concevait chaque jour des enfants monstrueux,
J’eusse aimé vivre auprès d’une jeune géante,
Comme aux pieds d’une reine un chat voluptueux.

J’eusse aimé voir son corps fleurir avec son âme
Et grandir librement dans ses terribles jeux;
Deviner si son coeur couve une sombre flamme
Aux humides brouillards qui nagent dans ses yeux;

Parcourir à loisir ses magnifiques formes;
Ramper sur le versant de ses genoux énormes,
Et parfois en été, quand les soleils malsains,

Lasse, la font s’étendre à travers la campagne,
Dormir nonchalamment à l’ombre de ses seins,
Comme un hameau paisible au pied d’une montagne.

— Charles Baudelaire

The Giantess

At the time when Nature with a lusty spirit
Was conceiving monstrous children each day,
I should have liked to live near a young giantess,
Like a voluptuous cat at the feet of a queen.

I should have liked to see her soul and body thrive
And grow without restraint in her terrible games;
To divine by the mist swimming within her eyes
If her heart harbored a smoldering flame;

To explore leisurely her magnificent form;
To crawl upon the slopes of her enormous knees,
And sometimes in summer, when the unhealthy sun

Makes her stretch out, weary, across the countryside,
To sleep nonchalantly in the shade of her breasts,
Like a peaceful hamlet below a mountainside.

— Charles Baudelaire

Henri Cartier-Bresson, Martine's Legs, 1968 avec la géante

Henri Cartier-Bresson- Martine’s Legs, 1968 ( and published In Three Poems from Les Fleurs du Mal  The Flowers of Evil by  Henri Cartier-Bresson , in 1997 with La Géante)

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